DR ‹ › Les autorités mauritaniennes ont ordonné l'évacuation immédiate des chercheurs d'or opérant à moins de dix kilomètres des frontières avec le Maroc et l'Algérie. Cette décision, officialisée par un décret publié ce mercredi 21 janvier, accorde aux orpailleurs un délai d'une semaine pour se conformer, rapporte un média basé à Nouakchott. Le décret a été annoncé par le gouverneur de la wilaya de Tiris Zemmour, Idrissa Demba Koureira, lors d'une mission de terrain menée conjointement avec le commandant de la Deuxième Région militaire, le colonel Cheikh Sidi Bouya Salek. Cette tournée d'inspection a couvert plusieurs sites d'orpaillage artisanal dans les zones d'Amregai et de Kouirat. Cette mesure s'inscrit dans un contexte sécuritaire préoccupant, marqué récemment par des affrontements dans le nord de la Mauritanie entre des chercheurs d'or et des éléments armés du Front Polisario. Ces incidents ont ravivé les craintes d'une dégradation de la situation sécuritaire dans cette zone frontalière particulièrement sensible. Le gouverneur a précisé que l'évacuation des orpailleurs vise à permettre à l'armée mauritanienne de remplir pleinement ses missions de surveillance, de sécurisation des frontières et de protection de l'intégrité territoriale du pays. Il a insisté sur le caractère strictement sécuritaire et préventif de cette décision. Cette évacuation prive, de fait, le Polisario d'un atout majeur dans la préparation de ses attaques contre les Forces armées royales (FAR). En effet, les milices du Front utilisent des véhicules immatriculés en Mauritanie et se font passer pour des chercheurs d'or afin de s'infiltrer sur le territoire marocain, avant de lancer des projectiles contre des positions marocaines situées à l'ouest du Mur des Sables. Cet ordre s'inscrit dans le prolongement d'une décision prise en mai dernier, lorsque l'armée mauritanienne avait fermé la région de Lebriga, à la frontière algérienne, près des camps de Tindouf. Pour rappel, le Conseil des ministres du 6 janvier 2021, présidé par Mohamed Cheikh Ould El Ghazouani, avait adopté un projet de loi créant une «zone de défense sensible» dans le nord du pays. «Le projet fixe les coordonnées des points de repère terrestres matérialisant les limites de cette zone, située au nord, peu habitée, qui pourrait servir de transit pour les terroristes, les trafiquants de drogue et les bandes criminelles organisées», soulignait alors l'exécutif mauritanien dans un communiqué.