Entretien téléphonique entre Nasser Bourita et Sergueï Lavrov : Rabat et Moscou réaffirment la solidité de leurs relations et renforcent leur coordination sur les questions internationales    Saïss on Brahim Diaz's Panenka: «Hero was enough, he tried to be the superhero»    Dos años y medio de prisión para dos miembros de una red de migración irregular hacia Canarias    Cinco jóvenes internacionales nacidos en los Países Bajos eligen vestir la camiseta de Marruecos.    Aswak Assalam lance « Khayrat Bladna » pour promouvoir les coopératives marocaines    La guerre au MO déclarée "crise humanitaire majeure" par le HCR    Trump exclut tout accord avec l'Iran sans « capitulation inconditionnelle »    Emirats arabes unis: 9 missiles balistiques et 109 drones interceptés et détruits    João Sacramento, un disciple de Mourinho au service des Lions de l'Atlas    Après l'affaire avec Omar El Hilali, Rafa Mir risque plus de 10 ans de prison pour viol présumé    Maroc-Espagne : Suspension des liaisons maritimes entre Tarifa et Tanger en raison des intempéries    Bourse de Casablanca : la croissance s'installe, l'investissement repart    Bourse de Casablanca : clôture en territoire négatif    Alerte "Coachs dormants" !    Maryame El Moutamid : L'astrophysicienne marocaine qui veut mener une mission spatiale autour de Saturne    Football : Mohamed Ouahbi prend les rênes des Lions de l'Atlas    CAN féminine 2026 : nouvelles dates annoncées par la CAF    Le Grand Prix Hassan II célèbre ses 40 ans à Marrakech et mise sur la nouvelle génération marocaine    Burundi : Un plan pour rapatrier 100.000 réfugiés    Le réseau de coffee shops Dahab passe sous le contrôle de One Retail    Mazagan Beach & Golf Resort enchaîne les distinctions internationales    Droit d'enregistrement : qui paiera le nouveau taux sur les marchés publics et comment ?    Guerre au Moyen-Orient : le Maroc doit-il craindre le choc pétrolier ?    Produits du Sahara : le gouvernement britannique apporte de l'eau au moulin du Polisario    Inondations : 15.000 familles bénéficient d'une aide directe de 6.000 dirhams    Andrés Iniesta proche de rejoindre la direction technique des Lions de l'Atlas    Mohamed Ouahbi à la tête des Lions de l'Atlas avec João Sacramento comme adjoint    Mohamed Ouahbi, de l'épopée mondiale U20 au banc des Lions de l'Atlas    Alerte météo : vague de froid, pluies et chutes de neige, de jeudi à dimanche    Crèches privées: Ce que prévoit le projet de décret adopté en Conseil de gouvernement    Pékin accueille l'ouverture de la quatrième session de l'organe législatif suprême de la Chine    Genève met les adversaires du Maroc dans l'embarras... un soutien croissant à l'initiative d'autonomie au Conseil des droits de l'homme    La date des élections des membres de la Chambre des représentants fixée au 23 septembre prochain    Enlèvement d'enfants : L'Intérieur dément les fausses informations relayées sur Internet    « Rass Jbel » : quand la légende de « Al Hayba » prend racine au Maroc    Comediablanca revient à Casablanca après une tournée internationale remarquée    La Cour d'appel de Marrakech réduit les peines des deux Algériens pour insulte au drapeau et à la monnaie    L'armée US prévoit une domination « totale et absolue » du ciel iranien    Attaques iraniennes : le Conseil du Golfe et l'UE convoquent une réunion d'urgence    Les températures attendues ce jeudi 5 mars 2026    Paris : une exposition rend hommage aux soldats marocains des deux guerres mondiales    Sahara : L'heure de vérité pour une MINURSO en sursis    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le monde doit collaborer sur les vaccins pour vaincre la Covid-19
Publié dans Aldar le 15 - 12 - 2020

* Il est essentiel que la distribution des vaccins se fasse équitablement, plutôt que selon l'influence des nations les plus riches
* Stocker les vaccins apporterait des gains négligeables aux nations riches, mais aurait un impact catastrophique sur les nations pauvres
Une grand-mère britannique de 90 ans est devenue la semaine dernière la première personne au monde à recevoir un vaccin approuvé contre la Covid-19, et a donné le coup d'envoi à la campagne de vaccination contre la pire pandémie depuis plus d'un siècle.
À bien des égards, la rapidité avec laquelle le premier vaccin, fabriqué par le géant pharmaceutique américain Pfizer et la société allemande BioNTech, a été développé, testé cliniquement, puis sur les êtres humains, voire même fabriqué après des approbations accélérées des organismes de réglementation de la santé, est une grande surprise. La plupart des vaccins mettent des années pour être développés, et leur mise en application au niveau mondial prend encore plus de temps. Mais face à une pandémie qui a déconcerté la plupart des pays et leurs dirigeants politiques, dévasté l'économie mondiale, et confiné quasiment toute la planète, le processus a été considérablement facilité.
Pfizer a été le premier à dévoiler le vaccin, suivi de nombreuses autres compagnie pharmaceutiques. Parmi elles on compte laboratoires on compte l‘anglo-suédoise AstraZeneca épaulée par l'Université d'Oxford, la russe Sputnik V, ainsi que les entreprises chinoises et indiennes qui ont fini par rattraper leur retard initial. Un milliard de doses seront disponibles d'ici mars, et deux milliards supplémentaires pourraient l'être en 2021 le cas échéant.
Maintenant que le processus de l'immunisation, il est essentiel que la distribution des vaccins se fasse équitablement, plutôt que selon l'influence des nations les plus riches. Les pays les plus nantis, notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Etats membres de l'UE et d'autres grands pays comme la Russie et la Chine, ont déjà commandé plus d'un milliard de doses aux différents fabricants, pour faire en sorte que leurs populations soient les premières à être vaccinées.
C'est l'un des plus grands défis auxquels le monde est confronté aujourd'hui. La pandémie a certainement fait payer un lourd tribut aux pays riches, avec les Etats-Unis qui enregistrent le plus grand nombre de cas, ainsi que le plus grand nombre de décès, lesquels s'élèvent à plus de 300 000. L'UE déplore quasiment autant de victimes. Les économies de ces pays ont été brutalement touchées, et nombre de leurs sociétés sont maintenant soit en conflit avec le gouvernement, soit en proie à des remous internes. Il est donc tentant pour tout dirigeant de se procurer le vaccin et de se racheter en l'offrant à son peuple. Cela pourrait augmenter sa cote, peut-être même réduire le nombre de décès et de contaminations. Mais ce serait là une stratégie peu clairvoyante, et on pourrait même dire autodestructrice qu'un dirigeant adopterait.
Depuis le début du développement des vaccins, au début de cette année, de nombreux scientifiques et des institutions, comme l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ont appelé à une distribution équitable des vaccins et des infrastructures de soins de santé nécessaires pour lutter contre le virus.
Maintenant que le processus de l'immunisation, il est essentiel que la distribution des vaccins se fasse équitablement, plutôt que selon l'influence des nations les plus riches.
Plusieurs études menées par des universités et des instituts de recherche de premier plan ont évalué les conséquences si les pays riches monopolisent de grandes quantités de vaccins pour les entreposer. Stocker les vaccins apporterait des gains négligeables aux nations riches, mais aurait un impact catastrophique sur les nations pauvres. Dans l'un des scénarios, selon GAVI, l'alliance mondiale du vaccin, une étude a montré que si cinquante pays à revenu élevé monopolisent les deux premiers milliards de doses de vaccin contre la Covid-19 à 80% d'efficacité, 33% des décès pourraient être évités dans le monde. Si le même vaccin est cependant distribué équitablement, en fonction de l'importance de la population de chaque pays, on pourrait éviter jusqu'à 61% des décès.
Les chercheurs ont aussi constaté que les avantages limités du monopole seraient bien moins importants que les pertes dévastatrices que subiraient les pays à faible revenu si les pays riches ne collaborent pas. Ils estiment que si l'Europe occidentale stocke les doses, 74% des décès seraient évités, contre 55% pour une stratégie de coopération. En revanche, une Europe ouverte au partage préviendrait 93% des décès en Afrique de l'Ouest et 62% en Asie du Sud-Est.
Les pays plus riches doivent non seulement accepter de partager les vaccins, ils doivent aussi garder un œil vigilant sur les prix facturés par leurs sociétés pharmaceutiques aux pays les plus pauvres. Les sociétés pharmaceutiques américaines Pfizer et Moderna ont établi leurs objectifs de prix à un niveau extrêmement élevé, avec un coût total de vaccin d'environ 40 $. En revanche, l'alliance Oxford-AstraZeneca propose un prix aussi bas que 3 $ la dose.
Dans ce contexte, l'initiative menée par l'OMS pour développer le projet Covax spécifiquement pour les pays les plus pauvres, est la bienvenue. Elle a déjà réservé 200 millions de doses, qui seront disponibles l'année prochaine. Son objectif est de fournir 2 milliards de doses d'ici la fin de 2021 aux 186 Etats qui ont rejoint l'alliance.
Même pour les pays développés, le coût de la vaccination est un défi, car il devrait, du moins initialement, être couvert par les budgets de la santé des gouvernements, qui sont déjà fortement sollicités en raison du choc économique de la pandémie. Pour les pays en développement, le défi est encore plus grand. Ils doivent non seulement trouver les fonds pour payer les vaccins, mais ils doivent également construire l'infrastructure nécessaire pour effectuer des vaccinations en masse. Cela nécessite une chaîne du froid efficace pour stocker et transporter le produit, ainsi qu'une infrastructure et un personnel de santé pour les distribuer à la population.
Cela ne peut pour la plupart venir qu'avec une aide extérieure, et sans aucune obligation financière. Si le monde veut repousser la Covid-19, ou même l'éliminer totalement, il doit alors coopérer comme il ne l'a jamais fait auparavant dans l'histoire de l'humanité. Nos dirigeants d'aujourd'hui, tant dans les affaires que dans les gouvernements, sont-ils à la hauteur de la tâche?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.