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Italie: Une campagne électorale à relent fasciste
Publié dans Albayane le 22 - 02 - 2018

A la veille des élections législatives qui auront lieu en Italie le 4 Mars prochain, il semblerait que la population manifesterait un très fort engouement pour l'extrême-droite. D'ailleurs, en se baladant sur la Piazza Venezia au centre de Rome, l'attention du visiteur sera tout de suite attirée par une très grande affiche représentant Benito Mussolini non loin de ce même balcon du palais Babbo d'où il haranguait les foules dans les années quarante du siècle dernier. Elle annonce la sortie, depuis le 1er Février dernier, d'un film ayant pour titre «Sono tornato» et racontant le retour du Duce en Italie. Sur une banderole accrochée au bas de ladite affiche, on peut lire : «Si seulement ! L'Italie aux Italiens !».
Cette frénésie extrémiste qui couvait lentement depuis un bon moment au vu de lab multitude de petites formations extrémistes se serait subitement emparée, avec force, des électeurs italiens après l'attentat de Macerata durant lequel un jeune homme répondant au nom de Luca Traini avait tiré à l'aide d'une arme à feu sur un rassemblement de personnes de couleur et blessé six d'entre elles. Le tireur avait immédiatement reçu le soutien de Forzanuova, parti sous les couleurs duquel il s'était présenté aux élections de l'année dernière et qui s'est engagé à ne pas «le faire se sentir seul et à ne pas l'abandonner». Mais si ce parti a condamné cette attaque, il ne l'a fait que du bout des lèvres en s'attaquant plutôt à pointer du doigt le gouvernement pour sa gestion de la question de la venue de ces hordes d'immigrés '«hors de contrôle» ne pouvant mener qu'au «chaos, à la colère et à l'affrontement social».
Les leaders de la coalition droite/extrême-droite avaient, du reste, rapidement justifié l'incident par le poids de cette vague migratoire qui, depuis 2014, a permis à quelque 630.000 migrants de débarquer sur les côtes italiennes et qui a été assimilé, par le vieux Silvio Berlusconi à une «bombe sociale prête à exploser». Raison pour laquelle le vieux patron des médias a réclamé le rapatriement des 600.000 migrants clandestins car étant «prêts à commettre des délits» et promis qu'une fois qu'il retrouverait son poste de Chef du Gouvernement, il entend s'atteler à assouplir la loi sur la légitime défense.
Et si Matteo Renzi, le patron du Parti Démocrate, de Centre Gauche, au pouvoir, rappelle qu'en 2003 c'est sous le gouvernement de ce même Berlusconi qu'avaient été négociés les accords de Dublin «bloquant les arrivants en Italie», le chef du gouvernement italien en a aussi profité pour fustiger ce dernier et dénoncer «ceux qui veulent gagner un demi-point en exploitant la haine et l'inquiétude». Il promet alors de déployer des milliers de policiers quand Luigi Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles, populiste, aurait, quant à lui, inscrit dans son programme l'accélération de l'examen des demandes d'asiles et le rapatriement des clandestins.
Enfin, cette émulation «anti-étrangers» n'est pas sans rappeler un triste moment de l'Histoire du pays et du vieux continent dès lors qu'elle a également donné lieu à de sérieux dérapages verbaux. Ce fut le cas notamment quand un responsable de la Ligue du Nord en Lombardie a évoqué un «risque de disparition de la race blanche» ramenant du même coup à la surface ce mythe de la «race aryenne» de sinistre mémoire.


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