Avant son séjour de deux jours au Maroc depuis ce mercredi, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine avait visité les camps de Tindouf. Au mois de mars dernier, Moussa Faki Mahamat a rencontré à tour de rôle, Mohamed Ould Abdel Aziz, le président mauritanien et Abdelkader Messahel, le ministre des Affaires étrangères algérien. Le but de ces rencontres est d'engager des discussions avec les parties impliquées dans le conflit du Sahara, avant d'établir un rapport qui sera présenté au prochain sommet africain qui aura lieu dans trois semaines à Nouakchott. Le Maroc, on le sait, rejette toute médiation de l'UA dans la question sahraouie. Pour Rabat, ce dossier doit être exclusivement traité par l'ONU. Cette position marocaine a d'ailleurs été actée dans la résolution 2414 du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, ainsi que le Polisario et l'Algérie, eux, souhaitent désormais associer l'Union africaine à la recherche d'une solution à ce conflit. Et la réintégration du Maroc au sein de l'Union africaine en janvier 2017 a changé la donne. Le sommet d'Addis-Abeba, en juillet 2017, a marqué le retour de l'UA dans la résolution de cette crise. En vue le sommet de l'UA à Nouakchott Moussa Faki Mahamat essaye donc d'établir avant le sommet de Nouakchott, au début juillet, une sorte de feuille de route. En se basant sur les précédentes décisions de l'ONU, il devrait proposer de nouvelles pistes de sortie de crise. Pour rappel, les tensions se sont exacerbées entre les deux parties, encouragées par les manœuvres militaires du Polisario et l'implication de Hezbollah dans le dossier avec comme toile de fond la même Algérie. Vu tous ces rapports, le sommet de Nouakchott est donc un test majeur pour l'Union africaine pour pouvoir démontrer ses capacités diplomatiques. Mais le Maroc, il faut le rappeler, est intraitable : le seul lieu de discussion sur le Sahara est l'ONU, et rien que l'ONU.