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Dames de coeur sur le carreau : un manifeste pour la femme marocaine, par Nicole Elgrissy
Publié dans Yabiladi le 27 - 06 - 2015

Plongée dans la vie de Marocaines de confession juive ou musulmane qui ont subit la pression familiale, qui ont eu le malheur de tomber sur des maris violents, et qui au final se retrouvent sur le carreau. C'est le coeur du deuxième roman de Nicole Elgrissy, qui y met tout ce qu'elle a de plus intime. Au fil des pages, elle nous raconte avec un style plein d'humour les sagas des nombreuses femmes qu'elle a cotoyées dans sa vie. Interview.
Votre deuxième roman évoque à nouveau une thématique qui vous est chère : vos identités marocaines et juives. Peut-on parler d'une certaine nostalgie d'un passé perdu ?
Nicole Elgrissy : Mon deuxième roman parle de toutes ces femmes marocaines juives et musulmanes qui étaient voisines et amies, et qui ont subi de drôles de maris sans pouvoir aller s'en plaindre chez les adoul ou un rabbin, sachant qu'elles n'obtiendraient jamais gain de cause dans une société conçue pour donner presque toujours raison aux hommes.
Bien évidemment que je garderai toujours en moi, la nostalgie d'une société marocaine qui représentait un modèle unique de fusion et de partage. Ce sont des choses qui n'ont existé que chez nous sans avoir jamais évoqué le mot intégration ou tolérance. Nous étions nés les uns près des autres sans jamais nous demander pourquoi. Ce n'est qu'aujourd'hui que les juifs marocains sont souvent obligés de rappeler aux jeunes musulmans marocains que la vie des juifs au Maroc date depuis 2500 ans… Dans Dames de Cœur sur le Carreau, je précise bien que les principes d'éducation pour les filles comme pour les garçons étaient les mêmes, pour les juifs comme pour les musulmans. Les filles ne devaient pas déshonorer la réputation de leurs familles. Les garçons avaient tous les droits sur leurs sœurs et leurs épouses…
L'histoire raconte les parcours de dames de coeur sur le carreau. Vous êtes-vous inspirée de votre entourage ?
Bien évidemment. Mon livre «pue» le vécu. Mes tantes, mes cousines, mes voisines, mes amies et les nombreuses femmes égarées que j'ai rencontrées tout au long de ma vie. Je suis née altruiste comme on nait avec des yeux bleus… Je les ai toutes connues et j'ai pris le temps d'écouter les différents énoncés de leurs sagas. Le frein des parents, le frein du divorce pour la réputation, la guerre pour l'obtenir, les suites de feuilleton quand le mari n'admettait pas d'avoir été rejeté pour manquement à toutes les règles de vie qui peuvent laisser durer un mariage.
Je suis moi-même une dame de cœur qui me suis retrouvée sur le carreau avec trois enfants sur les bras à cause de la naïveté que peut engendrer une éducation «à la marocaine». La société marocaine est cruelle face aux femmes qui ont eu trop de partenaires hors mariage. Il fallait se marier pour pouvoir s'afficher et c'est ainsi que beaucoup d'entre nous ont fini en haut de l'affiche de pièces de théâtre dramatique.
Ces parcours cahotique de femmes pourraient être transposés dans d'autres pays. Est- ce le résultat de la société moderne, individualiste, avec l'argent au centre de nos vies ? Ou bien les profils décrits dans votre roman sont spécifiques au Maroc ?
Non pas du tout. Toutes les femmes vivant dans des pays où les hommes sont autoritaires, machos, phallocrates, des belles-mères qui ne lâchent pas leurs fils, des mères envahissantes et souvent mauvaises conseillères pour leurs filles, des maris qui ne veulent absolument pas divorcer ni s'en aller, des filles complexées amenées à faire des mariages hâtifs, des femmes marocaines qui «souffrent» d'une double culture, sont concernées par ce livre. C'est un divan pour celles qui n'ont jamais compris pourquoi elles avaient fini aussi écœurées et déçues... D'elles mêmes, de leurs choix, de leurs parcours de vie. Il faut savoir dire stop et se demander où se trouvent nos vraies failles. Je parle du laxisme de certaines mères qui se demandent comment et pourquoi leurs filles ne veulent pas se marier, deviennent exigeantes, sont caractérielles, trop naïves etc…. Une femme épanouie, c est un vrai boulot !!!!
Vous avez fait le choix de rester vivre au Maroc. Comment les membres de votre famille et vos proches perçoivent-ils ce choix ?
Au départ, cela n'était pas un choix. Ma mère considérait qu'une fois mes études supérieures achevées en France, je ne devais pas rester vivre à Paris «en toute liberté». Elle craignait que tout comme mes deux frères, j'épouse un non juif et qu'elle et mon père vivent sans moi au Maroc. J'étais leur seule fille et le cordon ombilical qui me reliait à ma mère, n'a jamais voulu ni pu subir le sécateur de l'exode.
Lorsque mes enfants son nés , j'ai réalisé la grandeur du bonheur d'avoir ma mère près de moi, et la joie quotidienne que je lui apportais en lui permettant de s'entendre appeler «mamie». Mon adoration et ma tendresse naturelle pour elle, m'a fait refuser toutes les propositions de travail à l'étranger… Gagner plus en la sachant toute seule après la mort de mon père, m'était insupportable.
Pour moi, la famille a TOUJOURS été primordiale. Ensuite, j'avais les feed back de toute ma famille qui vivait en Israël, au Canada, aux USA. Ils galéraient tous avec les difficultés inhérentes au manque d'aide ménagère, de voisins à l'écoute, et aux distances interminables qu'il fallait parcourir pour aller rendre visite aux autres membres de la famille.
Mon amour pour le Maroc est allé en grandissant lorsque j'ai réalisé que les musulmans que j'ai côtoyés durant toute ma vie, n'avaient RIEN de ceux contre lesquels les pronostiqueurs du dimanche (…) nous avaient mis en garde. Les Marocains sont des gens à part. Je parle de ceux qui savent que les juifs du Maroc ne sont pas des martiens… Ils font partie de l'histoire du pays et pour moi, la vraie terre sainte se trouve ici.
C'est en écrivant LA RENAICENDRE que j'ai couché tout mon amour pour les Rois du Maroc et mon pays sur 340 pages…
L'éducation au patriotisme démarre à l'enfance et ne quitte plus jamais nos âmes d'adultes.
Pour les autres juifs du monde, je suis devenue la kamikaze qui ose parler des mémoires juives… Les vérités sont comme les cadavres. Elles finissent toujours par remonter à la surface.


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