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Maxime Karoutchi : promoteur de la chanson arabo-judéo-andalouse
Publié dans Albayane le 07 - 04 - 2016

Le patrimoine musical marocain ne cesse d'étonner et de forcer le respect de ceux qui le découvrent, en particulier, les mélomanes qui visitent le Maroc pour la première fois. Il captive toujours par sa diversité, sa richesse, son originalité et le talent de ses créateurs. Car, la diversité est le reflet de l'authenticité marocaine et le témoin d'une civilisation millénaire dont les racines plongent au cœur de l'histoire. C'est ce qui a fait de cette terre un véritable carrefour de civilisation humaine, niché entre l'orient et l'occident et qui résume, à sa manière, l'évolution de la culture marocaine à travers les siècles.
14 siècles d'histoire qui ont donné à cette nation marocaine une personnalité propre à l'échelle mondiale comme en témoigne la diversité des styles musicaux en vogue sur cette terre multidimensionnelle : musique Andalouse, Tarab Gharnati, Melhoune, Marsaoui, Amargue amazighe, Reggada, Akellal, Rai, Taktouka Jabaliya, musique Hassani du Sahara, Aita, musique G'naoua, Ahouache, Ahidous, chants religieux du Madih et Samaâ, et bien sûr le style Chgouri, le chant juif marocain qui constitue jusqu'aujourd'hui une composante essentielle du très généreux répertoire musical marocain. Ce chant juif qui a activement participé à la rénovation continue de la chanson marocaine moderne et qui s'inspire tout à la fois de la musique arabe orientale et de la musique andalouse, fruit de l'ère des lumières et de la présence arabo- judéo- islamique en Andalousie.
Un style qui s'est illustré hier avec feus Salim Lahlali, Zahra El Fassia, Sami et Félix Al Maghribi, les pionniers du début du siècle dernier qui avaient jeté les bases d'un style musical particulier, façonné par la communauté juive marocaine et qui s'appuie aujourd'hui encore, sur l'apport précieux d'une nouvelle génération de chanteurs, avec à leur tête, le maestro Maxime Karoutchi .
Maxime, est depuis de longues années, le digne héritier du patrimoine musical juif du Maroc. Il s'efforce encore de perpétuer cette belle tradition promue dans les années soixante par un certain Abitbol, et ne cesse d'y apporter sa touche personnelle, fruit d'une éducation musicale exemplaire et d'un talent qu'il a hérité de son vénéré père et à laquelle il a ajouté une nouvelle touche grâce notamment à l'introduction d'un instrument moderne, à savoir l'orgue.
Dans ce créneau, Maxime Karoutchi occupe sans doute une position centrale, celle d'un artiste issu d'une famille juive marocaine de créateurs et de compositeurs inspirés et qui a toujours su s'adapter à l'évolution constante de la société marocaine.
Un musicien talentueux et un militant authentique pour la préservation du patrimoine
Karoutchi est incontestablement aujourd'hui le vrai dépositaire de ce chant chgouri marocain qui constitue une belle synthèse des musiques andalouse, gharnati, melhoune et de la chanson arabe orientale. C'est ce qui fait de lui un vrai synthétiseur qui n'a cessé de fédérer autour de ses œuvres tous les mélomanes et tous les fans d'une musique marocaine authentique.
De père en fils, Karaoutchi a donc réussi le pari de répéter et de transmettre cet héritage qu'il entend défendre non seulement par de nouvelles œuvres, mais aussi en militant inlassablement pour propager ce style et le vulgariser partout à travers le monde. Un vrai Karoutchi Al Maghribi, à l'image des pionniers des décennies révolues, dont il est le digne héritier, le «protecteur du temple» comme on ne cesse de le surnommer.
Une action exemplaire au sein de l'Association «Diapason»
Il ne se limite pas à composer et à chanter à la grande satisfaction des jeunes générations marocaines, mais s'efforce aussi de toucher aussi bien les jeunes que la communauté juive originaire du Maroc là où elle se trouve à travers le monde, aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Car Maxime Karoutchi ne se limite pas à un rôle typiquement artistique, mais travaille parallèlement depuis quelques années, à créer un cadre approprié pour promouvoir ce style musical, grâce à la nouvelle association «Diapason» où il est membre d'une très active commission musicale et artistique.
Aux côtés d'autres noms représentatifs de cette diversité musicale, culturelle et confessionnelle qui fait la particularité de la nation marocaine ouverte et tolérante, Maxime Karoutchi collabore avec des noms comme Daniel Afriat, Coco Tordjman, Khadija Sabik, Omar Chraibi, Houda Guelzim et aussi avec des artistes de notoriété nationale incontestable, à l'image de Nezha Chaabaoui, Sanaa Merahati, Jamal Hamras, Abderrahim Briouel et tant d'autres.
Maxime Karoutchi milite avec des artistes et des créateurs issus de religions différentes pour perpétuer l'amour de ce style que les Marocains apprécient au plus haut degré, abstraction faite de leur origine culturelle et de leurs croyances. Un hommage par-ci pour Hajja Hamadaouia ou Najat Atabou, une action par-là, pour la promotion du Kaftan et de la Djellaba, un geste ailleurs pour revaloriser et revisiter la cuisine marocaine et des plats savoureux comme la pastilla.
Bref, l'objectif de maxime Karoutchi est profondément noble. Son souci majeur est d'être toujours au diapason, au service de la culture marocaine pour sensibiliser toujours plus de fans, plus de jeunes et promouvoir le dialogue des cultures et des religions et pour en faire une passerelle dynamique entre les différentes générations.


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