Sahara : Le Costa Rica appuie l'autonomie sous la souveraineté du Maroc    Royal air Maroc inaugure une liaison directe Bruxelles-Tétouan    Tourisme : Le Maroc accueille le forum des voyagistes français    Le Sénégal réussi à retirer le soutien de l'UA à la candidature de Macky Sall à l'ONU    Championnat de l'UNAF : Le Maroc bat l'Algérie    Championnat UNAF : Les Lionceaux de l'Atlas face à un duel décisif contre l'Algérie    Les Lionceaux de l'Atlas dominent l'Algérie à la mi-temps avec un score de 2-0    Le Maroc affronte l'Equateur pour le premier test du nouveau sélectionneur    Weather alert: Heavy storms and snow expected in Morocco    Sáhara: Costa Rica apoya la autonomía bajo la soberanía de Marruecos    Visa y SWAM se asocian para asegurar los pagos en Marruecos    The Kingdom of Morocco and the Republic of Costa Rica reaffirmed on Friday in Rabat their commitment to giving their bilateral relations new momentum based on structured political dialogue and strengthened cooperation.    Ifquirn : Du Maroc à la France, les chibanis se racontent à Gennevilliers    Madagascar forme son nouveau gouvernement    Sénégal 2050 : le numérique au cœur de la stratégie nationale    Affaire Gims : l'artiste entendu par un juge d'instruction, une mise en examen envisagée    Nasser Bourita : «Le Maroc considère que la Cisjordanie et sa stabilité sont des prérequis pour la réussite de tout processus concernant Gaza»    Le Maroc prolonge son partenariat avec l'UE pour la recherche et l'innovation en Méditerranée    États-Unis: le pôle DGSN-DGST salué dans deux opérations internationales contre des réseaux criminels    Akdital dépasse les 4 MMDH de chiffre d'affaires et accélère sur l'international    La Bourse de Casablanca bascule dans le rouge à la clôture    CAN 2025 : vers une saisie judiciaire du trophée au Stade de France ?    Le Maroc décroche le Prix d'Or de la Revue de Malabo    Rachid Benali : "La fermeture du détroit d'Ormuz risque d'impacter la production"    OMPIC : 7.874 entreprises créées en janvier 2026    Industrie automobile : la puissance marocaine mise à l'épreuve    Loubna Ouidat : "Nous voulons que l'éleveur ne soit plus à la merci du marché"    Akdital : un chiffre d'affaires de 4,4 milliards de DH en 2025    Un premier salon dédié à l'orientation scolaire    Lalla Oumkeltoum préside le 1er CA de la Fondation Lalla Oumkeltoum pour la santé mentale    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Amir Ohana recadre fermement : «Le Maroc est une ligne rouge»    « K1 », la nouvelle série policière sur 2M, dès le 31 mars 2026    Will Smith séduit par l'Angola et prêt à y tourner « Bad Boys »    Côte d'Ivoire : 4 destinations incontournables pour l'été    « Let's Play » : Quand la photographie devient un acte de résistance poétique    Équateur: Un adversaire solide face au Maroc avec une identité du jeu confirmée    Femmes et sport, le pouvoir reste-t-il un terrain masculin ?    Congrès US : Une fidèle de Trump veut classer le Polisario entité terroriste    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    FAO : la guerre au Moyen-Orient, un choc pour la production alimentaire mondiale    Etats-Unis : Appel à la fermeture des camps de Tindouf    Match amical Maroc - Equateur : Près de 1 000 agents mobilisés dans le sate de Madrid    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    Sahara : La République Tchèque soutient le plan d'autonomie marocain    Israël : Ziv Agmon démissionne après des propos racistes sur des députés d'origine marocaine    «L'héritage inconnu» : Mohamed Ouachen rend hommage à Fatema Mernissi au théâtre    Essaouira accueille « La Dolce Vita à Mogador 2026 », vitrine du cinéma italien au Maroc    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



A dire vrai... La démocratie... revisitée sur les bords du Nil
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 17 - 07 - 2013

Je suis ravi de revoir mon ami Dr Houssein à Athènes. Deux raisons à cela. D'abord, nous travaillons ensemble, avec d'autres experts, sur comment faire évoluer les économies méditerranéennes vers des modèles de production et de consommation durables. Ensuite, il est égyptien. Et ce qui se passe en Egypte est préoccupant. Je lis les journaux, défriche les éditoriaux, écoute les radios, suis les débats télévisés. Pourtant, je n'arrive toujours pas à me faire une religion sur les remous qui secouent ce pays.
– Houssein, je vais enfin comprendre ce qui se passe chez toi. J'ai deux questions à te poser.
– Vas-y, je t'écoute, dit mon ami avec un sourire avenant.
– Tu vois, comme tout le monde, je suis scotché à ce qui se passe chez toi. Après tout, l'Egypte n'est pas n'importe quel pays. Vous avez hérité d'une grande civilisation. Vous êtes riches de savants, d'artistes, d'écrivains, de poètes, d'une histoire fabuleuse. Bref, ce qui se passe dans ton pays finit par impacter forcément les autres dans la région, tu es bien d'accord ?
Houssein a un sourire embarrassé. Il attend où je veux en venir.
– Ce qui me frappe, ce sont ces vingt millions d'Egyptiens qui, un an après avoir élu Morsi, occupent place Tahrir depuis le 30 juin dernier et demandent son départ. Peu importe ce qu'ils lui reprochent. Ce qui me fascine c'est que l'Egypte a inauguré un paradigme de la démocratie sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Pour la première fois, un peuple n'attend pas le terme du mandat légal au président élu ! Il se lève comme un seul homme et demande son départ bien avant !
– Juste, réagit Houssein. Et c'est exactement ce qui s'est passé.
– Non malheureusement ! Ce n'est pas ce qui s'est passé ! L'armée est intervenue ! Ça a tout gâché ! Tu n'enlèveras de la tête de personne que c'est un coup d'Etat. Le changement se fait par les urnes. Quand bien même l'armée aurait éloigné le spectre du passage sous la coupe des religieux.
Mon ami se met à rire de mon désappointement.
– Rassure-toi, fait-il. C'est le peuple qui a démis Morsi. L'armée n'y est pour rien. Que lui reprochons-nous ? Ce n'est pas tant d'avoir voulu appliquer la charia. Il ne l'a d'ailleurs pas fait. La situation économique est certes épouvantable. Mais qui peut faire mieux ! En fait, avec ses Frères, Morsi a voulu saturer les rouages de l'Etat. Il a indisposé le peuple par son autoritarisme et son incompétence. Au lieu d'un chef d'Etat, nous avions un chef de parti. Résultat, il a suscité le rejet unanime de sa personne. Dans les manifestations il y avait certes des laïcs et des libéraux, mais aussi beaucoup d'islamistes, et bien des femmes. Même le parti salafiste Al-Nour est descendu dans la rue.
Houssein s'assure que je suis toujours ses explications et poursuit :
– Plus étonnant ! Nous n'avons pas attendu le 30 juin pour solliciter l'armée. Ça fait six mois qu'on lui demande de dégommer Morsi. Les militaires ont refusé. Ils ne voulaient prendre parti pour aucun. Morsi demanda ensuite à la police d'intervenir. Elle a refusé. Puis il demanda à l'armée. Elle préféra là encore rester neutre. Morsi utilisa alors les milices. Se sentant menacé, il se prépara à l'escalade. Il voulut faire de Sissi ce qu'il avait fait de Tantaoui. Le remplacer par des généraux plus dociles. Sissi a compris cela.
Je note tout ce que me dit Houssein.
– Et contrairement à ce qu'on pense, la manif du 30 juin à la place Tahrir n'était nullement contre Morsi ! C'était un appel du peuple à Sissi pour qu'il intervienne avant qu'il ne soit trop tard. Car ou lui ou Morsi ! Et le peuple avait besoin de Sissi pour le débarrasser de Morsi.
– Tu racontes ça comme si l'Egypte était un vase clos, comme s'il n'y a pas d'influences externes.
– Bien sûr, les pressions ne manquent pas, rétorque Houssein. Les Occidentaux, les Monarchies du Golfe, l'Iran, chacun pousse ses pions comme il peut. Mais au final, c'est une affaire entre le peuple, la police et l'armée. Ils se sont tous ligués pour la même cause.
Je soupire et dis :
– Je veux bien te croire, mais… difficile de faire admettre ça aux gens. En dehors des urnes, ça reste un coup d'Etat, donc anti-démocratique.
– Tiens donc, réagit mon ami ! Quand le peuple a rejeté Moubarak, c'était bien avec l'aide de l'armée, n'est-ce pas ? Bizarre que personne n'ait trouvé que c'était anti-démocratique ! Pourtant, Moubarak a été légalement élu ! Et pas rien qu'une fois ! À moins que l'on dénie au peuple égyptien le droit d'innover, d'exercer la démocratie directe, de renvoyer directement ses présidents quand il le juge nécessaire ! Je comprends que ça inquiète…
_ … ? ? ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.