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Emirats : Un journaliste marocain victime de l'acharnement de l'ambassade marocaine à Abu Dhabi ?
Publié dans Yabiladi le 11 - 01 - 2014

En juin 2011, la chaine Dubai TV licencie deux journalistes marocains suite à des pressions de Rabat. Fin décembre 2013, une employée du consulat marocain à Dubaï porte plainte contre un MRE qui se dit "victime d'une campagne de dénigrement" orchestrée par l'ambassadeur. L'incident a été vite étouffé après l'intervention du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. La plaignante a fait marche arrière mais la polémique continue.
L'ambassade du Maroc aux Emirats arabes unis serait-elle entrée en conflit contre un journaliste MRE installé à Dubaï ? L'affaire a commencé par une simple altercation verbale entre le ressortissant marocain, qui souhaite garder l'anonymat, et une fonctionnaire du consulat du Maroc à Dubaï. L'employée décide alors de porter plainte contre le journaliste auprès de la police émiratie pour «insultes et injures».
Le MRE assure que cette plainte et l'oeuvre d'une instruction directe de l'ambassadeur marocain basée à Abu Dhabi. Des sources proches de l'ambassade réfutent et soutiennent que l'initiative de l'employée consulaire serait «personnelle». Pourtant, il est lieu de mentionner que cette plainte d'un fonctionnaire de la diplomatie marocaine n'est pas conforme à la procédure en vigueur. En effet, le consulat et l'ambassade auraient du au préalable obtenir l'accord du ministère des Affaires étrangères marocain et passer la plainte par les canaux diplomatiques.
Intervention du secrétaire général des MAE pour étouffer le scandale
Sans ambages, le MRE, accuse, dans des déclarations à Yabiladi, l'ambassadeur Mohamed Aït Ali d'être à l'origine de ce dérapage, «un nouvel épisode, estime-t-il, dans la campagne de dénigrement menée contre lui voilà plus de deux ans par le diplomate». L'intéressé nous confie que cette mésaventure a été traumatisante pour lui. Il affirme avoir subi, en conséquence, «un interrogatoire sévère» et même des «menaces de retrait de son passeport» de la part de la police locale, faisant au passage mention de «liens d'amitié» présumés entre l'ambassadeur et un haut cadre du ministère de la justice à Dubaï.
Les choses étaient sur le point de franchir le seuil de non-retour, si ce n'était l'intervention des Affaires étrangères. «Sur une des instructions du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, la fonctionnaire du consulat marocain à Dubaï a retiré sa plainte», nous confie le journaliste marocain. « Toutefois elle aurait insisté auprès de la police émiratie pour inscrire noir sur blanc qu'elle a agi au moment du dépôt et du retrait de la plainte sur ordre de l'ambassadeur», ajoute-il.
«Je ne suis pas autorisé à parler à la presse»
En vue d'avoir l'avis de l'ambassadeur mis en cause, Yabiladi a contacté M. Aït Ali. N'étant pas autorisé à s'exprimer à la presse, il s'est poliment excusé. En revanche, nous avons appris que le chef de la représentation diplomatique aux Emirats a rédigé un rapport détaillé relatant toute les circonstances de cet incident qu'il a, d'ailleurs, envoyé au ministère des Affaires étrangères.
Désormais la balle serait donc dans le camp du département de Salaheddine Mezouar. Sachant qu'il est dans une position délicate, d'autant que la presse arabophone s'est déjà saisie de cette affaire, ajoutant davantage de pression sur le ministère pour la publication de sa version des faits. Toute la journée de vendredi, nous avons tenté en vain, d'obtenir une déclaration sur la position du ministère.
Des Emiratis complaisants
Cette affaire de ce journaliste marocain, n'est pas sans rappeler les licenciements, en juin 2011, de deux journalistes marocains, Jalal Makhfi et Omar Makhfi, respectivement correspondant au Maroc et rédacteur en chef à Dubaï TV suite à des pressions du gouvernement marocain. L'ancien ministre de la Communication, Khalid Naciri, n'avait pas apprécié le traitement donné par les deux journalistes aux marches du Mouvement du 20 février alors que le Maroc s'apprêtait à voter le projet de nouvelle constitution.
Cet incident, en dépit de ses nombreuses zones d'ombre, est un autre point qui ternit davantage les relations des chancelleries du royaume dans les pays du Golfe avec la communauté marocaine. Il y un mois, c'est un autre MRE du Yémen qui a été arrêté par la police locale sur une intervention de l'ambassadeur du royaume.


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