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Le changement à la tête de la DST répond surtout à la menace terroriste. Les hommes et les contours de cette nouvelle stratégie du renseignement. Que se passe-t-il dans nos services secrets ?
Publié dans MarocHebdo le 23 - 12 - 2005

Le changement à la tête de la DST répond surtout à la menace terroriste. Les hommes et les contours de cette nouvelle stratégie du renseignement.
Que se passe-t-il dans nos services secrets ?
SM le Roi recevant Abdellatif Hammouchi.
Que se passe-t-il à la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST), plus connue sous l'acronyme DST ? Juste après son retour d'un long périple qui l'a mené de Bahreïn à la France, en passant par le Japon et l'Arabie Saoudite, Sa Majesté le Roi Mohammed VI décide, à la surprise générale, d'écarter Ahmed Harrari, le directeur de la DST nommé à ce poste en mai 2003, et le remplace par un parfait inconnu, Abdellatif Hammouchi. Ce remaniement important, puisqu'il concerne l'une des plus importantes officines du renseignement marocain, est intervenu dans
l'après-midi du jeudi 15 décembre 2005. Ce jour-là, le Roi reçoit dans son cabinet un jeune homme fringant, qui a presque le même âge que lui, et le nomme à la tête de cette agence spécialisée dans le renseignement intérieur. La scène rappelle à s'y méprendre une autre qui s'était déroulée le lundi 14 février 2005 lorsque Mohammed VI avait nommé Mohammed Yassine Mansouri directeur de la Direction Générale d'Etudes et de Documentation (DGED), le service des renseignements extérieurs, jusqu'alors dirigé par des militaires, dont le dernier est le général Ahmed Harchi.
Hamidou Laânigri
Mohamed Yassine Mansouri, 43 ans, et Abdellatif Hammouchi, 39 ans, symbolisent à merveille ce renouveau du renseignement marocain tant voulu par le Roi. Et leur nomination s'inscrit dans la droite lignée du "nouveau concept de l'autorité", défini en octobre 1999 par SM Mohammed VI à Casablanca, un mois avant le limogeage de Driss Basri qui cumulait la fonction de ministre de l'Intérieur et celle de directeur général de la DST. Cependant, à la différence de Mansouri, le nouveau patron de la DST ne vient pas de l'entourage du Roi. Avant sa nomination, l'homme était
inconnu du grand public. Mais au sein de la DST, qu'il a rejointe en 1993, et dans le monde du renseignement en général, il jouissait d'une excellente renommée. Ce juriste de formation, qui a toujours travaillé au sein du siège central de la DST à Témara, n'est pourtant pas, à proprement parler, un homme de terrain. En revanche, sa profonde connaissance des diverses mouvances islamistes, notamment le Groupe islamique combattant marocain (GICM), sa maîtrise des langues, ainsi que ses capacités d'analyse et de synthèse lui ont valu la réputation de véritable éminence grise du service anti-terrorisme de la DST.
Fouad Ali El Himma
Depuis les attentats du 11 septembre 2001 à New York, il est ainsi devenu l'interlocuteur privilégié des services de renseignements amis. Il a effectué à ce titre nombre de voyages à l'étranger, surtout aux Etats-Unis, en France, en Espagne, en Arabie saoudite et en Grande-Bretagne, devenant au gré de ses déplacements un véritable ambassadeur extraordinaire, voire une vitrine de la DST à l'étranger. Il se prévaut également de plusieurs formations et stages aux Etats-Unis et en France.
En 2003, au lendemain des attentats du 16 mai à Casablanca, il s'est vu confier la direction du service antiterroriste de la DST. C'est donc cet homme que le Roi vient de nommer, confirmant ainsi sa volonté de moderniser les renseignements marocains.
À l'origine, la réorientation et la restructuration des renseignements marocains date de 1999, année où Mohammed VI accède au trône et limoge Driss Basri, ministre de l'Intérieur et véritable parrain des services secrets marocains durant une trentaine d'années. Cependant, conscient de l'importance et de la sensibilité de ce domaine, le Roi prendra tout son temps pour préparer la relève. Il commence par nommer Hamidou Laânigri à la tête de la DST avec pour mission l'assainissement de ce service et sa modernisation. D'emblée, Laânigri rencontre des obstacles et un incendie criminels se déclare au lendemain de sa prise de fonction dans les archives de la DST. Driss Basri et ses sympathisants sont aussitôt pointés du doigt. Mais l'affaire reste sans suite. Six années plus tard, en 2005, le Roi nomme Mohamed Yassine Mansouri à la tête de la DGED, concrétisant par la même la nouvelle stratégie pour la mise à niveau des services de renseignement.
Entre temps, d'importants changements ont été introduits aussi bien au niveau des hommes que des procédures afin de donner au renseignement marocain un visage plus présentable sur le plan national et, surtout, international.
En effet, depuis un certain temps déjà, la DST essaie tant bien que mal de se défaire de certains clichés tels que celui de barbouzes et de tortionnaires. Ceci étant, cette direction a également compté parmi ses rangs des hommes de valeur qui ont rendu de grands services à la nation en déjouant de nombreux complots contre le régime et la stabilité du pays.
La majorité de ces anciens, pour la plupart issus du CAB1, sont partis à la retraite. Désormais, à la DST comme à la DGED, les postes de responsabilités sont occupés par des jeunes quadras, des universitaires et des lauréats de grandes écoles et d'instituts parmi les plus prestigieux. Sur le plan humain, malgré quelques résistances, les mentalités et les méthodes des agents changent progressivement mais sûrement. Ceux-ci profitent de stages de perfectionnement réguliers où ils sont formés aux nouvelles techniques du contre-espionnage comme les écoutes téléphoniques ou le piratage informatique. Ils sont également de plus en plus sensibilisés sur les questions liées aux droits de l'homme. Pour ce qui est des moyens matériels, d'importants budgets sont alloués à l'acquisition d'équipements de toutes sortes.
Le renouvellement du parc automobile et le changement des locaux de plusieurs directions centrales de la DST, dont celle du boulevard Anfa à Casablanca est, à ce propos, édifiante. Elle s'inscrit en continuité avec la politique de modernisation initiée par le général Hamidou Laânigri.
Connu pour sa rigueur, sa vision moderne du travail de renseignement et son penchant pour les nouvelles technologies, le général Laânigri, un ancien de la DGED, avait en effet amorcé dès sa prise de fonction plusieurs changements au sein de l'agence de Témara. Durant son mandat, les méthodes de fonctionnement interne ont été modernisées, l'usage de l'informatique a été accentué et le recrutement de nouveaux agents est devenu plus sélectif.
Après sa nomination à la tête de la DGSN en 2003, Laânigri a continué à superviser cette politique de modernisation de la DST via une étroite collaboration avec son remplaçant, Ahmed Harrari, un homme de terrain qui se prévaut d'une riche expérience. C'est d'ailleurs pendant le mandat de Harrari que le chantier d'un nouveau siège de la DST a été lancé.
Situé à proximité de la localité de Aïn Aouda, à une trentaine de kilomètres de Rabat, le nouveau siège s'étale sur plusieurs hectares et dispose d'installations ultramodernes. Notamment en matière d'informatique et de télécommunications. Homme de jonction et de transition, Ahmed Harrari s'activera durant son passage à la tête de la DST à accélérer cette restructuration tant voulue par Mohammed VI. Pour autant, nul ne se doute qu'il s'agit d'une mission provisoire. D'où les interrogations teintées de spéculations concernant son remplacement par Abdellatif Hammouchi.
Lors de son entretien avec SM le Roi, Abdellatif Hammouchi a reçu comme consignes de perpétuer cet effort de changement, mais également de se conformer à la nouvelle exigence de coordination entre les divers services de renseignement. En effet, la traditionnelle rivalité malsaine qui existe entre la DGED et la DST, les deux services issus du démantèlement du CAB1, a fait son temps.
Le mot d'ordre est aujourd'hui à la coopération. Notamment face à la menace terroriste qui pèse sur le Maroc. Mieux organisés et de plus en plus sophistiqués, les réseaux islamistes imposent en effet plus de vigilance qu'auparavant. Ministre délégué à l'Intérieur et proche conseiller du Roi, Fouad Ali El Himma est le pivot de cette nécessaire coordination. Sa mission consiste à instaurer un climat de dialogue, de collaboration et de coopération réelle entre les différents services. À l'instar de ce qui a récemment été fait aux Etats-Unis avec la création d'une cellule spéciale chargée de coordonner entre le FBI et la CIA, Fouad Ali El Himma chapeaute actuellement une entité intermédiaire qui sert de carrefour entre la DGED, la DST et les autres services. Le but de cette entité est d'éviter les conflits de compétence, pour un meilleur fonctionnement du renseignement marocain.
Conscient de l'importance des services secrets pour la sécurité physique, politique et économique du Royaume, Mohammed VI veille en effet personnellement sur leur remise à niveau. Après la DGED et la DST, le Roi
initiera prochainement d'importants changements dans d'autres services de renseignement.
Le deuxième et le cinquième bureau des Forces Armées Royales figurent en tête de liste.