Le Sénat des Etats-Unis a voté le jeudi 8 janvier 2026 en faveur d'une résolution visant à limiter les pouvoirs du président Donald Trump de mener une action militaire contre le Venezuela sans l'approbation préalable du Congrès. Ce vote, qui a recueilli un soutien bipartisan, met en évidence un débat entre le pouvoir exécutif et une partie du pouvoir législatif sur la conduite de la politique étrangère. La résolution a été adoptée par 52 voix contre 47, un résultat rendu possible par le soutien de cinq sénateurs républicains qui ont voté aux côtés de leurs collègues démocrates. Les sénateurs Rand Paul, Lisa Murkowski, Todd Young, Susan Collins et Josh Hawley ont ainsi créé une majorité bipartisane pour faire avancer la mesure. Le texte, qui doit maintenant être examiné par la Chambre des représentants pour un vote final prévu la semaine prochaine, réaffirme le pouvoir constitutionnel du Congrès de déclarer la guerre et d'autoriser l'usage de la force militaire. L'initiateur de cette résolution, le sénateur démocrate Tim Kaine, membre de la commission sénatoriale des forces armées, avait souligné, dans un communiqué du 3 janvier, l'importance pour le Congrès de « réaffirmer son rôle constitutionnel essentiel dans les domaines de la guerre, de la paix, de la diplomatie et du commerce ». Cette démarche s'inscrit dans un débat plus large sur l'équilibre des pouvoirs à Washington. Lire aussi : Plus de 600.000 Vénézuéliens risquent l'expulsion des Etats-Unis après la capture de Maduro Cependant, l'avenir de cette résolution est incertain. La Maison-Blanche a clairement signalé son opposition. Selon des informations rapportées par ABC News, le président Donald J. Trump devrait user de son droit de veto pour bloquer la mesure si elle était adoptée par les deux chambres du Congrès. Un tel veto serait difficile à surmonter pour le Congrès, car il nécessiterait une majorité des deux tiers dans chaque chambre pour être annulé. En réaction au vote, le président Trump a publiquement exprimé son mécontentement envers les sénateurs de son propre parti qui ont soutenu la résolution, considérant cette initiative comme une remise en cause de son autorité en tant que commandant en chef. Pour rappel, ce développement législatif intervient dans un climat de haute tension, une semaine après une opération spectaculaire menée à Caracas. Le samedi précédent, l'ex-président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été capturés lors d'une action présentée par l'administration américaine comme une opération de police internationale. Accusés de narcotrafic, ils ont été immédiatement transférés à New York. Cet événement a suscité de vives réactions au sein du Congrès, où certains élus s'inquiètent d'une possible escalade militaire non autorisée. Dans les jours qui ont suivi, le président Trump a fait des déclarations affirmant que les Etats-Unis allaient désormais « diriger le Venezuela ». De plus, le mardi 6 janvier 2026, il a annoncé que les autorités intérimaires installées au Venezuela allaient procéder au transfert d'une quantité de pétrole comprise entre 30 et 50 millions de barils vers les Etats-Unis. La valeur de cette transaction est estimée à environ 2,8 milliards de dollars. Ces annonces ont ajouté à la controverse et ont probablement contribué à motiver le vote du Sénat.