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Familles, habitués et ultras : Immersion dans le Maroc de la CAN 2025
Publié dans Yabiladi le 02 - 01 - 2026

Depuis le début de la Coupe d'Afrique des nations (CAN 2025), qui se déroule actuellement au Maroc, les internautes locaux sont nombreux à commenter l'ambiance des stades lors des matchs des Lions de l'Atlas. Ces réactions renseignent sur l'engagement et l'interaction dans les tribunes, certaines allant jusqu'à critiquer l'implication d'une frange des supporters. Est-ce une évaluation précise, un faux débat ou une comparaison inappropriée ?
Les supporters marocains lors du match d'inauguration de la CAN 2025, Maroc contre Comores, au stade Moulay Abdellah à Rabat. / Ph. AA


Pour explorer ces questions et analyser la dynamique des supporters de football marocains lors d'un grand tournoi comme la CAN 2025, Yabiladi a interviewé Abderrahim Bourkia, professeur de sociologie du sport et des médias à l'Institut des sciences du sport de l'Université Hassan Iet de Settat et président de l'Association marocaine de sociologie du sport (MASS).
Comment interprétez-vous ces remarques concernant l'atmosphère dans les stades ?
Chacun s'exprime en fonction de ce qu'il porte en lui et de la manière dont il perçoit les spectateurs. Ceux engagés et les autres, les «chanceux» dont la présence alimente souvent le ressentiment parmi ceux qui ne sont pas sur place. Il s'agit toujours du «nous» et «eux», et «pourquoi lui/elle et pas moi», des éléments fatals pour la cohésion.
Comme le dit le proverbe arabe, «chaque récipient déverse ce qu'il contient». Les lectures et les critiques diffèrent d'un individu à l'autre, selon la culture, la compréhension et les objectifs. Ces interprétations sont façonnées par plusieurs facteurs, dont le capital culturel et économique, la position sociale, l'ancrage idéologique lorsqu'il existe, ainsi que les impulsions intérieures que les plateformes permettent d'exprimer publiquement.
Certains soutiennent que nombre de spectateurs de la CAN ne sont pas des habitués des stades, mais plutôt des fans occasionnels ou des familles, ce qui détend sur l'interaction dans les tribunes. Cette perception est-elle exacte ?
Cette perception est en grande partie exacte, mais elle mérite une nuance sociologique plutôt qu'un jugement de valeur. Lors de cette édition réussie de la Coupe d'Afrique des nations, les habitués des stades sont différents. Le lieu du match bascule temporairement de l'espace ordinaire de football à l'arène festive, avec d'autres formes de socialisation.
Il attire d'autres groupes sociaux qui ne sont pas des habitués des stades : familles, fans occasionnels, touristes ou spectateurs attirés par l'importance symbolique de l'événement plutôt que par une immersion profonde dans la culture des supporters et des ultras. Cela impacte la nature des chants et de l'interaction dans les tribunes, où les applaudissements spontanés et les réactions individuelles tendent à remplacer les actions collectives et bien organisées, les chants coordonnés, les slogans et les rythmes collectifs soutenus.
Les ultras et les supporters réguliers des clubs sont-ils mieux outillés pour créer une «vraie» atmosphère de stade. Est-il juste de dire qu'ils auraient dû être plus présents à la CAN ?
Nous ne pourrions pas dire le contraire. Les groupes de supporters et les ultras apportent une autre dimension au match. Ils sont davantage acteurs que spectateurs. Qu'on les aime ou non, leur soutien est hautement structuré, avec une répartition des rôles qui en fait une «machine bien huilée», avec des activités ritualisées et souvent transformées en espaces d'expression sociale, culturelle ou politique.
Mais les deux sont les bienvenus. Cela n'implique pas une baisse de la passion pour le football, mais met plutôt en lumière la coexistence de différents modes de spectature. Les deux formes sont légitimes, mais elles produisent des attitudes et des ambiances sonores différentes à l'intérieur du stade.
Abderrahim Bourkia, Professeur de sociologie du sport et des médias. / Ph. DR
Cela signifie-t-il que le public des matchs de l'équipe du Maroc est très différent des supporters de clubs, en termes d'attentes et de manières de manifester son soutien ?
Oui. Malgré le fait qu'il existe trois groupes de supporters pour notre équipe nationale, «Rosso Verde», «Sbou3a», et un autre dont je ne me souviens pas du nom, ils font des efforts significatifs avec des tambours, des tambourins, des chants et des slogans, et ils parviennent à donner le rythme tout au long des 90 minutes du match.
Il y a aussi des groupes comme les Ultras Imazighan d'Agadir, qui se sont portés volontaires pour aider à animer le Stade Adrar. J'étais là pour une conférence organisée par la Wilaya de la région, agissant en tant que consultant sur les contextes sociaux et culturels pour un cabinet d'avocats évaluant le niveau de préparation de la ville à accueillir des événements sportifs majeurs. Je ne sais pas s'ils ont été officiellement invités ou non, mais en tout cas, j'en ai vu certains dans les tribunes, présents aux côtés des supporters égyptiens.
Dans quelle mesure la tarification des billets, leur distribution et l'accès définissent le public des stades, et par conséquent le type d'atmosphère pendant les matchs ?
Tous ces facteurs ont un rôle majeur dans la formation de l'identité de ceux qui occupent les tribunes. C'est ce que je n'aime pas dans le football actuellement, non seulement au Maroc, mais dans le monde entier. Le jeu a été profondément transformé et s'éloigne de ses racines populaires.
Des prix de billets élevés ou des systèmes de distribution opaques et inégaux tendent à exclure de larges segments de supporters classiques, en particulier les jeunes, les étudiants et les passionnés faisant partie de la classe ouvrière, qui forment généralement l'épine dorsale des chants collectifs, de l'enthousiasme et du spectacle visuel.
Comment les réseaux sociaux ont-ils amplifié ce débat ?
En ce qui concerne les réseaux sociaux, je citerai le même proverbe arabe : «chaque récipient déverse ce qu'il contient». Certains utilisent leurs plateformes pour attirer des «likes» et des «clics», exploitant ce genre d'événement comme matière pour générer de l'audience et de la visibilité, pour rendre les échanges plus engageants, divertir, se moquer et provoquer, juste pour se présenter comme «super cool».
C'est comme un théâtre. On s'engage dans une performance et une forme de mise en scène. Cela en dit long sur «nous», les Marocains, et sur la façon dont nous vivons le football, non seulement en tant que sport, mais aussi comme un miroir à travers lequel nous performons, consommons et affichons notre identité et notre sentiment d'appartenance.


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