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Fête des mères : Danses d'un cœur mourant
Publié dans Yabiladi le 30 - 05 - 2011

Pour la fête des mères, nous avons reçu cet hommage, rendu surement à une mère en particulier, mais aussi à toutes les mères. L'auteur nous rappelle qu'au Maroc (et pas seulement ici), la mère porte souvent un lourd fardeau, un fardeau que l'homme ne voit pourtant pas toujours. Il peut s'en vouloir...
reçu
Sans grande conviction, je me suis penché sur la vie de ces êtres si fragiles et si délicats que sont nos mères. Vous allez bien me dire et me crier sur le visage votre stupéfaction et votre incompréhension du fait que j'écris sur elles sans grande conviction. Je ne vous le reprocherai pas, mais en même temps, je vous demanderai de vous regarder longuement dans un miroir, dans une chambre fermée et si possible dans un noir total traversé par un silence assourdissant. A ce moment là, vous saurez écouter le battement de vos cœurs et surtout comprendre la cruauté de vos pensées et le pourquoi de mon hésitation.
J'ai dit que je me suis penché sur ce sujet sans grande conviction, car j'avais peur de me mettre en contradiction avec les codes d'une société qui m'a fait naitre et qui a conditionné ma vie et mes pensées surtout. Me mettre en face avec mes doutes et la barbarie des quelques dogmes que j'ai cautionné à un moment donné de ma vie. Dont je ne suis ni fier ni honoré, pour les avoir vécu au milieu d'une société qui se satisfaisait à elle-même.
J'ai pris l'exemple des mères, car c'est un nom qui est parlant pour tout le monde. «Mère», c'est une tonalité qui nous oblige toujours à nous arrêter sur nos pas. Souvent par reconnaissance - même forcée - aux sacrifices et à l'enfer que ces êtres délicats ont su supporter pour nous donner une chance de grandir et d'embrasser la vie. Mais en parlant des mères, je pensais aussi aux sœurs, aux épouses, aux amies…. à la femme tout court. Un sujet bien compliqué diraient beaucoup de gens de chez moi. D'autres, un sujet sans intérêt. Et d'autres appelleront au sacrilège tout court….. Mais peu vont dire que cela mérite réflexion… Dans tous les cas, ça m'importe peu.
Je ne me réclame pas le porte-parole de la femme montagnarde avec toute l'estime et le respect que je lui porte, étant moi-même le fils d'une montagnarde. Je ne fais que relater un vécu et établir le constat du scénario d'un film de mauvais goût, dont les auteurs sont la souffrance et la douleur; et les acteurs sont des femmes réduites au silence.
N'est-ce pas elle qui, enceinte, n'a droit ni au repos ni aux cris de douleur ? Sous prétexte que seulement les âmes faibles montrent leur fragilité. N'est-ce pas elle qui subit une mort lente en endurant un quotidien digne de travaux forcés, sans une seule fois se donner le «plaisir» de reprendre son souffle ? N'est-ce pas cet être qu'on a arraché de l'enfance, l'obligeant à devenir adulte sans lui demander son avis ? N'est-ce pas cet être qui pleure sa vie sans larmes en nous chantant des berceuses déchirantes, racontant le mal d'une vie de néant ? N'est ce pas cet être brisé, avec des yeux en rides, qui réchauffe notre existence sans jamais attendre de retour, car il ne sait que donner ?....N'est-ce pas… N'est-ce pas ? Je pourrais ne jamais en finir, mais les mots en deviennent impuissants et surtout insignifiants.
J'ai un sentiment de honte et de mépris envers moi, car je n'avais jamais eu le courage d'essuyer les larmes de ma mère, ni de prendre le temps d'écouter ses douleurs internes et ses appels silencieux me rappelant qu'un jour elle ne sera peut-être plus là pour supporter mes maladresses ou guérir mes blessures. J'ai honte pour chaque jour que j'ai passé sans avoir tenté de dessiner un sourire sur ses lèvres. Alléger le poids de son quotidien pesant, au moins pour un instant. J'ai honte pour chaque minute et pour chaque seconde que j'ai passé dans ma vie sans la regarder dans les yeux et lui dire qu'elle est l'être le plus parfait et le plus noble que Dieu a su créer. J'ai honte d'avoir cru, à un moment de ma vie, qu'elle n'est faite que pour faire des enfants et subir une vie dont elle est spectatrice. J'ai honte de n'avoir pas crié plus tôt devant le monde entier que cet être m'a donné toutes les armes pour affronter la vie, se privant de tous les plaisirs du monde, adoptant mes douleurs, et supportant mes infanteries… m'offrant tout ce qu'elle a de plus cher au monde : ses rêves. J'ai honte pour chaque moment passé de ma vie sans lui dire que je l'aime.
Je préfère me taire. Il vous suffira de regarder autour de vous pour comprendre pourquoi. Désolé : la mère, la sœur, l'épouse, l'amie. La femme.


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