La Chambre des conseillers clôture la première session de l'année législative 2025-2026    Chambre des représentants : Adoption du projet de loi sur la transformation de l'ONHYM en société anonyme    Tanger-Assilah: Suspension des cours mercredi en raison des perturbations météorologiques    Le temps qu'il fera ce mercredi 4 février 2026    Maroc : Le chômage des femmes en hausse, malgré les efforts d'intégration    Opération d'évacuation à Ksar El Kebir face à la montée des eaux de la rivière Loukkos    Tétouan : Evacuation des habitants des zones à risque d'inondation    La FRMF fait appel des sanctions de la CAF après la finale de la CAN contre le Sénégal [Officiel]    Après la Saudi Pro League, Jawad El Yamiq revient au Real Saragosse    Ouahbi : Le ministère de la Justice s'emploie à créer une agence nationale de gestion des avoirs saisis    La Chambre des représentants clôture la première session de l'année législative 2025-2026    Marruecos: Lluvias tormentosas, nieve y ráfagas de viento hasta el miércoles    Tétouan : Evacuation de trois quartiers menacés par les intempéries    Tetouan authorities evacuate residents ahead of expected floods    Ksar El Kébir: la DGSN mobilise deux unités mobiles pour approvisionner les populations sinistrées    Records mondiaux du Maroc : Musique, contes, football et bijoux anciens    L'ACAPS accompagne le secteur des assurances dans le renforcement de son dispositif LBC/FT    Le transfert de Youssef En-Nesyri à Al-Ittihad tombe à l'eau    Real Madrid : Newcastle entre dans la course pour Brahim Diaz    Retour des irréguliers : Nuñez attend une "amorce" de réponse d'Alger    Pour élargir les perspectives de coopération... Des entretiens réunissent Ryad Mezzour et l'ambassadrice de Chine à Rabat    La Cour des comptes appelle à l'adoption d'une stratégie immobilière nationale pour attirer les investissements et les compétences    Reconnaissance Royale. 139 cadres de la DGST décorés lors d'une cérémonie présidée par Abdellatif Hammouchi    First Lego League. Cinq équipes marocaines qualifiées pour les compétitions mondiales    Croissance- commerce extérieur : ce qu'il faut retenir à l'aube de 2026    Ligue 1: L'attaquant marocain Yassir Zabiri signe à Rennes jusqu'en 2029    Ayyoub Bouaddi, cap sur les Lions de l'Atlas et le rêve mondial    Maroc : plus de 100.700 entreprises créées à fin novembre    Erreurs de gestion : La Cour des comptes appelle à éviter les interprétations abusives    Donald Trump annonce un accord commercial avec l'Inde    Ramadan 2026 au Maroc : Début prévu le 19 février selon les astronomes    SpaceX avale xAI et propulse l'empire Musk à 1 250 milliards de dollars    Coopération navale Maroc–France : une frégate FREMM française fait escale à Tanger Ville    La Chine enregistre une baisse de plus de 33 % des affaires liées à la drogue en 2025    Samsung renforce son partenariat éducatif avec le Maroc    Le Commandant de l'US AFRICOM souligne l'excellence de la coopération militaire avec le Maroc    Trois nouvelles installations à découvrir au MACAAL    Casamémoire : un nouveau bureau et des ambitions renforcées    Fela Kuti, premier Africain honoré aux Grammy    En pleine progression, Abdellah Ouazane brille face à Willem II    Tournoi UNAF U16 : Maroc – Algérie ce mercredi    Ammor : La feuille de route sur le tourisme a démontré son efficacité    Web Summit Qatar 2026 : Doha au cœur de l'innovation mondiale    Audi Maroc dévoile le nouveau Q3 et accueille l'exposition IN-Discipline Brésil    Téhéran convoque les ambassadeurs européens    Tanger : les nouveaux locaux de l'Institut français inaugurés    Culture : le Musée de la photographie passe dans le giron de la FNM    "Melania" entre en 3e place du box-office nord-américain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Dr Souad Jamaï: «ce que le confinement a changé dans ma vie?»
Publié dans Albayane le 08 - 04 - 2020


Des écrivains à l'heure du Covid-19
Etant à cheval sur deux passions, la médecine et l'écriture, il est évident que la question de confinement m'interpelle sur plusieurs plans. D'un côté soigner et de l'autre, témoigner. Les deux fonctions s'entremêlent, se supportent et s'encouragent.
Au départ, il s'agissait d'intégrer la violence médicale de l'annonce de pandémie. Puis, une fois la nouvelle acceptée, il a fallu un temps d'adaptation pour trouver l'équilibre adéquat : une réorganisation du travail au cabinet, imposer des mesures strictes d'hygiène, s'informer sur les dernières avancées diagnostiques et thérapeutiques. Puis, a commencé la valse des questions des patients, répondre à leurs interrogations, gérer leur stress, les rassurer quant au suivi médical. Il a donc fallu mettre en veille l'auteur durant quelques jours, tout en continuant à observer mon propre comportement et celui des autres.
La première constatation a été en rapport avec l'inculture. Comment peut-on faire comprendre à des personnes n'ayant pas de base scolaire, la notion de virus, cet ennemi invisible, impalpable, inexistant à leurs yeux ? C'est ici que l'on mesure l'importance des failles dans l'éducation. Comment peut-on faire accepter le confinement lorsque rien ne semble, à première vue le justifier ? Comment peut-on expliquer que dans cette crise sanitaire, le confinement est primordial et salutaire.
Seconde constatation, après une courte phase d'euphorie inconsciente, on voit apparaître une peur collective, une méfiance vis-à-vis de l'autre. Ce besoin de se protéger individuellement a créé un climat d'angoisse et tant mieux car il est le signe de la compréhension et de l'intégration du danger.
Puis, assez rapidement, est apparue la volonté des uns et des autres de s'impliquer dans des chaines de solidarité. Nous avons vu surgir de partout, des circuits insoupçonnables, des systèmes d'aides improvisées.
Il y a ceux qui prennent des risques et ceux qui se mobilisent pour aider les plus nécessiteux. Il y en a d'autres qui préfèrent gérer leur angoisse en portant des œillères en se concentrant sur les activités qui vont leur permettre de tromper l'ennui.
En ce qui me concerne, après avoir géré mon quotidien professionnel, il a fallu canaliser mon angoisse et la mettre de côté pour arriver à travailler et écrire. Il y a une différence majeure entre ces deux fonctions : en tant que médecin, l'adaptation fut facile car les gardes nous ont appris à gérer l'urgence médicale en mettant nos émotions de côté pour arriver à être efficace.
Mais en tant qu'auteur, il fallait une sérénité de l'esprit pour arriver à me concentrer sur une quelconque écriture. Comment peut-on trouver cette sérénité lorsque l'on est à l'affut des informations médicales, que l'on doit trancher entre ce qui est scientifiquement vérifié et ce qui ne l'est pas ?
Le comble est que lorsque j'associe mes connaissances scientifiques de médecin à mon imagination d'écrivain, je me mets à construire des scénarios très inquiétants.
Depuis quelques semaines, il y a dans mes journées un éternel va et vient entre la médecine et l'écriture. Ayant plus de temps libre au cabinet, j'y emporte mes projets d'écriture, et le soir, chez moi, au lieu d'écrire, je me retrouve à suivre des conférences scientifiques à des heures parfois très tardives.
Tout cela bien entendu, en continuant à répondre aux messages de mes patients inquiets, quelle que soit l'heure de la journée ou de la nuit.
Ecrire, en période trouble, est une échappatoire salvatrice pour l'esprit. Tenter de se détacher du réel, quelques instants seulement, est un luxe appréciable. L'écriture permet de canaliser toutes les angoisses.
Il est évident que l'actualité et les comportements humains induits par cette actualité, représentent une source intarissable pour un auteur. Ecrire implique restituer un témoignage des évènements d'une époque, mais en tant qu'acteur médical, mes dernières urgences d'écriture ont été un besoin incoercible d'écrire pour rétablir certaines vérités, de témoigner du dévouement, de la disponobilité et de l'engagement des médecins, tous secteurs confondus.
Dans ce combat contre la pandémie, chaque individu est un acteur indispensable, nous devons tous regarder dans la même direction. Certains s'investissent et prennent des risques. D'autres, en les soutenant moralement, peuvent contribuer à leur donner l'énergie indispensable pour y arriver. Au-delà des mots, cette énergie positive, cette volonté commune, ce soutien moral, voilà ce dont les médecins ont le plus besoin actuellement.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.