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L'ogre et le commissaire
Publié dans MarocHebdo le 09 - 05 - 2003


Les victimes inattendues de l'affaire Tabit
Mostafa Benmerhnia n'a dû finir sa vie en liberté qu'à la grâce royale. Pourtant, malgré cette grâce, l'ex-commissaire n'a pas retrouvé son boulot,
il est complètement laminé, acculé à la misère noire.
• Mostafa Benmerhnia.
L'homme est complètement abattu. Ecrasé, les épaules voûtées; Détruit autant par la prison que par le sentiment d'avoir été injustement condamné dans l'affaire Tabit, qui a défrayé la chronique en 1993. Le destin bascule souvent au hasard d'une rencontre. Pour le commissaire Mostafa Benmerhnia, c'est une simple déposition, la plainte d'une femme.
Nous sommes à la veille du Aîd el fitr de l'année 1990. Ce jour-là, il faisait une chaleur inhabituelle lorsque le commissaire Mostafa Benmerhnia, chef de la police judiciaire du Hay Mohammadi, reçoit dans son bureau une jeune femme de 26 ans du nom de Hlima Lahcini. Elle a demandé à voir personnellement le chef de la PJ.
Elle venait déposer une plainte pour "viol" contre un certain haj Hamid qui l'aurait "fait monter dans son appartement avant de la violer".
Il y avait beaucoup de contradictions dans cette histoire, mais le commissaire décide néanmoins de lancer l'enquête. Le numéro de matricule du véhicule a permis sur le champ de savoir que le nommé Haj Hamid n'était autre que le fameux Tabit, commissaire des Renseignements Généraux (RG) à Casablanca.
Comme le suspect n'est pas n'importe qui, le chef de la PJ décide de remettre l'affaire entre les mains de son supérieur hiérarchique, Ahmed Ouachi, le commissaire divisionnaire et chef de la sûreté de la préfecture de Hay Mohammadi-Aïn Sebâa.
Plainte
En fonctionnaire scrupuleux, Benmerhnia prend quand même soin d'informer le procureur Mustapha Farès.
Ahmed Ouachi prend le dossier en main et le chef de la PJ n'en entendra plus parler jusqu'en 1993, où il apprend que l'affaire est entre les mains de la justice. Entretemps, le policier, qui n'avait aucune pitié pour les dealers de Casablanca, reçoit un télex laconique signé par Ali Bentahila, le numéro deux de la DGSN, en fait véritable chef d'orchestre de la police à l'époque. L'ordre est donné alors au commissaire de quitter la PJ du Hay Mohamadi pour revenir à son ancien poste dans l'arrondissement de Casa-Anfa.
Sans le savoir, Benmerhnia a mis le doigt dans un engrenage qui va broyer d'autres personnes avec lui.
Puisque, en février 1993, la gendarmerie royale le convoque, lui, Ahmed Ouachi et Abdeslam Bekkali. Ils sont tous les trois écroués. C'était le début d'un cauchemar qui va durer plus de sept ans.
Mutafa Benmerhnia a été accusé et condamné pour destruction de documents publics, falsification, entrave à la justice et complicité dans un bris de scellés et non-dénonciation.
Complicité
Ahmed Ouachi, lui, est puni pour ne pas avoir sanctionné son subordonné. Abdeslam Bekkali et les officiers de police Aziz Sebbar, Abdellatif Abbad, Lahcen Jaafari, Zouhaïr Fikri, Aït Si Mustapha et les inspecteurs Sliman Jouhari, Selam Fedali, vont également passer à la moulinette. Ainsi que les civils Abdellatif Boussaïri, directeur d'école à Casablanca, Driss Lahlou, gynécologue de son état, Dou Naïm Abdelkader, Mohamed Rabii et Abdelahad Lamrini. Il y avait en tout 16 personnes entraînées par Tabit dans sa chute.
Les tribulations immorales du commissaire Tabit sont venues à point nommé. Elles donneront matière à enquêtes policières et poursuites judiciaires, de même qu'elles occuperont l'opinion publique pendant plusieurs semaines. Tabit était devenu un anti-héros chargé de tous les maux.
"Ce gardien de la loi qui la viole éhontément", qui avait été condamné, le 18 février 1993, pour "attentat à la pudeur, défloration, viol avec violence, rapt et séquestration d'une femme mariée, actes de barbarie, incitation à la débauche", entre autres, était tout sauf une victime.
Au contraire, l'abject personnage, au moment de son arrestation, avait déjà les mains pleines de sang et la conscience tout aussi chargée.
Mais, dans cette affaire, bizarrement, on se retrouve face à de nombreux accusés mais très peu de coupables.
Mystère
D'ailleurs, on parle toujours du rôle important du contrôleur de police Hassan Sefrioui, qui faisait office de protecteur de Tabit. Accusations que l'ancien patron des RG récuse avec force.
L'affaire Tabit aurait bien amusé la galerie si d'autres familles, de pauvres bougres pris dans le tourbillon d'une affaire dont on ne connaît pas encore les véritables soubassements, n'avaient payé trop cher d'avoir été au mauvais endroits au mauvais moment.
Aujourd'hui, tous les inculpés ont bénéficié de la grâce royale au cours de l'année 2000. Excepté le commissaire Abdeslam Bekkali, décédé durant sa détention.
Le commissaire Benmerhnia fait partie du lot. Il aura passé sept années en prison, comparu plusieurs fois devant la cour. Les procès furent expéditifs,
Aujourd'hui encore, les langues ont du mal à se délier. Benmerhnia a-t-il servi de fusible? La presse, en son temps, tenta de démonter dans ses analyses les mécanismes de cette fureur orientée, mais comment la comprendre alors que cette affaire remonte déjà à plus de deux décennies?
Benmerhnia n'a dû finir sa vie en liberté qu'à la grâce royale. Pourtant malgré cette grâce, l'ex-commissaire n'a pas retrouvé son boulot, il est complètement laminé, acculé à la misère noire.
Pourtant, la prise en main du dossier Tabit, l'année dernière, par Mohamed Mouatassim, le conseiller du Roi, avait suscité quelques espoirs chez les anciens collègues du commissaire maudit. Au menu, l'indemnisation ou la réintégration des officiers de police que Tabit avait entraînés dans sa chute, et la recherche de la vérité, dix ans après l'éclatement de l'affaire.