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Trente-huitième anniversaire de la disparition de Amine Demnati Un artiste précurseur
Publié dans MarocHebdo le 24 - 07 - 2009

Trente-huitième anniversaire de la disparition de Amine Demnati
Un artiste précurseur
A vingt-neuf ans, Amine Demnati décède dans des conditions tragiques. Il laisse une collection de toiles hors de prix. Une fondation est en gestation pour préserver ses œuvres et les donner à voir.
Amine Demnati. Un cadre imbu de culture et de quête du savoir.
Il y a 38 ans, disparaissait l'artiste-peintre au talent toujours inégalé, à la touche d'une finesse extrême et aux choix de couleurs d'une subtilité éblouissante, Amine Demnati.
Le 11 juillet 1971, invité parmi tant d'autres hommes politiques, de lettres et artistes au palais royal de Skhirat, à l'occasion de l'anniversaire de SM Hassan II, Amine Demnati, 29 ans à peine, ne se doutait de rien. Lui, l'originaire de Demnat, petite ville nichée au Moyen Atlas, non loin d'Azilal, et qui toute sa courte mais dense vie n'a eu de cesse de prôner la tolérance, l'aide aux nécessiteux et le sacrifice pour l'autre. Il ne se doutait de rien, comme la totalité des invités et du maître des lieux. La tentative de coup d'Etat a coupé court à la fête. Amine Demnati figure parmi les victimes. Il y a laissé sa vie.
Ami du prince feu Moulay Abdellah, un féru des objets et tableaux d'art, Amine Demnati, qui organisait quelques jours plus tôt sa dernière exposition à l'hôtel Tour Hassan, avait été invité au palais royal pour assister à la cérémonie commémorant le 42ème anniversaire du monarque aujourd'hui mort. «Il devait offrir, sur conseils des ses amis, un tableau à SM Hassan II. On ne saura jamais ce qu'il en est advenu de ce chef d'œuvre», raconte un de ses amis, les larmes aux yeux.
Reliefs
Natif de Marrakech en 1942, d'un père de famille très attaché aux traditions, Amine Demnati a été élevé dans un cadre emplein de respect de l'autre et de disposition à agir pour son bien. Un cadre imbu de culture et de quête du savoir. Après des études à l'Ecole des arts appliqués à Casablanca, le jeune Amine Demnati part à Paris où il poursuit des cours d'arts appliqués, avant d'intégrer l'Ecole des métiers d'arts, puis la prestigieuse Ecole nationale supérieure des arts décoratifs et, enfin, l'Ecole du livre.
Demnati: La couleur pulvérise le verbe et le traduit
en morceaux de vie.
Un cursus qui lui permet de parfaire sa maîtrise du trait et du pinceau, mais aussi d'inventer des formes, des reliefs et des couleurs propres à lui. Côté couleurs, ses œuvres étaient sublimes. Et, comme l'a écrit l'écrivain et journaliste Zakya Daoud, le défunt nous rappelle la fête du printemps à travers des couleurs gaies, éclatantes et vivantes, tout en conservant l'essentiel de ses oeuvres: la retenue, la discrétion, la légèreté, l'harmonie surtout.
Un témoignage partagé par le grand critique d'art Gaston Diehl, qui écrit «Le plein-champ de la couleur dont il sait si adroitement dérouler les fastueux enchantements en variations multiples, nous émeut et nous séduit, non comme un vain spectacle, mais bien justement parce qu'il semble répondre vraiment à une spiritualité de l'attente et à un sentiment d'humaine fraternit酻
Difficile de cataloguer Amine Demnati, qui était pendant son séjour parisien pris en charge par un autre grand nom des arts plastiques marocains, le défunt Cherkaoui et qui était néanmoins un ami, voire le frangin du grand El Gharbaoui. Difficile de le cataloguer, certes, mais à contempler ses toiles, on peut dire, qu'il était un précurseur des arts plastiques modernes marocains.
Séjour
Les premières expositions, Amine Demnati les a faites à Paris, dès 1961, avant d'enchaîner avec d'autres à Rabat, Tanger ou encore Casablanca. A chaque exposition, Amine Demnati renouvelle sa gamme, revient avec des styles nouveaux ou du moins des modes plus fins et plus développés. On découvre ainsi la rigueur de la ligne et le rejet de faire des toiles à la carte postale dédiée aux touristes qui viennent ou pensent venir au Maroc.
Mais tout le monde est fasciné par le travail d'orfèvre qui était celui de Amine Demnati. Un travail joliment décrit en 1966 par le poète feu Kamal Zebdi qui a écrit: «un monde de rêve chargé de poésie où chante la couleur, pulvérisant le verbe, le traduisant en morceaux de vie avec un sens du subtil: Réalités quotidiennes, visages…produits de recherches qui nous laissent pas loin du malaise où régnait une incertitude dramatiquement banale.»
Héritage
Amine Demnati n'était pas engagé politiquement. Mais son idéal, c'était servir l'autre. Etre à l'écoute du démuni et réconforter le malade. Sa carrière d'artiste, il l'avait amplement réussie, alors qu'il était encore au début. Au stade de l'apprentissage. A ce stade-là, on le comparait déjà à des grands maîtres des arts plastiques. Lui dont les tableaux sont hors de prix, selon des connaisseurs du marché de l'art international.
Quand on se hasarde à poser à l'une de ses connaissances la question sur le sort des œuvres du défunt, il lance que son frère Lahcen, ancien ministre de l'Emploi et membre du conseil constitutionnel, a réussi à en assembler la grande partie. Il a préservé ses tableaux et ses œuvres d'art, parfois dans des conditions difficiles. Sans en avoir le savoir-faire, ni les moyens techniques pour une telle tâche. Il ne veut pas les exposer, peut-être par jalousie, peut-être par crainte, mais il nourrit l'espoir de les mettre à la disposition du grand public, mais dans un cadre devant permettre de pérenniser le nom et préserver l'héritage de ce grand artiste…
Un journal de l'époque n'avait-il pas titré La peinture marocaine a beaucoup perdu avec la mort de Amine Demnati? L'auteur attaque son article par ce beau passage: «S'il était un être que la tragédie semblait devoir épargner, c'était bien Amine Demnati. Toujours souriant et gai, aimant la vie et comptant d'innombrables amis, on aurait plutôt vu en lui un privilégié du sort.» Ce n'est pas ce que le sort a décidé pour lui.
Mais, une chose est sûre, son œuvre témoignera pour longtemps encore de son génie créatif