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Après une première tentative infructueuse d'investissement au Maroc en 1987, Yves Bernelas y revient pour lutter contre les accidents de la circulation. Il lance une campagne. Trois mousquetaires contre les accidents
Publié dans MarocHebdo le 01 - 12 - 2006

Après une première tentative infructueuse d'investissement au Maroc en 1987, Yves Bernelas y revient pour lutter contre les accidents de la circulation. Il lance une campagne.
Trois mousquetaires contre les accidents
Yves, Tony et Babeth Bernelas. Un trio familial singulier à l'énergie débordante, originaire de Lisieux (Normandie, France), croisé un brumeux jour d'automne 2006, à Casablanca. Derrière sa carrure imposante et ses cheveux blancs d'homme mûr, Yves Bernelas, Président d'Association Débat des Croyants Laïcs (ADCL), dissimule une sensibilité à fleur de peau. Pris dans un flot continu de paroles, comme s'il cherchait à exorciser une rage impuissante contre les injustices qu'il côtoie au quotidien, il en oublie son plat de fruits de mer de Chez Abdou. Son timide fils Tony, secrétaire général de l'association, et Babeth, sa femme, trésorière d'ADCL, sont bien plus silencieux. Fluets, discrets, ils approuvent du chef les propos de leur tonitruant père, époux et président.
20 ans plus tôt, aucun de ces gentils blonds aux yeux clairs et à la peau diaphane n'aurait imaginé être ici, à des milliers de kilomètres de leur pays d'Auge natal. C'est Maurice Benatar, ami d'enfance de feu Hassan II exilé en France, diplomate à la retraite, qui fait découvrir le Maroc à Yves Bernelas. Nous sommes en 1987. Les opportunités d'investissement dans le pays sont énormes. Homme d'affaires nanti et avisé, Yves Bernelas est décidé à investir dans l'immobilier. Grâce à son dense réseau d'affaires dans l'Hexagone, il réussit à réunir le tour de table pour un projet de complexe touristique d'envergure à proximité de Tétouan. L'aval des administrations en main, il se sent fin prêt à démarrer les travaux.
«C'était compter sans la cupidité, l'opportunisme et le clientélisme de certains responsables qui cherchaient à faire pression sur moi pour obtenir des dessous de table. Je n'avais jamais travaillé de cette façon, c'était à l'encontre de tous mes principes. J'ai envoyé un courrier au Palais, j'en ai fait part à Ahmed Réda Guédira (conseiller du Roi à l'époque, aujourd'hui décédé) qui m'a reçu en personne au nom du roi défunt. Mais, au fond de moi, j'étais dégoûté et échaudé par cette première expérience. J'ai tout laissé tomber au bout de quelques mois pour rentrer en France», se souvient, amer, Yves Bernelas.
Mais le Maroc des couleurs, le pays des lumières, de la chaleur humaine et de l'humilité a bel et bien séduit le lexovien, qui y revient plus au tard en tant que président d'ADCL, ONG qu'il a fondée après les attentats du 11 septembre 2001.
«Après les événements de New-York, j'ai assisté, atterré, comme beaucoup de citoyens du monde, à la montée de la haine, de l'intolérance et de l'irrationalisme. Je ne voulais plus écouter passivement les horreurs du journal télévisé et zapper en me disant que je ne peux rien faire contre tout ceci. J'avais honte de continuer à me complaire idiotement dans ma dolce vita d'Européen à l'abri du besoin et des conflits. J'ai décidé d'agir, en favorisant à ma manière, en Français croyant mais fortement laïc, le dialogue interreligieux. J'ai donc créé l'ADCL Entraide France avec des amis chrétiens, juifs et musulmans. Nous sommes 8 membres actifs, des centaines de sympathisants, mais notre combat ne fait que commencer», soutient Yves Bernelas.
Fortement marqué par le décès de sa mère, longtemps paralysée dans sa chaise roulante avant une mort pénible, Yves décide de venir en aide en premier lieu aux handicapés du Maroc. Devant l'énorme besoin social, ne pouvant fermer les yeux devant tant de détresse, ADCL décide d'élargir son aide à tous les démunis du pays. Depuis plus de trois ans, ADCL Entraide France achemine ainsi mensuellement du matériel médical, fauteuils roulants, lits médicalisés, vêtements ou encore fournitures scolaires aux personnes en grande difficulté. Ceci par le biais d'associations locales, telle que l'Amicale marocaine des Handicapés (AMH).
Une sombre nuit d'hiver, lors d'un acheminement humanitaire pour l'Association Ismaïlia des Handicapés à Meknès, Yves et sa famille évitent de peu un piéton, un cycliste puis une charrette. De retour en France, le trouble et l'émotion font petit à petit place à la réflexion. Pour eux, c'est la révélation des «trois non éclairés». Et si on combattait l'origine du mal, les accidents de la circulation, la source de nombreux handicaps? Comment faire pour ne plus avoir besoin de fauteuils roulants?
Yves, soutenu par le président de l'AMH, Mohamed Khadiri, entre en contact avec les responsables du Comité national des Accidents de la Circulation, à Rabat, puis avec le doyen de la faculté de Lettres et Sciences humaines de Ben Msick, Casablanca. Et pour cause, Yves Bernelas cherche à sensibiliser avant tout les jeunes, davantage vulnérables aux accidents (désinvolture, inconscience, alcool au volant). Il fonde donc avec les étudiants de la faculté en question l'association Action nouvelle Génération. Le brain storming bat son plein. Ils concoctent ensemble un disque avec deux titres phares: Ne brise pas ma vie, ok et Je suis pour l'Action nouvelle Génération, qui sera lancé parallèlement à une campagne nationale de prévention routière, «Touche pas à ma vie».
Un slogan jeune, populaire, évoquant à la fois le «Touche pas à mon pays» marocain (créé suite aux attentats terroristes du 16 mai à Casablanca) et le «Touche pas à mon pote», de l'association française SOS Racisme. Les 6 kilomètres de rubans réfléchissants collectés en France, ADCL les appose sur des brassards et casquettes, sacs à dos, etc., qu'elle escompte distribuer dans le Royaume à travers le réseau d'étudiants de la faculté de Ben M'sick. Dans cette campagne contre les accidents de nuit, ADCL compte faire intervenir et témoigner des responsables d'accidents, des victimes et leurs familles, des médecins, des assureurs ainsi que les médias, les autorités policières et judiciaires du pays concernées par le phénomène.
«Ceci dit, ADCL se positionne comme un élément uniquement déclencheur de la campagne. Nous pensons qu'il appartient aux autorités du Royaume et aux ONG concernées, bien plus compétentes que nous, de développer et contrôler efficacement la suite de l'opération», explique Yves Bernelas.
Action nouvelle Génération ambitionne à long terme de faire coopérer les étudiants français et marocains, les uns contribuant aux collectes en France et en Europe, les autres diffusant les dons aux populations défavorisés au Maroc, notamment dans les zones rurales enclavées. Hyperactif, Yves Bernelas prépare en parallèle une Marche mondiale pour la paix, en France, en collaboration avec diverses ONG.
«Contre les guerres, le racisme, le terrorisme, la faim, les drogues, les catastrophes naturelles. Pour les droits de l'homme, la sauvegarde de la planète, la paix entre les nations».
Il en faudra bien du courage et de la ténacité à la jeune ONG! Les trois petits gaulois Yves, Tony et Babeth, eux, n'ont pas froid aux yeux. Têtus, ils multiplient les courriers à George W. Bush à et tous ceux qui ont l'air de faire la sourde oreille aux malheurs du monde.