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Finance climatique, un dossier chaud
Publié dans Albayane le 27 - 11 - 2023

La Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP28), prévue du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï, sera l'occasion de débattre plusieurs sujets cruciaux et décisifs pour l'avenir de l'humanité et de la planète.
La finance climatique, dont l'application saine est primordiale pour réaliser la justice climatique, figure parmi les thématiques clefs à l'ordre du jour de cet évènement planétaire.
« La finance climatique désigne les flux financiers destinés à soutenir des actions contre les changements climatiques. Cela inclut le financement de projets et de politiques qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre (GES) et favorisent l'adaptation aux changements climatiques. Elle englobe un large éventail de sources de financement, y compris public, privé, bilatéral, multilatéral, philanthropique et peut prendre différentes formes comme des instruments de dette, des subventions, ou des investissements en capital », a expliqué Wael Mohamed Aaminou, expert marocain en finance climatique et en financement durable.
L'objectif de mobiliser 100 milliards de dollars annuels de financements par les pays développés en faveur des pays en développement, exigé pour l'année 2020, n'a été atteint qu'en 2023, selon des données préliminaires de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Bien que cet objectif soit atteint, des questions se posent sur la répartition de ces financements, surtout après une année 2022 marquée par des phénomènes météorologiques dangereux dont les premières victimes ont été les pays en développement qui manquent d'infrastructures résilientes et durables.
« L'annonce de l'OCDE selon laquelle les pays développés ont atteint leur objectif de financement climatique est encourageante, mais elle soulève des questions pertinentes, surtout en ce qui concerne l'équilibre entre financement de l'atténuation et celui de l'adaptation », a commenté M. Aaminou, fondateur et directeur associé de Green For South, société de conseil dans le financement de l'économie verte, dans un entretien accordé à la MAP.
D'après l'OCDE, le financement de l'adaptation a reculé de 4 milliards de dollars américains (USD) en 2021, soit une baisse de 14%.
Parallèlement, les financements transversaux, c'est-à-dire qui ciblent à la fois les activités d'adaptation et d'atténuation, ont augmenté de 6 milliards USD en 2020 à 11,2 milliards USD en 2021, a indiqué l'OCDE, il y a une semaine, sur son site électronique.
En 2021, la majeure partie du financement climatique fourni et mobilisé a été consacrée à l'atténuation (60%), devant l'adaptation (27%) et les activités transversales (13%), a précisé cette institution internationale.
« Dans le contexte marocain, l'accent mis sur l'atténuation est certes important, mais il ne devrait pas éclipser les besoins cruciaux en matière d'adaptation », a estimé M. Aaminou qui a travaillé pour plusieurs institutions financières internationales.
« Pour un pays confronté à des défis climatiques aigus, l'adaptation est une priorité immédiate », a-t-il insisté.
Outre l'équilibre entre atténuation et adaptation, l'on se demande si ces financements octroyés par les pays développés -les premiers émetteurs de GES dans le monde- et les institutions financières internationales aident-ils les pays en développement à gérer les effets des changements climatiques ou augmentent leur fardeau budgétaire.
En 2019-2020, plus de 60% du financement climatique a nécessité l'emprunt de fonds, soit environ 384 milliards de dollars. Seuls 47 milliards de dollars ont fait l'objet de taux d'intérêt faibles ou concessionnels, alors que les subventions sans coût ne s'élevaient qu'à 36 milliards, lit-on dans le site de l'Organisation des Nations unies (ONU).
En sus, il y a des inégalités géographiques dans la répartition des financements climatiques, selon l'ONU qui relève que l'essentiel de ces financements se concentre en Asie de l'Est et dans le Pacifique, en Amérique du Nord et en Europe occidentale.
2022, année maudite par ses phénomènes météorologiques extrêmes et catastrophes naturelles, a connu la mise en place d'un Fonds pour les pertes et les préjudices, décrit par le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, comme « question de solidarité internationale et de justice climatique ».
Un accord temporaire sur ce fonds, conclu au début novembre après de longues négociations, doit être présenté pour adoption à la COP de Dubaï avec la Banque mondiale comme hôte.
L'institution hôte du fonds suscite des désaccords au sein de la communauté internationale. Si les Etats-Unis sont favorables pour la Banque mondiale, les pays développés et la Chine préfèrent que ce fonds soit hébergé au sein d'une agence onusienne, fustigeant notamment un manque d'indépendance.
Il faut savoir aussi que l'accord n'inclut aucune obligation contraignante pour une nation de contribuer et les Etats-Unis ont montré une certaine réticence à le faire.
Aussi, certaines organisations non gouvernementales critiquent ledit accord, estimant que des mesures insuffisantes ont été prises pour garantir les fonds nécessaires et reprochant la réticence des pays développés à contribuer.
Face aux déséquilibres et répartitions injustes des financements, il a fallu penser à une réforme du système financier international.
Ainsi, la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, avait lancé, lors de l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2022, l'Initiative de Bridgetown qui vise à augmenter le financement de l'atténuation et de l'adaptation aux changements climatiques dans les pays en développement à 500 milliards de dollars.
Cette initiative, qui vise également à mobiliser plus de 1,5 billion de dollars par an en investissements verts du secteur privé, a été applaudie par des pays en développement et des ONG. Toutefois, certains pays développés, notamment les Etats-Unis, ont exprimé des réserves quant à son coût et à son efficacité.
Il est encore tôt de juger si cette initiative à la touche féminine pourrait atteindre ses objectifs, mais elle représente un espoir d'un financement climatique plus accessible et plus adaptable aux pays en développement.


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