La fête du rendez-vous français de la saison n'a pas été complète. Le Trophée des Champions 2011 n'a pas justifié sa physionomie d'une grande finale disputée sur le sol marocain, une finale achevée sur une décision bizarre d'un arbitrage surprenant. Ce qui a précipité le sacre d'un club au détriment de l'autre dans un moment inattendu. Celui qui n'a pas vu le grand duel entre l'Olympique Marseille, heureux vainqueur du titre au détriment du malheureux Lille, ne peut pas facilement croire au score final de (5 - 4) ayant sanctionné le Trophée des Champion, cette saison, qui a choisi comme théâtre le nouveau grand stade de Tanger. Personne ne croyait ses yeux avec le verdict de 9 buts inscrits pendant les 90 minutes réglementaires du match. Tout le monde s'attendait aux prolongations à trois buts partout dans les dernières minutes du match. Tout le monde a été pris à défaut lors des (4 - 3 et 4 - 4 juste après) dans le temps additionnel. C'était sans compter sur le véritable homme du match qui a voulu qu'il soit autrement. Il a suspendu le suspense et offert la victoire à l'OM après les deux penalties successifs en fin du match, le premier sévère et le deuxième imaginaire. C'est incroyable. C'est du jamais vu même en Coupe du Monde des nations et des clubs. Les Français, organisateurs de leur trophée sur le sol marocain, ont tout prévu pour que leur fête soit grandiose, mais... L'arbitre Bouchaïb Lahrach n'a tout simplement pas été à la hauteur. Il n'a pas justifié la confiance que lui ont faite les organisateurs français qui ont voulu à cette occasion faire plaisir au Maroc et valoriser l'arbitrage marocain. M. Lahrach a donné une mauvaise image sur le niveau et la mentalité de l'arbitrage marocain. Lahrach a peut être voulu se distinguer par sa forte personnalité avec de telles décisions en fin de match mais il n'a fait que gâcher la fête et rater le coche. Lahrach a passé l'éponge sur les beaux souvenirs de feu Saïd Belqola dont se souviennent tous les Français quand il a dirigé avec brio la finale du Monde 1998 à Paris, une finale remportée par les coéquipiers de Didier Deschamps au détriment des Brésiliens par (3 - 0), une finale bien maîtrisée même avec des Tricolores diminués après l'expulsion de Marcel Desailly. C'est sûr et certain que feu Belqola s'il était encore vivant n'aurait pas du tout accepté cet excès de zèle de l'arbitrage défaillant de Lahrach. C'est en somme le côté noir de ce trophée français des champions. Passant, il n'y a pas que le négatif, il y a aussi le positif qu'il faut garder en général. Ce rendez-vous constitue bien une franche opportunité pour la promotion du football français. Après les éditions de Montréal et Tunis, le Trophée des champions a choisi Tanger pour son troisième édition, qui a connu un grand succès aussi bien technique, organisationnel que populaire. Techniquement parlant, le match a été ouvert et chacun des deux côtés aurait pu achever la partie en sa faveur. Lille a dominé la première période mais n'a pu inscrire qu'un seul but avant de continuer pour arriver à (3 - 1), au second half qu'il a généralement dominé. Mais à dix minutes de la fin, l'OM va revenir dans le match pour rétablir l'équilibre laissant la suite à M. l'arbitre et au public dont la majorité était derrière les Marseillais. Le prix des billets varie entre 50, 100 et 150 DH. Estimés à 34 mille environ, les spectateurs dont beaucoup portaient le maillot de l'OM ont vivement applaudi la victoire des Marseillais tout comme ils ont sifflé et hué l'arbitre Lahrach et son staff à la fin du match. Rudi Garcia, l'entraîneur de l'équipe de Lille, l'a bien soulevé. Lors du point de presse d'après match, Rudi Garcia n'a pas jugé utile de relever les gaffes de l'arbitre. Il s'est contenté de dire que : « l'arbitre a manqué de psychologie et de réflexion ». S'il a gobé le « second peno », il a par contre regretté l'expulsion de son joueur Chedjou. Pour l'entraîneur lillois, ce carton rouge est préjudiciable, il va peser lourd sur son équipe lors du coup d'envoi de la nouvelle saison de la Ligue 1 le 6 août prochain. Garcia qui a fait savoir qu'il a un grand ami, l'ancien international des Lions de l'Atlas, Walid Regragui, qui l'a souvent conseillé de venir au Maroc pour effectuer les stages de concentrations de son équipe, a conclu que l'arbitre Lahrach a sifflé et le public a jugé… Idem pour Didier Deschamps, l'entraîneur de l'équipe de Marseille et son ancien capitaine lors de la coupe des clubs champions en 1993 remportée par le même OM. Deschamps a quant à lui, parlé d'un match fou fou… tout en précisant également que l'arbitre Lahrach a sifflé et qu'il n'y a pas lieu d'en revenir… Les deux coaches qui ont présenté le match, chacun selon ses options et convictions, ont mis le point surtout sur l'avenir. L'OM, vainqueur de la Coupe de la Ligue, a évoqué la reprise, après avoir remporté son premier titre de la saison. Lille, de son côté, pense à conserver son doublé, coupe et championnat, après s'être privé du triplé… Pour le Maroc et son nouveau grand stade de Tanger, ils ont accompli leur mission avec ce Trophée des Champions qui a été retransmis dans plus de 70 pays à travers les cinq continents du monde. L'appréciation est du président de la Ligue française du football professionnel, Frédéric Trieriez. Une bonne chose pour la Société nationale de réalisation et de gestion des stades et son président Khalil Benabdellah qui ont réussi le premier rendez-vous étranger de la SONARGES sur la terre du Maroc. Un seul inconvénient reste cependant à surmonter. Pour arriver au stade à bord d'une bagnole, il faut faire environ une heure à partir du centre de la ville. L'embouteillage est pour quelque chose dans cette période estivale où Tanger connait un grand mouvement touristique. La ville du Detroit est pleine à craquer. Certains supporters des deux équipes ayant fait le déplacement à Tanger et d'autres touristes à l'occasion n'ont pas trouvé assez d'hôtels pour l'hébergement. Voilà un souci majeur à prendre en considération…