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La déflation de la politique
Publié dans MarocHebdo le 27 - 12 - 2002


Le bilan de l'année 2002
La carte politique qui a résulté des législatives du 27 septembre témoigne de
l'éclatement du champ politique marocain et l'affaiblissement général du système de partis. On connaît la suite… Un nouveau Premier ministre, Driss Jettou.
• SM le Roi Mohammed VI présidant un Conseil des ministres.
Une année qui finit donc, qui invite à un regard rétrospectif sur les douze mois écoulés; non pas un inventaire au jour le jour mais une évaluation à grands traits.
Au premier abord, évidemment, se détache le scrutin législatif du 27 septembre et ce qui a suivi, à savoir, un nouveau gouvernement dirigé par Driss Jettou. Mais peut-être faut-il aller plus loin et tenter d'appréhender de nouvelles dynamiques en marche…
Comme prévu, ces élections se sont tenues au terme normal de la législature 1997-2002. Dès son discours au Parlement, au début d'octobre 2001, SM Mohammed VI avait proclamé le respect de ce calendrier. C'est qu'en effet, une démocratie ne peut se consolider qu'en se déclinant suivant les séquences normales des législatures, car c'est la seule manière de capitaliser des acquis. Sur la base de cette échéance électorale, tous les acteurs ont alors adopté une posture adéquate –surtout les partis.
Acquis
Lors de la session de printemps 2002, le gouvernement d'alternance s'empresse de déposer des textes de réforme (assurance maladie obligatoire, code de la presse, conseil audiovisuel …). La session ordinaire n'y suffira pas, puisqu'elle sera pratiquement prolongée jusqu'à la fin août dans des conditions préjudiciables à la crédibilité même de l'institution parlementaire. La preuve était faite qu'un cabinet, pourtant installé dans la durée au départ, n'avait pas pu organiser son travail tout au long des quatre années et demie de son existence, faute d'avoir hiérarchie les réformes dans le cadre de paliers.
Rien d'étonnant, dans ces conditions, que dès les premiers jours de l'année écoulée, une lettre royale donne aux walis de nouveaux pouvoirs. Comment ne pas y voir l'expression d'un constat de carence du gouvernement en place? Relèvent également de la haute main du Roi des leviers de décision situés au niveau d'une multitude de fonds qui prennent pratiquement en charge l'essentiel de l'action sociale des pouvoirs publics.
Si bien qu'entre la "technocratisation" des processus de décision au niveau des régions et l'implication directe et personnelle du Souverain dans l'initiative et le suivi des projets –ce que traduit le concept de "monarchie exécutive"- qui prévaut aujourd'hui. N'importe quel gouvernement se sentirait à l'étroit dans une telle articulation qui a tourné au cantonnement.
Processus
Le mot d'ordre royal est celui de l'efficacité. C'est dans ce sens que sont mis sur pied les centres régionaux d'investissement qui ont pour mission de faciliter et de promouvoir l'environnement administratif et technique susceptible de stimuler les projets économiques. Il s'agit également d'assurer la mise à niveau de l'économie nationale, d'en rehausser le rendement et la productivité.
Enfin, il convient de mettre en exergue les fortes initiatives en faveur du développement régional. Le projet du port de Tanger-Méditerranée s'affirme ainsi comme un grand projet d'un milliard de dollars; le dossier technique est ficelé et les appels d'offres, qui ont intéressé sept groupes, doivent faire l'objet d'une décision avant la fin du mois de janvier 2003. La promotion des provinces du Sud est également à l'ordre du jour avec la mise en place de l'Agence de développement ad hoc.
Mais l'année 2002 était aussi –et surtout– polarisée sur les élections législatives fixées au 27 septembre et qui devaient conduire à une nouvelle Chambre des représentants. Le processus de préparation et de mise au point des textes a été, il faut bien le dire, consensuel. Un nouveau mode de scrutin a été adopté, combinant à la fois des listes dans les 91 circonscriptions finalement retenues et une liste nationale réservée aux femmes (respectivement 295 sièges et 30 sièges). Comment se sont déroulées ces élections? Officiellement, l'on se plaît à en souligner la "transparence" et la "régularité"… Mais force est de relever que le retard apporté à la publication des résultats officiels –plus de quatre jours- a nourri pas mal d'interrogations à cet égard.
En tout cas, la participation électorale a été plutôt modeste avec 52% seulement. Mais surtout, la carte politique qui en a résulté témoigne de l'éclatement du champ politique et de l'affaissement général du système de partis.
La mise sur pied d'une majorité parlementaire devenait bien aléatoire puisqu'aucune des formations (USFP, PI, PJD, RNI, MP/MNP) ne dépassait la cinquantaine de députés. La reconduction de la formule du cabinet d'alternance était sans doute possible sur le papier; mais elle se heurtait en fait à l'opposition de la formation istiqlalienne bien tentée par la primature à son leader, Me. Abbès El Fassi.
On connaît la suite… Un nouveau Premier ministre, Driss Jettou, est nommé le 9 octobre, à la grande surprise de tout le monde. Durant quatre semaines, il poursuit ses contacts avec les partis politiques pour arriver in fine à un cabinet de 38 membres associant cinq formations de l'ancien gouvernement (USFP, PI, RNI, MNP, PPS) et le MP, qui était l'une des composantes du Wifaq alors dans l'opposition. Si le département de la Justice est confié à un USFP, le reste des ministères de souveraineté (Intérieur, Habous, Affaires étrangères) échappe de nouveau aux partis.
Plus encore: des "technocrates" sont nommés sous couvert d'une étiquette partisane qu'on ne leur connaissait pas.
Manifestement, nous sommes dans une logique que l'on avait déjà identifiée bien auparavant et qui voit le champ réservé aux partis politiques être balisé dans des limites restrictives. Comment ne pas y voir une nouvelle illustration d'un processus en marge qui déclasse ceux-ci en n'en faisant qu'un appoint peu décisif dans l'articulation des centres de décision qui s'exprime, et même se consolide, à cette occasion?
Conséquences
C'est que nos partis traditionnels enregistrent un recul historique dont on n'a peut-être pas fini de mesurer les implications et les conséquences. Ont-ils su ou pu donner de la visibilité à leurs programmes respectifs? Ont-ils été entendus lors de la campagne électorale de septembre? Ont-ils réussi à renouveler leurs dirigeants? Sont—ils réussi à renouveler leurs dirigeants?
Sont-ils autre chose que des comités électoraux destinés à promouvoir des stratégies de carrière individuelle? Au lendemain des élections du 27 septembre dernier, comment ne pas voir, de surcroît, d'autres mutations qualitatives qui marquent le système de partis et le champ politique, notamment: une nouvelle bipolarisation, avec d'un côté certains partis –issus ou non du mouvement national– et de l'autre la sensibilité islamiste dont le paravent légal est le PJD; la fin de "l'exception marocaine", puisque ce courant politico-religieux a accédé aux premières places parlementaires alors qu'il était naguère confiné à un seuil minimal de tolérabilité et de visibilité, enfin, le développement de nouvelles dynamiques sociales -associative, gauche radicale,…- dont l'activisme et l'action de proximité donnent un sacré de coup de vieux aux partis traditionnels.