Au cœur des enjeux sécuritaires euro-méditerranéens, le Maroc s'impose comme un carrefour stratégique où se dessinent les réponses communes aux menaces régionales et aux grands défis sportifs à venir. Le Maroc a, une nouvelle fois, confirmé sa place centrale dans l'architecture sécuritaire euro-méditerranéenne en accueillant, le jeudi 8 janvier à Rabat, une réunion tripartite de haut niveau réunissant les chefs de la police du Maroc, de l'Espagne et de l'Allemagne. Cette rencontre s'est déroulée sous la conduite du Directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire, Abdellatif Hammouchi, en présence de son homologue espagnol Francisco Pardo Piqueras et du Directeur général de la Police fédérale allemande, Dieter Romann, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants et par la préparation de grands rendez-vous sportifs internationaux. En effet, la réunion s'inscrit dans le prolongement d'un processus de concertation tripartite initié à Madrid en janvier 2025 et désormais érigé en mécanisme régulier de coordination. Elle intervient, également, à l'occasion de la visite officielle au Maroc, du 7 au 9 janvier, des responsables sécuritaires espagnols et allemands, soulignant la confiance accordée au Royaume en tant que partenaire stratégique et plateforme de dialogue opérationnel entre l'Europe et l'Afrique. Les échanges ont d'abord porté sur l'évaluation des niveaux de coopération existants dans les domaines jugés prioritaires par les trois pays. La lutte contre le terrorisme, la gestion de l'immigration irrégulière, le trafic international de drogue et la cybercriminalité ont occupé une place centrale dans les discussions. Les responsables ont souligné la nécessité de maintenir « des niveaux avancés de coordination et d'échange de données opérationnelles et techniques » afin de préserver la sécurité et la stabilité, tant à l'échelle régionale qu'internationale. Dans ce cadre, le rôle du Maroc a été mis en avant comme acteur pivot dans l'anticipation des risques et la circulation du renseignement. Les participants ont partagé une analyse commune des répercussions de la situation sécuritaire au Sahel sur l'espace euro-méditerranéen, convenant que seule une coopération étroite et immédiate permet de contenir l'évolution des réseaux terroristes et criminels. Lire aussi : CAN 2025 au Maroc : Le dispositif sécuritaire marocain suscite l'intérêt du FBI Le Maroc fédère ses partenaires sécuritaires européens Au-delà des menaces classiques, la réunion a permis d'unifier les visions autour de l'élargissement du champ de coopération vers des perspectives plus avancées. Une attention particulière a été accordée à la sécurité des grands événements sportifs, alors que le Maroc, l'Espagne et le Portugal se préparent à coorganiser la Coupe du monde 2030. Les responsables ont convenu d'explorer des formes de complémentarité opérationnelle afin d'assurer des dispositifs de sûreté intégrés, fondés sur le partage d'expertise et l'interopérabilité des services. Dans cette dynamique, les délégations espagnole et allemande ont pu s'informer directement des protocoles mis en place par les services marocains à l'occasion de la Coupe d'Afrique des nations 2025. Une visite du Complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat leur a permis d'observer les équipements de cette infrastructure de référence, ainsi que les dispositifs de sécurité déployés lors des matchs. Les explications ont porté sur l'intégration des technologies numériques dans les systèmes de surveillance, les plans de déploiement des forces publiques et l'accompagnement des supporters. La visite s'est poursuivie au Centre de coopération policière africaine, qui réunit officiers marocains, africains et étrangers, initiative mise en place par le Maroc dans le cadre de cette compétition continentale. Cette plateforme a été présentée comme un modèle de coordination et de complémentarité, favorisant une coopération fluide entre les responsables de la sécurité sportive et les officiers de liaison accompagnant les supporters. Au terme de ces échanges, les trois parties ont réaffirmé leur engagement commun à renforcer un partenariat sécuritaire fondé sur l'échange immédiat d'informations, le partage d'expertises et la coopération opérationnelle et technique.