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La directrice de l'information de 2M, Samira Sitaïl, a déposé plainte contre le Journal Hedomadaire e son directeur Aboubakr Jamaï.
Elle se dit victime d'un réel acharnement. "Pour Le Journal, je suis la femme à abattre"
Publié dans MarocHebdo le 26 - 05 - 2006

La directrice de l'information de 2M, Samira Sitaïl, a déposé plainte contre le Journal Hedomadaire e son directeur Aboubakr Jamaï.
Elle se dit victime d'un réel acharnement.
"Pour Le Journal, je suis la femme à abattre"
Propos recueillis par
Samira Sitail. Interroger le Maroc là où il a mal et de le flatter là où il va mieux.
•Maroc Hebdo International: Pourquoi un procès contre Aboubakr Jamaï, directeur du Journal Hebdomadaire?
-Samira Sitail: Mener une action devant la justice, ce n'est pas quelque chose qui vous prend comme ça, au réveil, un beau matin. Sur cette affaire, il s'agit de calomnie, d'injures, de diffamation et d'atteinte à ma personne. Au départ, j'ai fait l'objet d'un intérêt soutenu, et je trouvais cela curieux. Avec l'accumulation des articles, j'ai fini par me demander s'il n'y avait pas quelque chose de quasi obsessionnel envers moi.
J'ai longtemps ignoré ces attaques. Je les trouvais parfois amusantes, même lorsqu'elles étaient violentes, souvent pathétiques, surtout lorsqu'elles avaient trait à ce que je suis et non pas ce que je fais. Vous savez, très longtemps, j'ai refusé d'admettre qu'il était impossible que le fait que je sois une femme suscite autant d'acharnement et de bassesses. Et puis j'ai fini par me rendre à l'évidence le jour où ils se sont attaqués à ma famille, mon mari pour être précise. Jamais je n'ai vu ces publications s'attaquer à l'épouse de l'une de leurs "cibles". Elles l'ont fait avec moi et sans état d'âme.
•MHI: Comment Le Journal Hebdomadaire s'est-il attaqué à vous?
-Samira Sitail: Lorsque Aboubakr Jamaï tient des propos à mon sujet devant l'une des équipes de reportage de 2M, il dit "le directeur que vous avez là-bas", "celui que vous avez là-bas". Il ne dit pas "directrice", il ne dit pas "celle que vous avez là-bas". Lorsque, enfin, il déclare qu'il "irait me cracher dessus s'il était journaliste à 2M", je ne pense pas qu'il se serait autorisé cela avec un homme. En tout cas, je vous laisse en juger.
Aboubakr Jamaï a exigé que l'interview soit enregistrée par une autre caméra.
•MHI: Dans quelles circonstances a-t-il tenu ces propos?
-Samira Sitail: Lorsque nous avons souhaité obtenir une réaction du Journal Hebdomadaire, nous lui avons envoyé une équipe, et Aboubakr Jamaï, plutôt que de nous donner son point de vue, a déversé un flot d'insultes à mon égard et à l'égard des journalistes de 2M, une chaîne qu'il a traité de "puante"… Et puis, j'ai aussi fini par réaliser que, dans le formidable "état des lieux du Maroc des méchants" dressé laborieusement chaque semaine, j'étais devenue une femme à abattre; sans doute parce que j'étais perçue comme une gêne dans cette lecture hebdomadaire du Maroc où "tout est pourri", moi qui pense, et défends même quand j'en ai l'occasion, que tout n'est pas si nul. D'ailleurs, il faut être de très mauvaise foi pour soutenir le contraire. Voyez-vous, je considère que mon boulot de journaliste, c'est d'interroger le Maroc là où il a mal et de le flatter là où il va mieux.
•MHI: Le Journal Hebdomadaire vous accuse d'avoir diffusé un reportage tendancieux au sujet de la manifestation organisée devant son siège en signe de protestation contre la publication des caricatures du Prophète. Que répondez-vous à cela?
-Samira Sitail: La publication a le droit de se forger l'opinion, ou plutôt la position, qu'elle désire sur ce qu'elle veut. Mais là, en l'occurrence, il ne s'agit pas d'accusations, mais de calomnies et d'injures qui ne sont, du reste, pas du tout en son honneur. Au moment où elle est attaquée en justice par un institut belge qui considère avoir été diffamé par elle, la publication a, disons-le, sans doute vu arriver ce sit-in dont vous parlez comme le moyen de continuer à entretenir un rôle de victime avec un scénario dans lequel 2M ne pouvait être que leur bourreau, Samira Sitail appuyant sur la gâchette. Revenons sur ce sit-in. Nous avons traité une information importante dans une actualité internationale marquée par des manifestations pour protester contre la publication des caricatures du Prophète. Le Journal Hebdomadaire lui-même, dans ce même numéro où il a reproduit la Une d'un magazine français ayant publié les 12 caricatures, traite de La Colère de la population marocaine, commence ce même article par: "nous sommes choqués, révoltés, offensés, agressés..." et constate que "ces mots pourraient sortir de la bouche de tous les Marocains tant ceux-ci semblent unanimes au sujet de la publication des caricatures du Prophète dans plusieurs journaux européens..."
Les manifestants devant le siège du Journal Hebdomadaire auraient-ils dû échapper à cette unanimité? Sont-ils moins concernés que tous les autres? Pourquoi avoir tenté de camoufler les dessins à l'aide d'un feutre dans ce fameux numéro? C'est la question que nous nous étions légitimement posée dans ce reportage; ajoutant, et j'en ai bien évidemment la preuve, que des numéros ont été vendus sans que les dessins aient été cachés au feutre. Alors, il n'y a aucun mensonge là-dessous.
•MHI: Avez-vous demandé à Aboubakr Jamaï sa position sur le sit-in?
-Samira Sitail: Nous sommes allés au Journal Hebdomadaire pour leur demander leur point de vue sur la tenue du sit-in. Aboubakr Jamaï a exigé que l'interview soit enregistrée par... une autre caméra! Ça m'a rappelé bizarrement un certain et célèbre ancien ministre de l'Intérieur qui avait exigé cela de moi une fois.... Mais c'était une autre époque! Nous sommes journalistes et que ce soient des camionnettes de la préfecture ou de la mouqatâa du coin qui ont servi, ou pas, à transporter des manifestants, il y a bien eu un sit-in.
•MHI: Quelle réparation souhaitez-vous obtenir à travers ce procès?
-Samira Sitail: Nous sommes dans des métiers, surtout à la télévision, où nous sommes exposés en permanence. C'est un risque que j'ai accepté dès le début de ma carrière, il y a 18 ans. Encore une fois, être critiquée sur ce que je fais est normal et même extrêmement positif. Etre critiquée pour ce que je suis de façon aussi systématique, malhonnête et haineuse me fait parfois, je l'avoue, plutôt peur. Ce que je demande? Pas d'argent et encore moins que l'un de mes confrères aille en prison. La réparation passe pour moi par une publication judiciaire de la condamnation que j'espère obtenir.