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Interview de l'artiste peintre Abdellah Yacoubi
Publié dans Albayane le 25 - 11 - 2012


L'art pour l'amour de l'art
Les récentes œuvres de l'artiste peintre Abdellah Yacoubi seront accrochées prochainement dans les cimaises de la Douma, chambre basse du parlement russe. C'est le 1er artiste marocain à avoir eu ce privilège. Qui est cet artiste et quels sont ses thèmes de prédilection ? Al Bayane le rapproche de ses lecteurs à travers cette interview dans laquelle l'artiste s'est bien prêté aux jeux des questions-réponses. Les propos.
Al Bayane : Quelle est votre conception de l'Art ?
Abdallah Yacoubi : Pour moi, l'art c'est un esprit, une manière d'être et un ensemble de valeurs et de comportements. C'est une vision valorisante de l'autre, un respect immuable de la nature, toute la nature, une générosité sans faille, un don de soi à cette belle créature de Dieu qu'est l'être humain dans toutes ses conditions. On peut être artiste au noble sens du terme sans avoir une occupation artistique courante, sans savoir manier plume, pinceau ou autres instruments. A l'inverse, on peut être écrivain, poète, peintre, musicien sans pour autant être artiste.
Vous avez exposé plusieurs fois au Maroc et à l'étranger. A quoi attribuez-vous le franc succès de vos expositions ?
Lorsqu'il y a du bon travail, les résultats suivent. C'est une logique qui est respectée dans tous les domaines, comme dans le registre de l'art. Pour moi, je pense qu'avant la touche de l'artiste, il y a la «main» de Dieu. Abdellah que je suis, l'homme et l'artiste, est ainsi.
Quels sont les thèmes majeurs dans votre peinture et vos modes d'expression ?
Il y a certainement une chronologie, une succession de thèmes qui respecte, sans le savoir et peut-être sans le vouloir, une chronologie bien ordonnée d'évènements. Les grands maîtres parlent de «périodes» par lesquelles ils passent. Pour moi, l'expression picturale n'est qu'une translation de l'action sociopolitique du terrain vers la toile et les couleurs. De ce fait, peindre, pour moi, revient à extérioriser des sentiments, des positions, des points de vue et, des fois, des pressentiments et les étaler au grand jour par la couleur à travers une certaine symbolique. Une symbolique répétitive à dessein parce que je crois en la force émotionnelle de la parole, donc du langage universel qui remplace la parole et qui est cette divinité de peinture. Valeur aujourd'hui, je suis passé, dirigé par cette force invisible, ce cheminement indescriptible, par plusieurs transpositions du temps, de l'espace et de l'être. Et donc, si vous voulez, par plusieurs thèmes. Entre autres, mes cuivres, mes fleurs, Dame Nature dans tous ses états, le Printemps Démocratique, appelé arabe, le Ballet de la vie... Quant aux modes d'expression, je me suis assigné la silhouette féminine, le parapluie et les colombes de la liberté et de la paix comme symboles exprimant chacun, selon leurs positionnements sur la toile et leurs chromatiques les sentiments du moment ou plutôt le message enfoui en moi et qui, d'instinct, se révèle par le biais d'un «discours» qui se veut sculpté à la spatule, gravé presque en bas-relief pour l'éternité sur un morceau de tissu.
Quelles sont vos sources d'inspiration ?
Dans l'art, on parle de «créations artistiques». Dans l'absolu, existe-t-il plus noble création que celle qui été modelée par Dieu? Pour moi, la Femme est la création divine qui a toujours inspiré les hommes durant toute l'Histoire. C'est elle qui a été à l'origine de tous les évènements et la source intarissable de tous les progrès accomplis par l'Homme. La Femme m'a inspiré dans la vie. Elle m'a poussé à être ce que je suis. Avant qu'elle ne me façonne en artiste-peintre, elle m'a fait Artiste. Merci ma grande source d'inspiration.
Le moment idéal pour peindre ?
Le temps propre à l'artiste se mesure autrement. Il n'est pas synonyme d'heures, de jours ou de saisons. Il est cette partition, toujours inachevée, incomplète, qui se joue dans ses veines, au rythme des battements de son cœur. Tempête ou accalmie, douleur ou joie, affection, douceur, appel à la prière, extase de bonheur devant une action citoyenne, ou, jouissance intime pour l'accomplissement d'un devoir... Ce sont, entre autres certainement, les meilleurs moments où j'ai un plaisir incommensurable à me mettre devant un chevalet et entrer en transe avec une toile qui m'ouvre voluptueusement et largement les bras.
Pour lire ?
J'ai avalé des centaines d'ouvrages à un âge réellement précoce, je dis bien des centaines. Aujourd'hui, j'ai l'impression que je suis dans une phase de saturation. Selon l'humeur, je peux lire pour un quelconque intérêt ce que la providence me met entre les mains, comme je peux me donner le courage de faire des recherches pour un sujet spécifique. Et pour cela, il n'y a pas d'heure. Mais encore une fois, l'artiste, un tantinet humaniste, a des horaires et une parcellisation du temps très particulière lorsqu'il s'agit de sa relation avec soi-même... et je dirai heureusement.
Quel regard portez-vous pour la critique de l'Art au Maroc ?
J'ai toujours eu beaucoup de respect pour les hommes de lettres, pour les intellectuels en général. A ce niveau, les débats d'idées sont légion et très instructifs. Je respecte les avis et les idées des uns et des autres. Mais je respecte davantage ceux qui demeurent fidèles à leurs positions quand elles ont une logique, une rigueur. Je fais ma révérence à ceux qui, avec dignité, ont le courage de dire NON alors qu'ils ont la possibilité de monnayer le OUI. L'art plastique au Maroc est relativement récent alors que l'artisanat et l'architecture sont ancrés dans notre histoire et dans notre civilisation arabo-andalous-mauresque. Nous avons traditionnellement des références et des repères quant aux critiques dans ces deux domaines, l'artisanat et l'architecture. Il y'a la HISBA, les OUMANA, les CORPORATIONS artisanales, les CHIOUKH NDAR, etc. Par contre, en matière d'art et d'art plastique en particulier, notre société est à peine balbutiante avec un maximum de 40 à 50 ans d'expérience. Donc, ramené à l'histoire de l'art, cette période permet à peine la genèse d'une littérature propre à nous et donc les quelques éminences grises qui s'évertuent en toute objectivité en «critiques d'art» demeurent peu nombreuses, mais heureusement très positives.
Que signifient pour vous les termes suivants : plume, pinceau, rouge, vide, femme, poésie, dessin, regard et corps ?
Plume: arme redoutable. Pinceau: sérénité. Rouge: sacrifice. Vide: repos. Femme: éspérance. Poésie: jouissance de l'esprit. Dessin: langage universel. Regard: profondeur. Corps: sensualité.
Avez-vous toujours l'envie de peindre ?
Oui, même quand il m'arrive de ne pas peindre pendant des mois ou même des années (il m'est arrivé d'abandonner la palette chargée de ses peintures pendant 18 mois), l'envie est là. Latente, patiente, sage, elle attend le déclic et pas seulement l'inspiration. Elle attend le déverrouillage des brides. Elle attend la liberté, sans censure et sans obligations imposées. Le passage à l'acte de peindre ne se commande pas. Il est souverain, inviolable. Il est comme une source qui filtre du cœur et non une averse qui tombe du ciel.
Quel message aimeriez- vous que le grand public retienne de vos œuvres ?
Tous les artistes ont ce dénominateur commun qu'est l'amour qu'ils portent dans leurs entrailles et qu'ils véhiculent à travers leurs œuvres. Je ne fais pas exception, loin s'en faut, à cette règle. J'essaie, autant qu'il est à ma portée, de charger chaque toile un peu de mon moi, fidèlement, loyalement, affectueusement. J'aspire à ce que l'interaction de la toile avec l'observateur, avec ses yeux, son cœur et pourquoi pas son âme, puisse susciter une certaine émotion qui ne pourrait s'assouvir qu'avec l'amour de l'autre et la paix et la compréhension entre les peuples. Dure mission, noble mission.


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