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Le Parlement espagnol a rejeté la proposition de loi sur la
reconnaissance de l'usage par l'armée espagnole de gaz toxiques dans sa guerre du Rif marocain. La polémique est ravivée. La déception rifaine
Publié dans MarocHebdo le 23 - 02 - 2007

Le Parlement espagnol a rejeté la proposition de loi sur la
reconnaissance de l'usage par l'armée espagnole de gaz toxiques dans sa guerre du Rif marocain. La polémique est ravivée.
La déception rifaine
Abdelkrim Al Khattabi.
Déception, incompréhension et amertume. Ilyas Omari, président de l'Association des victimes de gaz toxiques dans le Rif, ne cache pas son ressentiment. Et pour cause. La commission constitutionnelle du Congrès des députés espagnols (Cortès) a rejeté, mercredi 14 février 2007, une proposition de loi (datant du 21 août 2005) des indépendantistes catalans d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), demandant à l'Espagne de reconnaître l'utilisation d'armes chimiques contre les populations civiles désarmées pendant la guerre du Rif , de 1921 à 1927. Et, partant, d'assumer les éventuelles compensations réclamées pour les dommages causés aux personnes et à leurs descendants. Peur d'un conflit diplomatique, prescription d'un prétendu crime contre l'humanité commis il y a 80 ans… chaque formation siégeant au Cortès y est allée de ses justifications.
Aux yeux d'Ilyas Omari, ce vote négatif est contraire aux conventions internationales et démontre tout simplement «que l'esprit de Franco domine encore la politique espagnole».
Alors, arrogance néo-colonialiste, mépris du pauvre, lâcheté, pingrerie? Pourtant, plusieurs éléments, et pas des moindres, plaident incontestablement en faveur des défenseurs de ce projet, démontrant que l'armée ibérique a véritablement utilisé des armes chimiques pour venir à bout de la résistance des tribus rifaines, alors sous le commandement de Abdelkrim Al Khattabi. Pertinent, et pour ne citer que lui, le livre de l'historien anglais, Sebastien Balfour. Abrazo Mortal (Etreinte mortelle), fruit de 4 années de recherche, montre où, comment, pourquoi et contre qui, témoignages et archives militaires à l'appui, l'armée espagnole utilisa dans le Rif du phosgène, du diphosgène, de la chloropicrine et de l'ypérite, un produit hautement toxique, plus connu sous le nom de gaz moutarde. Autant d'armes interdites par les traités internationaux, tels la convention de La Haye et le protocole de Genève.
«J'ai toujours été réfractaire à l'utilisation de gaz asphyxiants contre les indigènes, mais après ce qu'ils ont fait et pour leur conduite traîtresse et fallacieuse (à la bataille d'Anoual), je vais les employer avec une vraie délectation», aurait ainsi écrit dans un télégramme le général Dámaso Berenguer, haut commissaire espagnol à Tétouan, le 12 août 1921. Quatre ans après la cuisante défaite des bataillons ibériques à Anoual, le roi Alphonse XIII aurait affirmé à l'attaché militaire français à Madrid que «l'important est d'exterminer, comme on le fait avec les mauvaises bêtes, les Beni Ouriaguel et les tribus plus proches de Abdelkrim ». Selon les éléments recueillis par Balfour, les aéroplanes espagnols faisaient en sorte de bombarder les zones les plus peuplées par jours de grand rassemblement pour lancer leurs bombes fatales. Résultat: des milliers de villageois des massifs montagneux, hommes, femmes, enfants et vieillards confondus, périrent, devinrent aveugles ou eurent de graves brûlures au niveau des voies respiratoires. Le recours à ces armes chimiques expliquerait aujourd'hui le taux de cancer, notamment du larynx, anormalement élevé dans cette région du Maroc.
Les derniers témoins de cette sanglante guerre coloniale ne seront bientôt plus de ce monde. Leurs descendants, marqués pour longtemps par les cruelles séquelles d'une guerre qu'ils n'ont même pas connue, continueront à vivre avec cet atroce héritage. Combien parmi eux auront encore le courage de se battre? Ilyas Omari, qui croit dur comme fer en une cause qu'il défend ardemment depuis plusieurs années, lui, ne compte pas capituler à cause de cette première défaite. Fût-ce pour la mémoire des anciens. Et pour l'honneur des jeunes générations rifaines.