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Membre du cabinet royal et Président-fondateur de l'Association socio-culturelle du Bassin Méditerranéen, Mansouri Ben Ali réagit à la visite du Roi Juan Carlos à Sebta et Mellilia. "Sebta et Mellilia réintégreront le Maroc"
Publié dans MarocHebdo le 16 - 11 - 2007

Membre du cabinet royal et Président-fondateur de l'Association socio-culturelle du Bassin Méditerranéen, Mansouri Ben Ali réagit à la visite du Roi Juan Carlos à Sebta et Mellilia.
"Sebta et Mellilia réintégreront le Maroc"
Interview réalisée par
• Maroc Hebdo International : Une certaine presse espagnole s'échine encore à utiliser des contrevérités historiques, en martelant que Sebta et Mellilia étaient espagnoles bien avant la création du Maroc?
-Mansouri Ben Ali: Il faut solliciter l'histoire et elle est sans appel quant à la marocanité de Sebta et Mellilia. Au VIIème siècle, les Wisigoths régnaient sur l'Espagne. A la mort de leur roi Vetiza, qui n'a laissé que des enfants mineurs, s'ouvre une crise de pouvoir entre les partisans des jeunes princes et ceux du chevalier Rodrigo, qui n'était pas de sang royal.
Une guerre civile éclate entre les deux camps pour la conquête du pouvoir. Le chevalier Rodrigo est proclamé roi par le serment de l'épée. Les princes et leurs partisans demandent alors l'aide des Musulmans du Maroc pour reprendre le trône de leur père. Moussa Bnou Noussaïr dépêche en Espagne, Tarik Bnou Ziyad à la tête de 7000 guerriers marocains dans un premier temps puis de 5.000 autres. A la bataille décisive de Guada Lete, le roi Rodrigo tué par Tarik Bnou Ziyad, et son armée forte de 100.000 hommes sont défaits. De là, commence la conquête de l'Espagne par les Marocains musulmans. La présence arabo-berbère commence en 711, elle va durer jusqu'en 1492.
La permanence historique de cette longue période va être emblématique d'une grande civilisation arabo-berbéro-musulmane qui apporte à un pays arriéré les arts et les sciences, de l'architecture à la médecine, de l'astronomie à l'agriculture. Voilà l'histoire des réalités que personne ne peut nier avec son legs culturels et civilisationnel: le métissage des populations, la promotion d'une tolérance et d'une harmonie entre les trois religions révélées.
C'est dire que jusqu'au début du XVème siècle, le statut de Sebta et Mellilia était celui de villes relevant de l'autorité et de la souveraineté des royaumes d'Andalousie, à la tête desquels se sont succédé des souverains marocains et musulmans.
Et ce n'est qu'en 1415 que Sebta sera occupée par les Portugais par suite de l'expansion coloniale qui se déploie sur les côtes marocaines. Mellilia sera à son tour occupée en 1497, de même que Ksar Seghir, Anfa, Asilah, Tanger, Mazagan, Safi et Agadir au cours de cette même période. Il a fallu attendre 1578, à la suite de la bataille des Trois Rois à Oued El Makhazine et de la mort de Don Sebastian, souverain portugais, pour que l'intronisation de Philipe II d'Espagne comme Roi du Portugal, pour que les possessions de ce pays soient annexées -parmi elles, il y avait Sebta…
•MHI: La marocanité de Sebta et Mellilia est aussi attestée par le legs de la culture marocaine…
-Mansouri Ben Ali: Cet héritage culturel est un acquis fondamental du lien millénaire entre ces deux villes et le Maroc. Je voudrais citer, par exemple, de grands noms qui se sont illustrés comme hommes de lettres et de sciences: Abdelmouhaymin El Hadrami, secrétaire du Sultan mérinide Aboul Hassan; Abou Abbas Sebti Khazraji, mystique, qui est l'un des sept patrons de Marrakech; El Idrissi, ce grand géographe et médecin botaniste, des Béni Hammoud Idrissides; Iyyad Ben Moussa Yahsibi, un autre des Sept Saints de Marrakech connu pour sa science de jurisconsulte et auteur de plusieurs ouvrages; ou encore Joseph Ben Yehuda Ben Aqnin, grand philosophe et disciple de Maïmonide.
•MHI: La marocanité de Sebta et Mellilia reste un dossier de décolonisation…
-Mansouri Ben Ali: Oui! Et il finira par être réglé parce que nos droits sont légitimes! la justice l'emportera parce qu'elle est de surcroît inscrite dans la logique de l'Histoire. L'occupation coloniale peut être multiséculaire comme ce fut le cas en Angola (1484-1975), au Mozambique (1586-1999), à Timor (1586-1995), à Hong Kong (1841-1997) et ailleurs encore, mais elle ne peut pas contrarier l'autodétermination des peuples ou le parachèvement de leur intégrité et de leur unité territoriale.
•MHI: Que faire pour la préservation des droits et de la dignité des Marocains de Sebta et Mellilia?
-Mansouri Ben Ali: Leur situation relève pratiquement d'une politique d'exclusion se fondant sur plusieurs aspects. Ils ne disposent pas du droit de propriété, ce qui les condamne à la précarité alors qu'ils sont natifs de ces deux villes; ils sont soumis à une hispanisation forcée qui veut les couper du lien de marocanité avec la communauté nationale; la pratique de leur religion, l'Islam, est entravée; la scolarisation de leurs enfants est défaillante. Tout cela doit conduire les pouvoirs publics à élaborer une "INDH spécifique" en leur faveur pour les faire sortir de ce ghetto.
C'est faisable avec des mesures opératoires: un lycée avec internat à
proximité de ces deux villes, des facilités offertes par une structure administrative appropriée, un programme social.
Ce sont des Marocains fiers de leur identité. C'est un devoir pour nous que de répondre à leurs besoins et à leurs attentes.
•MHI: Quelle est la sortie de crise pour une normalisation des relations entre les deux pays?
-Mansouri Ben Ali: La marocanité des deux villes de Sebta et Mellilia est une revendication de principe, un droit inaliénable touchant l'unité nationale, l'intégrité territoriale et la souveraineté. À côté de ce dossier contentieux pour lequel nous invitons l'Espagne à rechercher, sur la base du dialogue diplomatique, les voies et les moyens d'un règlement définitif, je veux aussi mentionner l'importance des relations et de la coopération entre nos deux pays. L'Espagne est le deuxième client et investisseur au Maroc. Plus de huit cents entreprises espagnoles sont présentes sur notre sol. Une importante communauté marocaine séjourne en Espagne. Les intérêts géostratégiques sont connus, que ce soit le Détroit, la proximité. Enfin, la dimension des liens culturels est évidente.
L'avenir nous ouvre d'immenses opportunités pour renforcer et d'élargir le champ de nos relations. C'est à cela qu'il faut s'atteler en conjuguant nos efforts pour en valoriser toutes les potentialités.
Je lance un appel à tous les Marocains de Sebta et Mellilia, et en particulier aux nouvelles générations, pour leur demander de porter haut le flambeau de leurs ancêtres jusqu'à la libération de nos deux villes occupées. L'histoire et le temps sont de notre côté et nous sommes dans notre droit le plus légitime. Dans le calme et la sérénité, sur la base du respect d'autrui et de la tolérance et l'harmonie entre toutes les confessions, Sebta et Mellilia finiront par être réintégrées à la mère-patrie.