Terrorisme : Omar Hilale désigné pour co-faciliter l'examen de la Stratégie mondiale de l'ONU    L'Université du Chili rend hommage à l'ambassadrice du Maroc, Kenza El Ghali    Diplomatie religieuse : Un soft power marocain entre influence régionale et défis internationaux    Sardines congelées : le pari du marché intérieur    Industrie et ancrage local : pourquoi Danone inscrit le Maroc dans sa stratégie de long terme    Mohammed Bajeddi : "La pluie ne résorbe pas le déficit en surfaces emblavées"    AI Made in Morocco, l'IA comme levier d'Etat    CAN 2025. Regragui: le choc Maroc-Cameroun, « un vrai combat entre deux grandes sélections »    CAN 2025 : Défi historique pour le Maroc face au Cameroun en quart de finale    Lamine Yamal devient le joueur le plus cher du monde    Les CHU de Rabat et Laâyoune entreront en service cette année    Cold wave expected in Morocco from Friday to Sunday    Regragui sees Morocco–Cameroon as a true battle between African giants    AFCON: Nigeria resolves Super Eagles bonus issue ahead of quarter-final    CAN 2025 : l'Université Euromed de Fès au cœur du débat sur le soft power et la gouvernance du football africain    Danniel Poeta, un rappeur colombien star des réseaux sociaux au Maroc    Des fossiles humains vieux de 773.000 ans découverts à Casablanca    CAN 2025 : Le Nigeria au bord de la grève avant son match décisif contre l'Algérie    Le temps qu'il fera ce jeudi 8 janvier 2026    Le Maroc renforce la prise en charge des addictions avec une nouvelle unité de méthadone à Berkane    Milieu rural : une éducation plus accessible, mais toujours peu efficace    CAN de Futsal Maroc 2026 : Rabat lance officiellement la course aux qualifications    Maroc–Etats-Unis : Le Congrès célèbre une alliance historique vieille de 250 ans    Casablanca révèle de nouvelles traces de restes d'humains fossilisés    La RAM ouvre une nouvelle base aérienne à l'aéroport de Tétouan    Maroc : Le nouvel ambassadeur américain prête serment devant le vice-président des Etats-Unis    CAN Futsal 2026 Maroc : Tirage au sort aujourd'hui à Rabat    CAN 2025 : A rebours d'Hugo Broos, l'Afrique du Sud salue l'organisation du Maroc    Indice arabe 2025 : 89% des Marocains rejettent la reconnaissance d'Israël    «Valeur Sentimentale» ouvre la 31e édition des Semaines du film européen    Sahara : Négociations sur les sables mouvants de la géopolitique    Sahara : Le Maroc gagne-t-il du terrain en Amérique Latine ?    Aéroport Mohammed V : le marché du nouveau terminal attribué au groupement SGTM–TGCC (ONDA)    Chiffre d'affaires, emplois, financements… L'OMTPME dresse l'état des lieux du tissu productif national    Lumumba plus fort que la dérision... quand un supporter devient la conscience du continent    Les robes noires durcissent le ton et paralysent les tribunaux    UE : plus de 40.000 titres de voyage offerts à des jeunes pour les 40 ans de Schengen    En présence du ministre Saâdi... ouverture de l'exposition « La Rencontre » au Musée national du bijou à Rabat    Semaines du Film européen au Maroc : Le Grand Prix du Festival de Cannes en ouverture !    Calle Malaga de Maryam Touzani en compétition au Festival international du film de Göteborg 2026    Warner Bros. Discovery rejette à nouveau l'offre de Paramount et maintient le cap sur Netflix    Trump annonce le transfert de 50 millions de barils de pétrole vénézuélien vers les Etats-Unis    Chambre des représentants: La Commission de justice adopte à la majorité le projet de loi relatif au Code de commerce    Khalid bin Abdulaziz Al-Harfash : «Les institutions sécuritaires et sportives appelées à renforcer leurs efforts face aux défis liés à la sécurité des manifestations sportives»    Neige et verglas : une centaine de vols annulés mercredi matin dans les aéroports parisiens    Inondations à Safi : Le Comité de pilotage lance le programme de réhabilitation    Sommet de Paris : engagement pour des garanties de sécurité renforcées en faveur de l'Ukraine    CAN Maroc 25 : un week-end décisif pour des quarts de finale de très haut niveau    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Farid Belkahia : Le sens et l'essence
Publié dans Albayane le 12 - 04 - 2022


Par Abdeslam Khatib
Quand on évoque le nom de Farid Belkahia, on parle automatiquement de l'un des artistes plasticiens qui ont jeté les ponts entre les premiers pionniers et les générations qui ont suivi.
Son itinéraire en dit long, en en effet, sur son souci constant de ne jamais perdre les repères, lui, qui a côtoyé les artistes européens lorsqu'il poursuivait ses études en France ou encore en Italie. A l'époque les idées foisonnent et la France, Paris surtout, était ce lieu privilégié de rendez-vous et de rencontres entre intellectuels du monde entier. D'autre part, les souvenirs du protectorat étaient encore vivaces et être présent à Paris à la fin des années soixante étai plutôt synonyme de révolte contre ce qui se passait dans le monde : guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, guerre du Vietnam, ce qui allait déboucher par la suite sur les événements de mai 68 en France et sur un grand mouvement de contestation ''hippy'' aux Etats-Unis.
C'était un passage obligé et la quasi-totalité des intellectuels de l'époque était contre le système établi, contre le capitalisme.
Belkahia, à l'instar des autres de sa génération, a vécu cette ''révolution'', mais sans jamais vraiment l'adopter puisque en pleine effervescence parisienne, il rentre au Maroc pour diriger l'Ecole des Beaux- Arts de Casablanca. Rebelle jusqu'à la moelle, il n'a jamais accepté de jouer le jeu des français, ni pendant le protectorat, ni après et s'était toujours employé à produire un art authentiquement marocain, alors qu'on voulait donner une image négative de l'art et des artistes considérés par les autorités du protectorat comme tribal et sous développé.
Pourtant à cette époque, d'autres peintres se donnaient toute la peine pour plaire à ces mêmes français en voulant ''copier'' les grands maîtres européens de la peinture, soit par aliénation, soit par opportunisme.
Belkahia a dû retourner en France après son passage à la tête des Beaux-Arts, mais au lieu de suivre le mouvement, il a choisi, comme à son habitude de se démarquer en produisant un art propre à lui dont les thèmes et les matériaux sont puisés dans la nature marocaine, la société marocaine et la civilisation marocaine. Après avoir appris les secrets des peintures composées et chimiques, et après avoir percé dans le monde de la toile et compris ses forces et ses faiblesses, il a décidé de prendre du recul vis-à-vis de toutes ces matières importées.
Agir de la sorte, ne veut-il pas dire que le personnage est très à cheval sur sa culture et ses origines qu'aucune migration ou influence ne peut remettre en question. Au lieu de ces peintures et de ces supports, peut-être, trop épuisés à son sens, il a préféré utiliser le henné, l'écorce de grenade, le cuir, le bois. Bref, tout ce qui n'avait encore jamais été tenté. A cela, il faut ajouter les thèmes qui évoquent dans quelques traits, quelques signes et quelques contours, les soubassements d'une culture millénaire et d'une terre sacrée et généreuse à souhait. Cela n'a jamais été facile et l'on a eu beaucoup de mal au début à cerner et à comprendre cette démarche au point que certains ont cru y voir l'expression d'un sous-développement latent, que ce soit au Maroc ou à l'étranger. Ne se souciant guère de cette conception étriquée des choses, Belkahia a continué sur sa lancée et a peaufiné et parfait son style au point d'en faire une école à part entière.
Aujourd'hui, ceux-là mêmes qui le dénigraient, ont comprisl'homme et la démarhe et se sont finalement rendus compte que Farid Belkahia ne peint pas maiscrée à partir de ses propres repères et ses racines.
A propos, Farid Belkahia est un peintre marocain, né le 15 novembre 1934 à Marrakech et mort à Marrakech le 25 septembre 2014. Il est l'un des artistes contemporains les plus importants du Maroc contemporain. Il est connu pour ses œuvres peintes sur les cuirs avec des matériaux naturels.
Né au sein d'une famille bourgeoise à Marrakech, Farid Belkahia grandit à Amizmiz où son père MhamedBelkahia tient un commerce. Son éveil artistique se fait auprès du cercle d'amis de sa famille, parmi lesquels se trouvent les peintres OlekTeslar et Jeannine Guillou. Par son intermédiaire, il rencontre Nicolas de Staël, peintre français d'origine russe, lors de son séjour au Maroc en 1937.
Dans son adolescence, il devient apprenti dans l'atelier d'OlekTeslar et se distancie des styles orientalistes qui persistent dans l'enseignement artistique académique. Après des études secondaires à El Jadida puis Marrakech, Farid Belkahia enseigne la peinture à Ouarzazate. Après une première exposition à Marrakech en 1953, il part pour Paris où il est accueilli par l'écrivain François Mauriac. Ici, il fréquente de 1955 à 1959 les Beaux-Arts de Paris. Il s'intéresse alors aux œuvres de Rouault et de Klee. De 1959 à 1962 une bourse lui permet de compléter sa formation et d'étudier la création de décors de théâtre en Tchécoslovaquie. A Prague, il rencontre Henri Alleg, Elsa Triolet, Louis Aragon, et Pablo Neruda.
Durant ces années, il réalise un ensemble d'œuvres expressionnistes à propos de la guerre d'indépendance algérienne (dont Tortures 1961-2) et il exprime son soutien à la révolution cubaine avec son tableau Cuba Si 1961.
De retour au Maroc en 1962, il est nommé directeur de l'Ecole des beaux-arts de Casablanca, fonction qu'il assume jusqu'en 1974. Il commence à cette époque à travailler le cuivre. Il participe en 1966 à la revue Souffles et organise en 1969 une grande exposition sur la place Jamaâ El Fna de Marrakech et à Casablanca, avec Mohamed Hamidi, Mohamed Ataallah, Mohamed Chebaa, et Mohamed Melihi. Après 1974, il se consacre entièrement à son art, utilisant pour ses œuvres le cuivre, la peau, les bois découpés, les colorants naturels, recréant, notamment à partir des signes berbères, des symboles graphiques universels. « Le henné, la peau, ce sont mes souvenirs, ma grand-mère, le milieu dans lequel j'ai grandi, les odeurs que je connais », confie-t-il.
Il cofonde le Groupe de Casablanca avec des artistes tels que Mohammed Chabâa et Mohammed Melehi.
Farid Belkahia effectue de nombreux voyages au Moyen-Orient, dans le Sahel, la Chine, l'Amérique latine. Il construit en 1980 une maison en terre avec l'architecte AbderrahimSijelmassi. Vivant et travaillant à Marrakech, il épouse en 1990 l'écrivaine RajaeBenchemsi.
Belkahia impose l'idée d'une peinture indépendante de l'héritage colonial et instaure des valeurs contemporaines qui vont influencer des générations d'artistes au Maroc et lui donner une présence internationale. L'artiste participe à l'exposition Partage d'Exotismes et son œuvre est collectionnée par les musées internationaux, notamment le Mathaf, Musée Arabe d'Art Moderne à Doha, ainsi que par la Fondation ONA et la Société Générale.
JilaliGharbaoui (1930-1971) et Ahmed Cherkaoui (1934-1967) sont deux autres peintres non figuratifs marocains contemporains de Farid Belkahia.
LEGENDE
L'artiste peintre feu Belkahia en compagnie du journaliste et critique d'art Abdeslam khatib


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.