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«Quand on vit de lecture et d'écriture, on s'habitue à la solitude»
Publié dans Albayane le 01 - 04 - 2020


Des écrivains à l'heure du Covid-19
Abdelghani Fennane*
Le confinement, je le vis plutôt normalement, du moins jusqu'à présent. Peu de choses ont changé dans mon «rituel», si ce n'est les cours à la fac assurés à distance et le sevrage de l'apéro du soir, de temps en temps, encore que récemment je suis de moins en moins nocturne. Il faut aussi ajouter que j'ai des sommeils un peu plus prolongés.
Mon épouse est en cessation d'activités. Je calais mes réveils sur les siens et elle sur les miens. Sinon mon emploi du temps est presque pareil: la promenade du chien (il s'appelle «Roman») deux fois par jour, le matin et en fin d'après-midi, les repas, un peu de temps pour la télé, surtout pour les infos (c'est généralement le matin l'occasion de fumer l'unique cigarette de la journée) et autant de lecture possible (j'écris peu en ce moment) dans la pièce qui me sert de bibliothèque et où je passe le plus clair de la journée.
Je profite plus qu'avant de la terrasse quand il fait beau et où il m'arrive aussi de faire des exercices physiques. Le confinement, ce sont les images à la télé, internet et le silence autour de la maison. Silence bienfaisant mais pesant par moment, qui me le rappelle. Le drame de ce qui se passe dans le monde en ce moment et le pressentiment de sa gravité, car on ne sait pas tout. Je conscientise autrement que par une expérience particulière de la durée et du rapport à l'espace. Vous savez, quand on vit de lecture et d'écriture on s'habitue à la solitude.
La mienne est faite aussi de compagnie complice et amoureuse et que beaucoup d'œuvres sont le fruit de l'enfermement. Henri Matisse a commencé à peindre quand il était malade et qu'il ne pouvait plus bouger, Roland Barthes a vécu, peut-on dire, sa conversion littéraire de grand lecteur au sanatorium où il se soignait d'une tuberculose, la prison a aussi accouché d'écrits à foison. Il y a des degrés d'enfermement.
On peut dans ce cas parler des vécus respectifs de Flaubert, Duras, Proust, Kafka, Blanchot…qui avaient un rapport particulier avec l'extérieur et une sociabilité différente de celle convenue. Oui, il y a aussi différentes formes de sociabilité.
Cinq livres à suggérer aux lecteurs : L'Amérique de Frantz Kafka, El Tunel de Ernesto Sabato, Négritudes du Maroc et du Maghreb de Bouazza Benachir, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge de Rainer Maria Rilke et Jacques Dupin, Le Corps clairvoyant, la lecture du moment.


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