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Bachar sur les traces de Saddam
Publié dans MarocHebdo le 18 - 04 - 2003

La Syrie dans la collimateur de l'Amérique victorieuse en Irak
Les dirigeants arabes et européens ont été ahuris par cette salve de critiques et accusations de la machine de guerre US contre la Syrie. Beaucoup parmi eux voudraient croire à une simple escalade verbale de circonstance.
• Bachar Al Assad.
Même si l'annonce d'une probable visite du secrétaire d'Etat aux affaires étrangères américain, Colin Powell, à Damas peut suggérer cette illusoire impression que le thermomètre des relations syro-américaines est en train de retrouver des valeurs normales, il n'en demeure pas moins que jamais les menaces et les intentions militaires américaines de frapper la Syrie n'ont été aussi précises et aussi pesantes que durant les premiers jours de l'après-Saddam. En effet, les braises de la guerre anglo-américaine contre l'Irak sont encore fumantes, que le Pentagone, le département d'Etat, et la Maison Blanche, dans une union sacrée aussi inédite que dangereuse, organisent un vrai festival de menaces, dirigeant leur ire, enfiévrée par leur succès militaire à Bagdad, en direction des Syriens, accusés de tous les torts, depuis l'octroi d'asile à des Irakiens en fuite jusqu'à la production d'armes de destruction massive, en passant par l'aide apportée à des organisations qualifiées de "terroristes" par Washington, comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais.
Facilité
Et ce, avec une telle violence que le plus averti des observateurs pouvait aisément croire que les gigantesques chars américains s'apprêtaient à transpercer la frontière et à tracer leur route vers Damas.
Pourtant, les raisons politiques de cette subite montée d'adrénaline à l'encontre du régime du jeune Bachar El Assad ne sont pas toutes à attribuer à la facilité militaire avec laquelle, sans trop de dégâts humains, l'armée de Donald Rumsfeld a réussi à défaire Saddam Hussein. Facilité qui aurait poussé les violents de l'administration américaine à vouloir réitérer, dans la foulée, leur exploit. Cette violente charge américaine contre la Syrie, pourtant absente de l'axe de mal décrit par George Bush avant le début de sa croisade, a un lien direct avec la manière dont les Américains comptent politiquement gérer l'Irak et la région du Proche-Orient de l'après Saddam. Cette diabolisation soudaine de la Syrie paraît relever d'une volonté d‘exercer une pression sur le régime de Damas pour l'astreindre à assouplir ses postions de refus de la politique américaine dans la région.
De nombreuses raisons justifient ce comportement de Washington à l'égard de Damas dont la plus invisible est la volonté américaine d'élever, dans l'immédiat de l'après Saddam, un épais rideau de fumée pour camoufler, dans la peur et la menace, son incapacité prévisible à gérer le pays, à imposer une autorité démocratique et éviter le chaos dans lequel l'Irak a sombré depuis l'arrivée des "forces libératrices" américaines. Les stratèges de la Maison Blanche ont peut être cru bon de focaliser l'attention du monde sur une possible attaque contre la Syrie pour mieux faire oublier l'anarchie à "l'Afghane" qui menace l'Irak.
Volonté
L'autre raison réside dans la volonté manifeste des Américains d'exercer des pressions sur Bachar Al Assad pour l'obliger à reconnaître le futur pouvoir que le général Tommy Franks s'apprête à mettre aux commandes à Bagdad. La Syrie et l'Iran de Mohamed Khatami ont été les premiers pays à annoncer publiquement qu'ils ne reconnaîtraient pas une administration intérimaire sous direction américaine. Washington connaît mieux que quiconque la capacité de nuisance et d'obstruction de la Syrie sur le plan arabe et de l'Iran dans le monde Islamique pour ne pas s'inquiéter du possible embargo politique et de la solitude diplomatique qui risquent d'accompagner les premiers pas du successeur de Saddam Hussein sur la scène internationale. Mais le véritable enjeu de cette mise à l'index américaine contre la Syrie a une rapport direct avec la solution politique envisagée par les Américains au conflit israélo-palestinien. Pour les responsables américains qui s'en cachent à peine, trouver une issue politique négociée à cette éternelle crise qui satisfait à la fois les incommensurables besoins d'un Ariel Sharon plus puissant que jamais et le désir légitime palestinien reconnu par tous d'accéder à un Etat indépendant, demeure une préoccupation majeure à multiples bénéfices politiques. La Syrie, même après la signature des accords d'Oslo, a toujours joué ce rôle de trublion et d'empêcheur de normaliser à tout va.
Intimité
Soit en alimentant la contestation sur le terrain, soit en forgeant le matériau idéologique et politique nécessaire pour nourrir ce front du refus. Cette démonstration de virilité américaine aux portes de Damas vise à faire comprendre à Bachar Al Assad qu'une période est révolue et qu'il va falloir procéder à une douloureuse mise à niveau de ses choix et ses alliances. Il est demandé en filigrane au président syrien d'adopter une attitude saoudienne à l'égard de ce conflit et de parrainer cette fameuse "pax americana" concoctée par les faucons de l'administration américaine qui ne cachent plus leur intimité politique, idéologique, voire religieuse avec Ariel Sharon.
Les dirigeants arabes et les européens ont été ahuris par cette salve de critiques et d'accusations formulées par la machine de guerre américaine contre la Syrie. Beaucoup parmi eux voudraient croire à une simple escalade verbale de circonstance sans lendemain. Le non-dit dans leur effroi peut être résumé ainsi: Contrairement à Saddam, Bachar El Assad est un dictateur à visage sympathique dont le régime ne menace pas la paix dans le monde. Le tapis rouge confortable lui a été déroulé dans la plupart des capitales d'Europe qui lui reconnaissent son rôle de moteur de la stabilité. N'a-t-il pas été reçu en grands apparats par la reine d'Angleterre en personne?