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La menace terroriste dans le Sahel est tellement sérieuse que le rallye Dakar a été annulé. Pendant ce temps, les pays du maghreb, principaux concernés, refusent toujours de coopérer. La politique de l'autruche
Publié dans MarocHebdo le 11 - 01 - 2008

La menace terroriste dans le Sahel est tellement sérieuse que le rallye Dakar a été annulé. Pendant ce temps, les pays du maghreb, principaux concernés, refusent toujours de coopérer.
La politique de l'autruche
La nouvelle tombe comme un couperet. La veille du départ de la 30ème édition Rallye Dakar, le 4 janvier 2008, Amaury Sport Organisation (ASO) annonce l'annulation de cette course légendaire pour des raisons sécuritaires, suite aux recommandations formelles du gouvernement français. Et ce, après l'assassinat de quatre touristes d'une même famille française, le 24 décembre 2007, près d'Aleg, en Mauritannie, par des membres présumés de la Branche d'Al Qaïda dans les pays du Maghreb islamique (BAQMI). Une première dans l'histoire de cette compétition sportive créée en 1979 par le défunt Thierry Sabine. Jamais encore cette épreuve n'avait été annulée dans son intégralité malgré les menaces d'attaques des groupes islamistes, les intimidations intermittentes du front Polisario et les incidents malheureux ayant entaché la course dans les éditions précédentes.
Autant de preuves supplémentaires de la gravité et du sérieux la menace terroriste dans le Sahel. Une menace souvent occultée. Et pourtant, avérée. Le monde n'ignore plus que c'est dans ce véritable ventre mou du Maghreb aux frontières floues et poreuses, tanière de hors-la-loi et de criminels en tous genres, que se situe la racine du mal. Car là-bas, Marocain, Algérien, Mauritanien, Malien, Tchadien, Nigérien, Libyen ou Soudanais, tout le monde est, avant tout, un homme du désert. Et dans cette contrée-mouroir, où le sable grignote chaque année les rares cultures et où la sécheresse décime les chétifs troupeaux de chèvres et de boeufs, seule compte la survie. Quitte à devenir mercenaire, guide, indicateur, bras droit, garde du corps, convoyeur, revendeur, voire tueur pour le camp qui paie le plus.
Et pour les trafiquants et les miliciens, les Sahéliens, dont près de la moitié vivent à moins d'un dollar par jour, et les Sahraouis représentent une main-d'œuvre idéale: bon marché, agiles et connairs imbattables du terrain. A côté de ces miséreux et désespérés, mieux rétribués, une poignée d'instructeurs ou encadreurs, anciens militaires ou policiers africains et même européens et moyen-orientaux, appelés à la rescousse pour former les jeunes recrues à la guérilla et au crime organisé ou superviser les tâches stratégiques.
A tout ce beau monde sont venus se joindre ces dernières années dans la large étendue aride sahraouie des hors-la-loi d'un genre nouveau. Chassés par les autorités algériennes du maquis et des hauteurs de Kabylie après la sanglante décennie 90, les radicaux islamistes du Groupe Islamique Armé (GIA) et de l'Armée Islamique du Salut (AIS) ont été les premiers à venir se réfugier dans le désert. Ils seront suivis quelques années plus tard par les membres du GSPC de Hassan Hattab, fondé en 1998 et rebaptisé BAQMI le 11 septembre 2006 pour revendiquer son allégeance à la nébuleuse terroriste internationale d'Oussama Ben Laden. Aujourd'hui, l'existence de camps d'entraînement djihadistes dans le Sahara et au Sahel est un secret de Polichinelle, tout comme la récupération d'ex-indépendantistes sahraouis par les groupuscules intégristes. On reconnaît même cette région comme une base arrière majeure des mouvements terroristes islamistes.
Le sournois danger représenté par cette zone de non-droit difficilement contrôlable, les Américains l'ont bien compris. Eux qui, en février 2007 à Dakar (moins de 6 ans après les attaques du 11 septembre 2001), ont annoncé leur intention imminente d'installer une base de surveillance dans le Sahel. Un budget annuel de 90 millions de dollars a même d'ores et déjà été fixé pour contrer notamment les groupuscules terroristes réfugiés dans la région.
Pour leur part, les gouvernements européens, moins va-t-en-guerre que l'Oncle Sam, semblent toutefois faire preuve d'une volonté de coopération moins timide, essentiellement via
l'échange de renseignements avec les services des pays du Sahel et des Etats maghrébins limitrophes. Mais cette collaboration européenne demeure sans conteste insuffisante, eu égard aux énormes moyens financiers et logistiques que nécessite la surveillance d'un désert aussi vaste. Pendant ce temps, les premiers concernés, ceux qui sont touchés de plein fouet par cet état de fait, à savoir le Maroc, l'Algérie et la Mauritanie, rechignent, sur fond de divergences politiques, à un dialogue franc, condition sine qua non pour une coopération sécuritaire concrète, étroite, sans faux-semblants, ni éternel rejet de responsabilité sur le voisin. Le Maroc a depuis longtemps tiré la sonnette d'alarme sur le péril régional et international que représente l'instabilité de la région sahélo-saharienne. Aux yeux de Rabat, Alger, l'indéfectible pourvoyeur de fonds du front Polisario, fait preuve d'un laxisme volontaire dans le contrôle de son étendue désertique et de ses frontières avec le Sahara marocain à l'Ouest (frontière longue de près de 1.600 kilomètres), la Mauritanie, le Mali et le Niger au Sud et la Libye à l'Est. Et ce pour permettre aux séparatistes de développer et renforcer leur mouvement, tout en enrôlant des mercenaires et en servant de réservoir aux trafiquants d'armes, entre autres.
Or, c'est ce même laisser-aller que dénonce Alger, qui n'hésite pas à accuser le Maroc de fermer l'œil sur le trafic de biens à sa frontière avec l'Algérie et sur l'entrée prétendue d'immigrés clandestins subsahariens et de djihadistes sur son territoire. Pour la République de Abdelaziz Bouteflika, le Royaume chercherait ainsi perfidement à déstabiliser son voisin.
Du côté de Nouakchott, maillon faible parmi les trois, tant sur le plan du développement économique que de l'arsenal et des effectifs militaires, par bienséance diplomatique, on refuse d'admettre et donc de contrer concrètement ce problème sécuritaire sahélo-saharien. Car la vulnérable Mauritanie craint plus que tout de froisser ses puissants voisins, marocain comme algérien. Et ce malgré l'apparent rapprochement du régime du nouveau président Sidi Ould Cheikh Abdallahi d'Alger. Un rapprochement lié vraisemblablement à des enjeux économiques, transfrontaliers (pour la Mauritanie, l'Algérie est voisine avec le Mali et le Niger, alors que le Maroc ne l'est qu'avec l'Algérie et la Mauritanie) et pétroliers, entre autres. La Sonatrach a en effet clairement signifié son intérêt pour l'exploitation des gisements de pétrole découverts récemment en Mauritanie et, pour cette dernière, l'expertise algérienne en la matière est plus qu'alléchante.
Une politique de l'autruche trilatérale en somme, qui, au final, nuit à tous. Car, en sécurisant et en stabilisant le Sahara et le Sahel, ce sont leurs innombrables ressources naturelles (pétrole, or, diamant, uranium, phosphate, fer, zinc, cuivre, etc) qui s'offriront à leurs hommes. Et ces mêmes richesses, mieux réparties dans des régimes politiquement et économiquement stables, retiendront les populations des pays concernés dans leur terre natale, tout en coupant l'herbe sous le pied de la sanguinaire idéologie terroriste.