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Maroc : L'Etat prépare les salafistes à participer au jeu politique
Publié dans Yabiladi le 10 - 06 - 2013

Le PJD est inquiet. Les salafistes, un réservoir naturel de voix fidèle à la Lampe, viennent de faire une OPA sur le parti d'Annahda wal Fadila de Mohamed Khalidi, une scission du PJD. Une expérience qui n'est pas sans rappeler les conditions dans lesquelles Benkirane, El Othmani et Ramid étaient entrés au parlement, voilà plus de 16 ans.
L'Etat prépare les salafistes à participer au jeu politique. Cinq figures de ce courant viennent d'adhérer au parti d'Annahda wal Fadila (Renaissance et Vertu), de Mohamed Khalidi. Une petite formation islamiste qui n'a aucune représentativité au sein du parlement. Toutefois, elle est assez médiatisée grâce notamment à sa politique de proximité avec les trois têtes d'affiche de ce mouvement, initiée juste quelques semaines après la libération de prison, en février 2012, d'Abou Hafs, Hassan Kettani et Omar Haddouch. Visiblement, le processus de négociations a réussi avec le premier, bien que le deuxième ne soit pas un étranger au PRV, son frère Hamza en est, d'ailleurs, membre.
Le PJD doit-il s'inquiéter de sa popularité?
Au lendemain de ce parachutage réussi de cinq salafistes sur le territoire de la petite enseigne politique d'Annahda wal Fadila, grincement de dents au MUR, la matrice du PJD. Le vice-président du Mouvement pour l'unité et la réforme, M'hamed Hilali, a qualifié cette adhésion de «pire information». Les partisans de la Lampe craignent que le PRV ne se transforme en un parti foncièrement salafiste. Une option qui leur ferait perdre des voix lors des prochaines consultations populaires. Sachant que lors des précédentes législatives de novembre 2011, les électeurs salafistes ont voté massivement en faveur de la Lampe.
Mohamed Khalidi est un autre souci du PJD. C'est un ancien cadre du parti avant qu'il n'en soit éjecté et fonde, le 25 décembre 2005, Annahda wal Fadila. Depuis, il cherche une place sur l'échiquier politique marocain tout en maintenant une ligne à l'opposé de ces anciens «frères». Preuve en est son intégration, en octobre 2001, au G8 : une alliance de 8 huit formations qui prétendait rivaliser avec le PJD avant de faire flop.
Les frères de Benkirane ont eu la même expérience
Au Maroc, les bonnes recettes ne prennent pas la moindre ride. Aujourd'hui, nous assistons à une expérience qui avait fait ses preuves en 1997. A la veille des législatives de cette année, l'ancien ministre de l'Intérieur, Driss Basri, avait convaincu Abdelkrim El Khatib, qui trônait à l'époque et ce depuis les années 60 sur une petite formation le Mouvement populaire démocratique et constitutionnel, d'accorder son accréditation a des membres du MUR afin qu'ils se présentent au scrutin.
La manœuvre a permis à 9 islamistes d'entrer au parlement, parmi eux Abdelilah Benkirane, Saâd Dine El Othmani, Mustapha Ramid et Lahcen Daoudi. Une première au Maroc. Quinze ans, plus tard, le royaume est dirigé par un gouvernement dirigé par les islamistes du MUR. Avec les salafistes, la même issue est envisageable, ce n'est qu'une question de temps.


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