Fraichement nommé à la tête du secteur, Abdessamad Kayouh, un enfant de la «maison», fit sa première apparition, en tant que tel, au sein des opérateurs du département, vendredi dernier à Agadir, en compagnie de Mohamed Boussaid, Wali de la région Souss Massa Drâa et d'autres instances du secteur, notamment la fédération des chambres de l'artisanat et l'agence de partenariat pour le développement. L'enchainement avec celui du tourisme qui vient de rencontrer les professionnels du domaine, il y a moins d'une semaine, n'est pas anodin, au regard du lien organique qui unit les deux volets indissociables. L'enjeu est donc délicat pour tenter la relance de cette entité intégrée dont la région Sous Massa Drâa est l'une des plaques charnières du royaume. Cette rencontre régionale qui s'insère, en fait, dans le cadre de la coopération avec l'organisme américain «Mellenium», vise le renforcement de l'alphabétisation fonctionnelle pour appuyer les aptitudes professionnelles des artisans. Dans ce sens, il est question alors de faire le point sur l'état d'avancement des programmes mis en place, à travers multiples interventions et le plan d'action des années à venir. Cette action ambitionne la formation des artisans et, de ce fait, combattre le chômage au sein de cette large couche. En fait, le plan en question a été l'objet, il y a quelques mois, d'une large concertation avant d'être adopté. La déclinaison de cette ébauche de développement du secteur s'inscrit, en effet, dans une dynamique régionale, couronnée par la signature d'une convention multipartite dont les piliers essentiels s'articulent autour de la promotion des produits spécifiques de la région SMD, la mise en place d'un pôle de production structuré et organisé en favorisant les spécialités régionales, le développement des capacités de la région en matière logistique et la structuration des canaux de distribution destinés aux marchés national et mondial. Une cinquantaine de projets d'expansion est mise en œuvre, pour une enveloppe budgétaire globale de 249,5 millions de dirhams sur la période 2011-2015. «Tout en gardant l'expression de l'identité culturelle de la région sur les plans national et international, l'originalité du produit dont regorgent la région et ses homologues à travers le pays, sous toutes ses formes et matières constitue un atout majeur aussi bien au niveau de la subsistance d'une couche sociale grandissante qu'à celui de la compétitivité sur le marché mondial. Le concept de la formation fonctionnelle envers les artisans représente une nécessité sine qua non dans cette vision», souligna le nouveau patron du secteur dont l'expérience avérée dans le domaine de la gestion entrepreneuriale lui servira, sans doute, de levier managérial par rapport à sa nouvelle fonction. Pour ce faire, il est donc question de favoriser l'innovation dans l'originalité pour répondre constamment aux goûts, de canaliser l'approvisionnement à l'aide de techniques adéquates, de structurer les réseaux de commercialisation, de rehausser les systèmes de formation, d'améliorer les ressources des artisans pour leur permettre d'acquérir la matière première et les outils de production modernes… Il est à rappeler que ce secteur renferme un tissu productif de pas moins 30 000 artisans et 7000 unités de production réparties sur toutes les sortes de professions. Ce bilan, quoiqu'impressionnant, aurait pu être davantage porteur et concurrentiel s'il avait été doté de plus d'intérêt et cerné de mise à niveau. C'est justement la raison pour laquelle ce plan de développement régional a été mis en fonction par l'association de toutes les compétences du secteur. Tout en étant conscient de ce pari de taille et sans prétendre, pour autant, verser dans le perfectionnisme démesuré, le ministre adopte plutôt une démarche incitative. On relèvera, dans ce sens, une réelle volonté d'aller de l'avant dans un domaine bourré de potentialités porteuses et diversifiées. Effectivement, l'accent est surtout mis sur cette richesse qui varie d'une région à l'autre. La poterie à Safi, la maroquinerie à Fès, la tapisserie à Tazhnakht, la joaillerie à Tiznit…tels sont, entre autres, les ingrédients d'une diversité certaine. La mise en valeur de toutes ces ressources artisanales authentiques passe inéluctablement par l'amélioration des conditions de vie des artisans, la restructuration des ateliers de travail, la réglementation fluide de la commercialisation des produits, la préservation des touches traditionnelles séculaires des objets et matières, la mise en œuvre des relations compétitives saines et loyales… La rencontre d'hier vendredi au Royal palace d'Agadir avec les acteurs du secteur aura, sans doute, redynamiser et relancer le secteur vers des lendemains meilleurs, par le biais de la qualification des artisans, toutes constituantes confondues. En fait, des destinations touristiques de choix, tant balnéaires que culturelles, comme Marrakech, Fès, Agadir, Tanger…, s'appuyant inévitablement sur les meilleures offres aux visiteurs étrangers, ne sauraient se passer d'un des fondements majeurs de l'essor escompté, à savoir l'artisanat. Il se sera donc agi d'une approche globale et cohérente. L'association de toutes les composantes du secteur, la consolidation de la politique de proximité et l'ouverture sur les coopérations étrangères demeurent les piliers de ce secteur.