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Histoire
La mémoire d'Abdelkrim ressuscitée au cœur de Madrid
Publié dans Albayane le 10 - 03 - 2013

La mémoire d'Abdelkrim ressuscitée au cœur de Madrid
Une pléiade de penseurs s'est réunie, le 25 février dernier à l'Université Complutense de Madrid dans le cadre d'un colloque, en commémoration du 50e anniversaire de la disparition du combattant Mohamed Abdelkrim Al Kahattabi.
Eu égard au caractère scientifique de la rencontre, les participants ont discuté de la vie, du legs et de l'influence de l'homme qui donnait du fil à retordre au colonialisme espagnol dans les années 20 du siècle précédent.
Jusqu'à une récente date, le nom de ce nationaliste marocain était proscrit dans les manuels scolaires, la presse, écrits publics et manifestations culturelles en Espagne pour la simple raison d'avoir combattu le protectorat espagnol sur le Nord du Maroc. Avec l'écoulement du temps, les mentalités ont évolué et le pragmatisme s'est imposé pour pouvoir dépoussiérer certaines tristes pages de l'histoire de l'Espagne et du Maroc que le franquisme avait voulu arracher de la mémoire collective.
Le nom d'Abdelkrim est rappelé par les historiens comme étant synonyme de la grande débâcle de l'armée espagnole au 20e siècle, de la bataille d'Anoual qui avait instauré l'attachement à la liberté et de la nouvelle guerre de guérilla menée par des pieds nus contre une des grandes puissances militaires de l'époque. Il est aussi cité comme étant celui qui avait inspiré les stratèges de la lutte pour l'indépendance des peuples colonisés dans le monde.
Le colloque, organisé à l'initiative de l'association Comité Rif de Coordination de Madrid, a été l'occasion de débattre de la "pensée sur la libération des nations" du combattant "Mohand Ben Abdelkrim Al Kahattabi" en vue de jeter la lumière sur certains détails se rapportant à une des phases les plus sensibles de l'histoire coloniale espagnole dans la région du Rif. La rencontre a également permis de dévoiler certaines vérités relatives à l'introduction de la guerre chimique et aux bombardements avec des bombes de gaz contre la population civile par l'aviation espagnole pour "avorter le projet de la République du Rif, instaurée par Abdelkrim dans la région du Rif".
Le colloque, qui a eu lieu à la Faculté de Philologie et Lettres (Madrid) a réuni, autour d'une table ronde animée par Mohamed Lemrini El Ouahhabi, professeur de la communication audiovisuelle à l'Université Européenne, l'historienne Maria Rosa de Madariaga, le sociologue Juan Ignacio Castien et Jamal Al Khattabi, membre du Comité Rif des Pays - Bas, pays (qui vient d'abriter un colloque similaire). Ont également pris part à la même rencontre Maria Jésus Viguera, au nom de la Faculté de Philologie et Lettres de l'Université Complutense ainsi que les militants pour les droits de l'homme et des immigrés en Espagne, Abdewahed Atta et Saïd Farissi.
Les intervenants ont repassé les principaux aspects de la vie d'Al Khattabi, son esprit de tolérance, sa religiosité et son mode de faire la guerre. Tout ceci, a indiqué Lemrini Al Ouahhabi a permis de "mettre en évidence la préoccupation de ce leader de coordonner une opposition commune avec les mouvements de libération du reste des pays du Maghreb contre le colonisateur français". La lutte contre la présence espagnole dans le Rif fut ainsi considérée "plus tard un prélude de tous les mouvements de libération de la même tendance dans les pays arabes et dans d'autres régions du monde où l'Europe tentait d'étendre ses tentacules d'occupation".
Abdelkrim, a ajouté Lemrini El Ouhhabi, "représentait tout simplement la première opposition aux envahisseurs de l'époque moderne pour soumettre les peuples les plus vulnérables dans le dessein de piller leurs richesses, d'utiliser leurs bras au nom de la civilisation et la modernisation". Abdelkrim demeure "le noyau d'une mémoire presque disparue et effacée d'un peuple qui aspirait à vivre en paix avec ses traditions, sa culture, sans nulle interférence ni intromission étrangère ni contingents d'armées de plusieurs nations avides du pouvoir et de solutions à leurs problèmes internes qui étouffaient leurs économies et hypothéquaient leur progrès".
"La mémoire historique de ce fait singulier et de ces actions qui ont uniquement duré de 1920 à 1926, soutient le Pr Lemrini El Ouhhabi, demeure encore sans être codifiée en dépit des centaines de publications sur le leader rifain". A ce titre, il fait mention des "trois livres d'Abdelkrim : avant la guerre, la lutte et l'exil" non encore édités.
Le professeur d'histoire Maria Jésus Viguera a qualifié Al Khattabi d' "homme politique" pour le fait que "son projet ne s'était pas limité uniquement à la libération du Rif". Il aspirait aussi "à l'indépendance de l'Afrique du Nord et a eu une influence sur l'ensemble des mouvements de libération dans le monde".
L'historienne et professeur à l'Université Autonome de Madrid, Maria José de Madariaga, auteur de nombreux essais sur le Protectorat espagnol sur le nord du Maroc, la guerre chimique durant la guerre du Rif et l'utilisation par le général Franco des marocains dans la guerre civile espagnole, a surtout traité de la personnalité d'Al Khattabi. Il se caractérisait, a-t-elle dit, par "l'esprit de tolérance, de défense de la liberté et la justice ainsi que par l'aspiration à l'édification d'un Etat moderne". Al Khattabi s'était aussi préoccupé pour le développement de la région du Rif en encourageant l'enseignement et la construction d'écoles ainsi que la promulgation de lois contre tout type de discrimination. L'historienne espagnole a appelé l'Espagne à reconnaître les crimes commis à l'encontre des civils marocains durant l'époque coloniale.
Le sociologue Juan Ignacio Castien a particulièrement parlé de la place qu'occupe la personnalité d'Al Khattabi dans l'étude des mouvements de libération dans le monde. Il a pour sa part appuyé la proposition de Madariaga de "reconnaître" l'œuvre d'Al Khattabi et s'intéresser à l'histoire du Rif en vue d' "atteindre le développement souhaité du Maroc".
Jamal Al Kattani, membre du Comité d'organisation du cinquantième anniversaire d'Al Khattabi aux Pays-Bas, a appelé à ce que toutes les parties concernées (Maroc, France et Espagne) rendent accessibles au grand public les archives sur l'histoire du protectorat espagnol et la République du Rif.


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