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DanielGate : Le prince Hicham réagit à la grâce royale du pédophile espagnol
Publié dans Yabiladi le 13 - 08 - 2013

Près de deux semaines après le déclenchement de l'affaire DanielGate, le prince Hicham El Alaoui, cousin germain du roi Mohammed VI, également chercheur à l'Université de Stanford, aux Etats-Unis, réagit à son tour à la polémique. Dans une tribune publiée par le journal espagnol El Pais, celui que l'on surnomme le Prince rouge revient longuement sur le «pardon royal» accordé par erreur au pédophile espagnol Daniel Galvan. Détails.
Pour Moulay Hicham, cousin germain du roi Mohammed VI, mais aussi chercheur à l'Université de Stanford, la grâce royale accordée, par «erreur» selon le Palais, à Daniel Galvan, ressortissant espagnol condamné en 2011 à 30 ans de prison pour viol sur 11 enfants marocains, est révélatrice d'un système défaillant. «Cette décision a frappé de stupeur le peuple marocain et envoyé une onde de choc dans tout le pays. La colère populaire s'est immédiatement manifestée avec une force qui a surpris les pouvoirs publics», rappelle d'emblée Hicham Ben Abdallah El Alaoui, dans une tribune publiée ce mardi 13 août, par le site du journal espagnol El Pais.
«Ce qui s'en est suivi est à présent bien connu. Mais personne ne peut, pour l'instant, deviner la suite des évènements. Cependant ce qui est sûr, c'est que la répression sauvage de la première manifestation devant le Parlement n'a fait qu'aggraver la situation et augmenter le sentiment de révolte», souligne-t-il.
Système «makhzenien»
Le Prince rouge estime que, la répression policière enregistrée durant les premières manifestations de protestation contre la grâce royale de l'Espagnol, n'a fait que confirmer l'autoritarisme «makhzénien» du système. «La réaction du système politique à ces évènements illustre bien son mode de fonctionnement, qui reste autoritaire «makhzenien», sur le fond, en dépit des quelques reformes parcimonieuses introduites sous la pression du mouvement du 20 Février», estime-t-il.
Dans sa tribune, le cousin du roi s'est également intéressé à la gestion du DanielGate par le gouvernement Benkirane. Celui-ci était «paralysé», affirme-t-il. Dans cette affaire, le gouvernement et le PJD ont cherché «à dégager leur responsabilité en mettant le malheureux pardon sur le compte des intérêts «supérieurs» de la nation et des bonnes relations avec l'Espagne. Leurs déclarations sont contradictoires et mal ficelées», estime le prince. Et de poursuivre : «Tout indique que les principaux acteurs politiques ont retrouvé leur reflexe traditionnel : attendre que l'initiative vienne du Palais royal. Une attente qui montre bien que celui-ci concentre toujours l'essentiel des pouvoirs, malgré les derniers réaménagements de façade».
Divinisation du roi
Moulay Hicham explique également cette «bourde» par l'attribution «excessive» des pouvoirs au Palais. «Cette procédure défectueuse et ses résultats désastreux découlent d'un fonctionnement déficient des institutions, de leur caractère inadéquat. Ces déficiences mettent en relief la concentration excessive des pouvoirs aux mains du palais ainsi que ses pratiques opaques quand il s'agit de gouverner», souligne-t-il. Mais ce n'est pas tout. Moulay Hicham n'en est pas resté là. Dans la deuxième partie de sa tribune, il pointe du doigt l'entourage direct du roi Mohammed VI, qui selon lui n'a pas fait son travail. Un «mutisme» dû, selon le prince, à la divinisation du roi.
«Comme on le voit après ce pardon royal, le mutisme et la prudence extrême des protagonistes montrent qu'on est plutôt passé de la sacralité du roi à sa divinisation. Personne n'a donc osé s'avancer. Personne ne s'est risqué à intervenir pour aider le souverain à s'informer correctement : ni quelque conseiller honnête et compétent (s'il s'en trouve), ni le gouvernement, ni le Parlement, ni les administrations n'ont pu jouer leur rôle d'intermédiation. Ceci sans parler de la presse aux ordres laquelle n'a pas manqué d'étaler ses flagorneries quand elle ne jugule pas les voix discordantes», déplore-t-il.
Et d'ajouter : «Les rouages qui semblent protéger le roi ont dans les faits plutôt abouti à l'isoler et à l'exposer dangereusement. Si bien qu'une liste et un geste de pardon qui auraient dû le grandir lui ont, au contraire, porté un préjudice qui laissera des traces durables». «Il faut incriminer les manipulations de l'entourage royal», affirme-t-il.
Besoin de réformes
Pour remédier à ces défaillances, le prince estime urgent d'apporter des réformes à la monarchie marocaine, entre autres. «Les mesures prises (Ndlr : durant le DanielGate) révèlent une fois de plus les limites d'un système habitué à lâcher un peu de lest pour donner le change».
«La nouvelle donne, tant sur le plan intérieur qu'extérieur, impose la nécessité d'une réforme d'ensemble de la monarchie comme des autres institutions de gouvernement. Cela passe par l'installation de contre-pouvoirs institutionnalisés, démocratiquement élus : cela passe aussi par la réorganisation des services du Palais et de ses prérogatives dans le cadre de la transparence ; cela passe, enfin, par l'attribution de pouvoirs réels de contrôle et de supervision à un Parlement digne de ce nom», explique le prince.
Et de conclure : «L'affaire Galván n'est que la dernière d'une série. On peut citer, entre autres, les grâces indues accordées à d'autres criminels, les honneurs octroyées à un vice-président de l'AIPAC [lobby pro israélien aux Etats-Unis], ainsi que la conduite illégale et immorale de l'appareil sécuritaire dans «la guerre contre le terrorisme». Toutes ces décisions montrent que nous courbons l'échine devant des intérêts étrangers au nom d'une conception erronée de l'intérêt national. Cela met à nu nos défaillances criantes et montre que nous restons prisonniers de structures institutionnelles dépassées. Il est à prévoir que les mouvements de colère du peuple marocain seront plus forts et décisifs à l'encontre de ce système de faveurs qui porte atteinte à son intégrité, et fait bon marche de son honneur dans des transactions internationales. Elles l'humilient et le souillent».


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