UE: les 27 déterminés à verdir leurs importations, divisés sur l'énergie    Blinken consulte les alliés européens avant le face-à-face russo-américain    CAN 2021: Première séance d'entraînement des Lions de l'Atlas en vue des 8ès de finale    La Cour suprême inflige un revers à Trump dans l'enquête sur l'assaut du Capitole    L'ONMT déploie une nouvelle task force au FITUR de Madrid    Maroc-Mexique : Une coopération universitaire qui se fortifie    La pandémie de Covid-19 a fragilisé l'ensemble des droits humains dans le monde, selon l'ONU    Météo Maroc: temps assez froid sur l'intérieur du pays ce jeudi 20 janvier    CAN 2021: voici l'adversaire des Lions de l'Atlas aux huitièmes de finale    Tourisme. Des solutions ponctuelles à une crise structurelle    Le Chery Tiggo 7 Pro remporte le prix du SUV le plus vendu de l'année au Qatar    L'ancien président du Wydad, Abdelmalek Sentissi, n'est plus    Auteur de deux agressions, le meurtrier de Tiznit interné à l'hôpital psychiatrique Errazi de Salé    Le PPS appelle à la réouverture des frontières    Accord entre le gouvernement et les syndicats d'enseignement les plus représentatifs    Cervantes, le théâtre centenaire de Buenos Aires    «Il est temps de vous libérer du complexe du colonisé»    Le poète et militant, Houcine Kamari, n'est plus    La circulation temporairement coupée sur ce tronçon routier    USA: Bilan mitigé de Biden après un an à la Maison Blanche    Covid-19 / Maroc : La situation épidémiologique au 19 Janvier 2022 à 16H00    Espagne : L'ONMT déploie une nouvelle task force au FITUR de Madrid    Consommation : Les ménages entre espoir et incertitude pour 2022    Liban : Le gouverneur de la Banque du Liban dans de sales draps    Maroc : La DGI lance un assistant virtuel «chatbot»    «L'autonomie, sous souveraineté marocaine. Autonomie entérinée par l'ONU» : en Espagne, le rapprochement entre Rabat et Berlin scruté    Casablanca : Interpellation de sept individus, dont un agent de sécurité, présumés impliqués dans l'enlèvement et la séquestration    Le PPS critique la faible présence politique du gouvernement et appelle à l'ouverture des frontières    Ouverture de la billetterie pour la Coupe du monde de football 2022    CAN2021-Arbitrage : La Marocaine Bouchra Karboubi assiste l'Ethiopien Tessema à la VAR du ''Soudan-Egypte'' (20h)    L'Oriental Fashion Show retrouve la scène de la mode parisienne    Maroc-Gabon : Le superbe golazo de Hakimi impressionne Mbappé et fait le tour de la toile    CAN: Halilhodzic s'exprime après le match Maroc-Gabon    Covid: nouveau record de contaminations en Allemagne    Ceuta. Les frontières avec le Maroc fermées jusqu'en juin    Covid-19: Abdelilah Benkirane hospitalisé suite à des complications    L'UA condamne "l'attaque terroriste" des houthis contre les Émirats Arabes Unis    Les ports de Casablanca et Jorf Lasfar ont réalisé 70,5% du trafic national en 2021    Bain de foule dans un souk populaire pour Najat Aâtabou (VIDEO)    Attaque des Houthis contre les Emirats : Pr Zakaria Abouddahab fait le point (VIDEO)    Emirates suspend des vols vers les Etats-Unis en raison de la transition 5G    L'Egypte en pleine confiance face au Soudan    Lucile Bernard présente «A l'aube de nos rêves» en février à Marrakech    Fès : Session de formation sur l'éducation inclusive et l'autisme    Khalifa Mennani, membre de Fnair, lance «Mi Lalla»    Affaire Ghali : Le directeur adjoint de la police nationale entendu par le juge Lasala    "أحسن Pâtissier", la deuxième saison bientôt de retour sur 2M !    Enseignement/Dialogue social : l'accord MEN-syndicats, "un accord d'étape" pour la FNE qui "augure du positif"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Abdelaziz Bouteflika veut rempiler à la présidence. La machine du FLN se déploie pour faire gober la révision constitutionnelle à un peuple
algérien en proie à la désespérance malgré la manne pétrolière. Bouteflika, président à vie
Publié dans MarocHebdo le 25 - 01 - 2008

Abdelaziz Bouteflika veut rempiler à la présidence. La machine du FLN se déploie pour faire gober la révision constitutionnelle à un peuple
algérien en proie à la désespérance malgré la manne pétrolière.
Bouteflika, président à vie
Ahmed Elmidaoui
Paris
L'aveu vient de tomber: la révision de la Constitution algérienne ne vise qu'un seul but, un troisième mandat pour le président Bouteflika. C'est le chef du gouvernement et Secrétaire général du Front de Libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem, qui l'annonce. L'homme s'est ouvertement prononcé, samedi 12 février, pour la suppression de l'article limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. C'est dire que l'Algérie de Bouteflika se veut une dynastie de pouvoir à vie à l'image d'autres pays arabes comme la Syrie, la Libye, la Tunisie ou encore l'Egypte. C'est dire aussi l'acharnement de Bouteflika à ne pas quitter le pouvoir, alors que le régime, avec sa fortune pétrolière, se heurte toujours à des problèmes multidimensionnels (emploi, logement, sécurité alimentaire sérieusement menacée...) sans oublier le terrorisme qui continue à endeuiller des centaines de familles algériennes.
Abdelaziz Belkhadem est allé jusqu'à dévoiler l'enjeu de la rude bataille qui s'annonce: faire réélire Bouteflika et lui donner tous les pouvoirs. «Nous voulons que le pouvoir exécutif soit détenu par un seul responsable». Emporté par son élan, et sans être interrogé sur la question, il dira que «nous sommes avec notre président et nous sommes en faveur d'un troisième mandat de sept ans pour le président de la république s'il le souhaite». Bouteflika ne dira pas non, en dépit de son état de santé, qui a plongé pendant six mois le pays dans la projection de "l'après-lui".
Si l'on croit Saout al Ahrar, journal du FLN, la révision constitutionnelle prévoit également le renforcement des attributions du président de la république au détriment des pouvoirs exécutif et législatif, ainsi que la suppression de la fonction de chef du gouvernement et son remplacement par un vice-président, sachant que ce projet était au départ un projet des généraux, mais avec une toute autre finalité. C'est donc désormais de la consolidation d'un tandem Bouteflika-Belkhadem dont il faut parler, ce dernier étant désormais en position de devenir un possible successeur de Abdelaziz Bouteflika, grâce au futur contrôle de la vice-présidence de l'Etat et de l'appareil du FLN.
Défendue mordicus par le FLN, dont le président n'est autre que Abdelaziz Bouteflika, la révision constitutionnelle se heurte à de farouches résistances au sein même de la coalition gouvernementale. S'il exprime la satisfaction de son parti devant l'annonce faite par le président de la république le 4 juillet 2006 de présenter un projet de révision constitutionnelle, Ahmed Ouyahia, Secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), dont le parti est membre de l'alliance présidentielle, refuse d'adhérer au projet lancé par le FLN. Il adopte, dans le même sillage, une position pour le moins ambiguë sur la question du troisième mandat, jugeant qu'il est «trop tôt» pour parler de l'élection présidentielle d'avril 2009. Le Mouvement de la société et la paix (MSP) a, de son côté, émis des réserves sur la révision constitutionnelle qui risque de «remettre en cause le principe démocratique de l'alternance au pouvoir». Cela sans compter les autres partis de l'opposition, comme le Front des Forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), qui sont fondamentalement contre un tel projet.
Que dire de l'armée et des services de sécurité dont les rapports avec la présidence de la république, sous l'ère de Bouteflika, ont été marqués à la fois par de constants rapports de force, et en même temps par le passage d'un certain nombre de deals ayant pour but de gérer la restructuration technique du pouvoir, dans le respect d'un certain nombre de "lignes rouges". Les dernières promotions annoncées le 4 juillet 2007 par Bouteflika laissent planer des doutes sur les vraies intentions du président. Trois officiers supérieurs ont été promus au grade de général de corps d'armée (un grade que seul Mohamed Lamari, ancien chef d'état-major de l'armée aujourd'hui à la retraite, avait obtenu, en 1995.
Il s'agit des généraux-majors Ahmed Gaïd Salah, ancien commandant des forces terrestres, devenu chef de l'état-major en remplacement de Mohamed Lamari, en août 2004, Benabbès Ghaieziel, ancien patron de la Gendarmerie nationale, actuellement conseiller à la présidence. Il avait commandé, en mai 1991, l'assaut contre les islamistes du FIS (Front islamiste du salut) qui occupaient, alors, les places publiques à Alger, contre l'avis du chef du gouvernement de l'époque, Moumoud Hamrouche, et Mohammed Médiane, chef des services secrets, Département Renseignement et Sécurité (DRS) depuis septembre 1990. Pour la petite histoire, on notera qu'il avait été promu général-major, en juillet 1993, en même temps que Ahmed Gaïd Salah.
Les Algériens s'interrogent aujourd'hui si ces promotions sont le résultat d'un nouveau compromis entre Bouteflika, d'une part, et ces hommes situés au cœur de l'ossature militaire du pouvoir algérien, d'autre part, pour leur faire accepter la révision constitutionnelle voulue par le président et le FLN. Notons néanmoins que l'éloge faite par Bouteflika à l'armée et aux services de sécurité lors de la cérémonie du 4 Juillet, ne paraît pas augurer d'une relation tendue entre l'armée, les services secrets et la présidence. Reconnaissance des sacrifices de l'armée d'un côté, contre révision constitutionnelle de l'autre.
Cette révision constitutionnelle marquant ainsi la pérennisation à vie de Bouteflika, symbolise aux yeux des analystes une fuite en avant du président, victime du "syndrome Ben Ali". Il n'est pas impossible, dans le contexte du rapport de forces actuel, que la proposition de mettre fin à la limitation des mandats présidentiels soit accompagnée d'un paquet d'autres dispositions visant à verrouiller davantage le système politique actuel. En tournant le dos aux préoccupations de jeunes plongés dans des postures de désespérance sociale et en se lançant dans une révision constitutionnelle qui servira l'intérêt de personnes et non pas celui du peuple, et qui réduira l'alternance démocratique à un simple passage de témoins entre gens issus du même système, Bouteflika, le FLN et ses alliés précipiteraient le pays dans des lendemains incertains.