La Thaïlande a déclaré mardi qu'il revenait au Cambodge d'annoncer « en premier » un cessez-le-feu dans le conflit frontalier opposant les deux pays, qui a fait au moins 32 morts au cours des dix derniers jours. « Le Cambodge doit annoncer en premier le cessez-le-feu en tant qu'agresseur du territoire thaïlandais », a indiqué lors d'un point de presse la porte-parole du ministère thaïlandais des Affaires étrangères, Maratee Nalita Andamo. « Deuxièmement, le cessez-le-feu doit être appliqué et doit tenir. Troisièmement, le Cambodge doit coopérer sincèrement aux efforts de déminage (des régions frontalières) », a-t-elle ajouté. Les affrontements entre les deux voisins d'Asie du Sud-Est, qui se disputent plusieurs segments de leur frontière commune, sont entrés mardi dans leur dixième jour. Selon les derniers bilans officiels, 17 personnes ont été tuées côté thaïlandais, dont 16 soldats et un civil, et 15 côté cambodgien, toutes des civils. Ce nouvel épisode de violences a également entraîné l'évacuation d'environ 800.000 personnes des deux côtés de la frontière. Ces affrontements sont les plus meurtriers depuis les cinq jours de combats de juillet qui avaient fait au moins 48 morts et 300.000 déplacés. Ils mettent à mal l'accord de cessez-le-feu signé entre les deux pays le 26 octobre en marge du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) sous l'égide du président américain Donald Trump et du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim. Une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l'ASEAN est prévue le 22 décembre afin d'examiner les voies d'une solution diplomatique au conflit.