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Rachida dati, prophète en son pays
Publié dans MarocHebdo le 27 - 06 - 2008


• la ministre de la justice française à casablanca
Rachida Dati a animé au Maroc une série de rencontres avec
la jeunesse marocaine pour discuter des sujets du moment.
Pour la ministre française de la Justice, l'éducation constitue
la solution à tous les problèmes sociaux, car l'ignorance favorise toutes les peurs.
Rachida Dati avec son père et des membres de sa famille.
Jamais encore l'amphithéâtre Ibn Sina de la faculté de médecine de Casablanca n'a connu une aussi grande influence. Ce 21 juin 2008, étudiants, professeurs universitaires, responsables politiques, personnalités économiques se disputent des places aux premiers rangs pour assister à la conférence sur Accès au droit et à la citoyenneté. Ce n'est pas tant le thème qui intéresse, mais la conférencière. Et, c'est une personnalité de poids. Rachida Dati.
la ministre française de la Justice, la plus en vue de la Vème République, a accepté, malgré son emploi du temps chargé, d'animer dans son pays natal une série de rencontres avec la jeunesse marocaine pour discuter des sujets du moment. L'accueil qui lui a été réservé dépasse probablement ses espérances.
Accompagnée de l'Ambassadeur de France au Maroc, Jean François Thibault, de la ministre de la Santé, Yasmina Badou, du Wali de Casablanca, Mohamed Kabbaj, la Garde des Sceaux, habillée en tailleur pantalon noir, très strict, arrive à 14 h 30, entourée d'un dispositif sécuritaire renforcé.
Retour
Les plus curieux remarquent, à ses côtés, un homme moustachu d'un certain âge, grand de taille, cheveux blancs, vêtu d'un gilet multipoches sur une chemise blanche et un pantalon en tissu. Ce monsieur, gêné au milieu de la foule, semble accaparer toute l'attention de Rachida Dati. Information prise à part, cet homme n'est autre que Mbarek Dati, son père. Parti en France en 1963 pour travailler dans le bâtiment, il n'a jamais espéré un retour aussi triomphal dans son pays. Une belle revanche sur la vie! Mbarek Dati peut être fier de son oeuvre.
Rachida Dati à l'orphelinat de Sidi Moumen à Casablanca.
Sa fille, née en 1961, deuxième d'une fratrie de douze enfants, ne doit son ascension qu'à ses compétences et à son charisme exceptionnel. Diplômée de sciences économique et de droit public, cette magistrate a travaillé comme aide-soignante pour payer ses études et a fondé sa réussite sur l'important réseau qu'elle a constitué en interpellant toutes les personnalités qu'elle parvenait à rencontrer. Dotée d'un tempérament vif et remarquable, Rachida Dati se présente comme une «Française de France» et oppose son parcours de «self-made woman» à ceux qui voudraient lui coller l'étiquette de «beurrette de service» du président Nicolas Sarkozy.
Ce jour-là, Rachida Dati est reçue, dans son pays, comme l'enfant prodige. Elle est, en effet, la première personnalité issue de l'immigration à se hisser à un poste aussi important dans un gouvernement français.
Attention
L'entrée de Rachida Dati à l'amphithéâtre Ibn Sina plonge la salle dans un silence religieux. Les premiers moments passés, on entend des chuchotements. «Je ne l'imaginais pas aussi petite de taille», déclare une jeune fille voilée à sa voisine. Une autre jeune femme réplique «Ce n'est sûrement pas son physique qui lui a ouvert les portes, mais ses études et son caractère, à ce qu'on raconte, bien trempé.» Comme pour mettre fin à cette messe basse, un étudiant tranche: «Qu'elle soit petite ou grande, elle a de la chance de côtoyer les grands de ce monde». À en croire les remarques qu'a suscitées l'apparition de la ministre française de la Justice, la plupart de ses auditeurs ont fait le déplacement plus pour la voir de près que pour l'écouter parler. Mais, la voix ferme de Rachida Dati capte l'attention et sa présence impose le respect.
Sans détour, cette self-made women lance un appel à accroître l'effort d'éducation et de formation afin de lutter contre l'extrémisme. «Vous le savez comme moi: l'être ignorant n'est pas un être libre», s'est-elle exclamé avant d'ajouter «L'ignorance appelle au repli sur soi, elle nourrit les peurs et elle est le terreau des extrémismes et de ceux qui prétendent confisquer nos valeurs de liberté, d'égalité et de démocratie... L'accès au droit, avec l'accès aux études, constitue l'autre pilier fondamental de l'accès à la citoyenneté, car le droit est la pierre angulaire de la démocratie.»
Des phrases qui sont arrivées comme une lettre à la poste au coeur de l'auditoire déjà conquis. En femme d'action, Rachida Dati ne manque pas l'occasion d'annoncer un nouveau projet de coopération entre les universités françaises et marocaines. L'Ecole nationale de la Magistrature française et l'université Aix-Marseille III vont, en effet, concevoir des modules de formation qui seront proposés à l'université Hassan II.
Ces formations, qui seront reconnues par un diplôme de l'université française, porteront sur le droit des affaires, la gestion des entreprises et du patrimoine immobilier. Sur un autre sujet où elle est très attendue, la politique de l'immigration de la France, Rachida Dati s'est exprimée avec son franc-parler habituel, révélé lorsqu'elle était porte-parole du candidat présidentiel Nicolas Sarkozy. «Pendant longtemps, l'immigration a été un sujet tabou en France, laissant les partis extrêmes s'emparer du sujet. L'immigration est nécessaire mais il faut la réguler. Lutter contre l'immigration clandestine, c'est lutter contre les réseaux criminels qui exploitent la situation.»
Projet
Rachida Dati n'a pas non plus raté l'occasion de faire la promotion de l'Union pour la Méditerranée, idée chère à Nicolas Sarkozy. L'objectif principal de ce projet, explique-t-elle, est d'apporter la paix dans le pourtour méditerranéen et de mettre en place des politiques de développement durable.
Sur ces notes positives et pleines d'espoir, la ministre française de la Justice quitte l'amphithéâtre en laissant une impression singulière pour se diriger vers le centre social Oum Kaltoum, à Sidi Moumen, pour rencontrer des chômeurs en cours de formation professionnelle. Avec beaucoup d'attention, elle écoute des jeunes comme Hicham, qui a tenté six fois de gagner clandestinement l'Europe avant de suivre des cours de pâtisserie, mais n'a pas encore un emploi stable.
Rachida Dati leur promet de trouver des solutions. Elle demande aux représentants d'entreprises françaises établis au Maroc de faire connaître leurs offres d'emploi. Elle revient en octobre pour constater les résultats de cette collaboration. Rachida Dati sait qu'elle est toujours la bienvenue dans son pays