Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, M. Nasser Bourita, a reçu, vendredi à Rabat, le Président de l'Assemblée nationale de la République du Sénégal, M. El Malick Ndiaye.    Maroc–Etats-Unis : 250 ans d'amitié et des équilibres diplomatiques en évolution    CAN 2025: plus de 150 infractions traitées par les bureaux judiciaires    ONU : Omar Hilale désigné pour accompagner l'examen de la Stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme    Profession d'avocat : les robes noires préparent une riposte    Aéroports du Maroc : un record de 36,3 millions de passagers en 2025    Marché boursier : OPCVM et particuliers marocains s'imposent au 3ème trimestre 2025    Agropole de Meknès : lancement du Centre technique des oléagineux pour réduire la dépendance aux importations    Venezuela : le régime chaviste reconnait un bilan de 100 morts lors de la capture de Maduro    Géopolitique : Macron dénonce le "nouvel impérialisme" et critique les relations internationales selon Trump    Les affiches du jour : invincibilité en péril    Supercoupe d'Espagne: le FC Barcelone et le Real Madrid en finale à Jeddah    Réforme du système de santé : vers une montée en capacité de l'offre publique    La Bourse de Casablanca termine en hausse    Sécurité : Hammouchi accueille la réunion annuelle des Directeurs généraux de la police du Maroc, d'Espagne et d'Allemagne    Profession d'avocat : l'Association des barreaux déclenche un plan de mobilisation contre le projet de loi    Affaire des « Lions du califat » : 151 années de réclusion cumulées prononcées par la justice    Soudan du Sud: Plus de 700.000 déplacés en 2025 à cause du conflit et des inondations    Revue de presse de ce vendredi 9 janvier 2026    Indice arabe 2025 : 89 % des Marocains opposés à la reconnaissance d'Israël    Dakhla : Un nouveau plan régional pour booster l'aquaculture    À l'occasion de la nouvelle année... le président chinois appelle au renforcement du partenariat civilisationnel entre la Chine et l'Afrique    Un arbitre mauritanien pour le choc Maroc–Cameroun en quarts de finale de la CAN    Invitation officielle du Maroc à « Lumumba » pour assister à la finale de la Coupe d'Afrique    CAN 2025: Mazraoui face à Mbeumo dans le duel Maroc-Cameroun    Aux tirs au but... le Paris Saint-Germain remporte le Trophée des Champions au Koweït    Intempéries : Stellar AfricaGold suspend temporairement ses forages à Tichka Est    L'Hôpital Privé Ibn Yassine Rabat du groupe AKDITAL ouvre ses portes    Marrakech: Placement en garde à vue d'un individu pour usurpation d'identité et escroquerie    Alerte météo : Vague de froid, de vendredi à dimanche dans plusieurs provinces    Réforme de la santé : Amine Tehraoui fait le point sur la mise en œuvre des différents chantiers    BAFTA 2026 : « One Battle After Another » en tête des longlists    L'histoire des drapeaux marocains expliquée    CMG dévoile la bande-annonce du Gala du Nouvel An chinois 2026    Barid Al-Maghrib rejoint le programme DATA-TIKA de la CNDP    Sécurité routière : la Mauritanie adopte l'IA    CAN 2025 : plus de 150 infractions recensées dans les stades    Khalil Thiero : « La CAN, c'est aussi le terrain de jeu des entrepreneurs et créateurs africains»    Quart de finale Mali - Sénégal : «Le Sénégal est favori, mais nous n'avons pas peur » (Saintfiet)    Maroc - Cameroun : le duel des Lions pour une place en demi-finale    « Ideas of Africa » : L'Afrique moderne s'expose à New York    « Confluences » à Rabat : L'artisanat marocain révèle ses échos africains    Lyon: Cantos argelinos contra judíos y marroquíes durante la CAN 2025    Baitas : "Attribution de 1.000 postes spécifiques aux enseignants de la langue amazighe en 2026"    Tanger: Les bâtiments historiques du Consulat général de France abriteront le nouvel Institut français    Les Etats-Unis se retirent de 66 organisations internationales    Le président français salue l'exceptionnelle qualité des relations avec le Maroc    Des fossiles humains vieux de 773.000 ans découverts à Casablanca    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Mohamed Rouicha : sauveur de mémoire
Publié dans Albayane le 20 - 09 - 2020


Par : Moha Moukhlis
La contribution de Feu Mohamed Rouicha pour la sauvegarde du patrimoine poético-artistique amazighe est majeure. Sa chanson, qui a bercé plusieurs générations d'amazighophones, a constitué une référence – sentimentale et socioculturelle – et une création qui a permis de maintenir le lien avec une culture, une langue millénaire et un patrimoine civilisationnel authentiques.
Elle fut un rempart contre l'aliénation et la perte de la langue et des valeurs identitaires que cette dernière véhicule. Valeurs dont se réclament aujourd'hui divers organisations et structures internationales. Preuve concrète de l'enracinement et de l'universalité de l'amazighité conçue comme berceau et alternative au devenir existentiel de l'humanité. Et l'histoire amazighe témoigne. Une histoire faite de brassages et d'apports dont l'amazighité est resté le socle, la strate de base.
La parcours du chanteur et atypique : une enfance houleuse et agitée à Khénifra, une ténacité et une volonté qui furent à l'épreuve des contingences historiques. Rouicha a résisté, à sa manière, pour perpétuer un patrimoine unique stigmatisé, avant d'accéder à la reconnaissance nationale et internationale. Il évolua au sein des Zayans (Iziyyan), une tribu amazighe qui tint tête à la colonisation durant des années. Il en fut fier.
La chanson de Rouicha est biblique : elle prône un amour absolu, l'amour de la vie, le respect de l'autre, une vision du monde puisée dans un patrimoine poétique amazighe gouverné par les valeurs de tolérance, de pardon et surtout du respect de l'autre et de la démocratie. Rouicha a chanté par destin, pour assouvir sa vocation d'artiste illuminé. Mais il a, par la suite, chanté pour éveiller les consciences en s'engageant, à travers sa chanson populaire, pour nous rappeler nos valeurs et fustiger le dérèglement socioculturel qui nous menace et menace nos valeurs. En témoigne sa position au niveau des dégradations des valeurs et du chamboulement social quand il nous dit :
Tberrem Ssaât irâb unna ur immutn
Han awd aman âayd asawn ulin t
Ur da ttsrrahn jjbl am i chfan ighf
Maqqar tghzam tirggwin ur srrihn
Tqqurd a igr ur d yiwid ca ghurc
Le temps s'est métamorphosé et le survivant est médusé
Et l'eau qui escalade la pente
Ne coule plus, défie la montagne
N'irrigue plus les rigoles creusées
Le champ est asséché
Rouicha a constitué un pont artistique qui a largement contribué à la sauvegarde de notre culture et de notre mémoire collective amazighe. Par la chanson. Il est fasciné par le paysage et les hommes : il n'a jamais rien demandé. Bien avant que le tissu associatif amazighe se constitue et s'organise. Au même titre que d'autres groupes amazighes du Nord et du Sud, mais aussi de Kabylie ; il a servi de relais. Et ses chansons en témoignent : il aborda des thématiques universelles telles : la vision cosmogonique que les Amazighes ont du monde (Bdigh issk a sidi a Rbbi jud ghifi), la valeur de l'amour en tant que moteur social, le vécu sentimental et relationnel (Awa ma s igan ca i usmun)...
Feu Rouicha est adulé, aussi bien par les amazighophones que par les arabophones. Ils s'y retrouvent et s'identifient à son cri, son chant. Il incarne un art tolérant et ouvert, imbriqué sur le réel marocain. Bien qu'il n'ait pas pu bénéficier de l'intérêt qu'il mérite de la part des départements concernés, il a résisté et persisté, non par choix mais par destin et fatalité.
Rouicha a assumé son rôle historique, dans le domaine qui est le sien. En nous quittant de manière brutale, ils nous laissent quelques parts orphelins. Mais la relève est assurée par ceux qui ont empruntés sa voie et ils sont nombreux. Je m'incline devant sa mémoire.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.