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Espagne : Xénophobie et méfiance
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 15 - 04 - 2004

À la faveur des attentats de Madrid, le 11 mars dernier , une journaliste de «La Razon» s'est glissée dans le personnage d'une femme musulmane qui porte le voile. Insultes, racisme et rejet… Elle a été traitée par les madrilènes comme une paria bonne à être méprisée. Le récit de cette journaliste projette une lumière crue sur la manière dont les membres de la communauté marocaine vivant en Espagne sont dorénavant perçus par la population espagnole. Des terroristes en puissance dont il faut se méfier
Les musulmans d'Espagne ont la peur au ventre. Ils ne sortent que rarement, ils limitent leurs déplacements au strict nécessaire. Quand ils s'aventurent dehors ils sont continuellement interrogés par la police. De plus en plus, des signes de xénophobie apparaissent, une conséquence directe des attentats du 11 mars. Pour illustrer tout cela, Lissette Bustamante, écrivain et journaliste cubaine, a réalisé un impressionnant reportage pour le compte de son quotidien espagnol, «La Razon». Pendant 72 heures, elle s'est mise dans la peau d'une musulmane et a parcouru la capitale espagnole, Madrid, pour ressentir et faire partager à ses lecteurs, les souffrances d'une partie de la communauté musulmane depuis les attentats terroristes du 11 mars.
La journaliste s'est vêtue en "Jilbab" et "Hijab", comme une authentique femme musulmane pratiquante et convaincue. Elle s'est rendue, aussi bien dans les quartiers les plus chics de Madrid que dans ses cités les plus populaires. Le constat a toujours été le même: le rejet. En répondant à des petites annonces concernant des appartements à louer, la journaliste a systématiquement essuyé des échecs. «Je suis une Espagnole comme vous, disait-elle à ses interlocuteurs, la seule différence c'est que j'ai embrassé l'Islam et le Coran». "Dites au Coran de vous louer un appartement!", lui répondit une propriétaire. Dans les rues, Bustamante reconnaît que les réactions des gens vont du dédain à la compassion. Certains la bousculent, d'autres font preuve de plus de respect.
Elle s'est rendue dans le quartier Leganes, exactement à quelques pas de la maison où des terroristes se sont faits exploser. La journaliste a choisi de s'assoire à un banc public où des habitants du quartier contemplaient les travaux de déblayage. Petit à petit ses voisins de bancs ont commencé à quitter les lieux, en lui jetant des regards culpabilisants et en lui susurrant des phrases telles que : "je me demande comment ils osent venir jusqu'ici?". En quelques minutes, Lissette Bustamante s'est retrouvée seule sur son banc. "J'ai ressenti la peur de la communauté musulmane", affirme la journaliste, musulmane de 72 heures. "Ma vie a changé pendant cette période", assure-t-elle dans son reportage.
A deux reprises, des chauffeurs de taxis, pourtant libres, ont refusé de répondre à ses appels.
Dans le quartier Vallecas, Bustamante rencontre des musulmanes, voilées également. Elles se partagent des "regards et des sourires complices et pleins de compassion".
En voulant déposer une bougie en hommage aux victimes des attentats de la gare d'Atocha, une vieille femme interpella Lissette en lui lançant: "Allumez plutôt la bougie chez vous, car vous êtes comme une terroriste".
En quittant Vallecas, Bustamante se dirige vers une agence de recrutement, à la recherche d'un travail temporaire. Elle présente ses diplômes à un employé, surpris de voir une femme voilée faire appel aux services de son agence. Bref, l'employé, assez courtois, n'y est pas allé par quatre chemins. Il lui a signifié clairement, qu'en dépit de ses diplômes universitaires, elle ne pourra espérer qu'un "petit boulot", notamment femme de ménage. "J'ai senti une forte douleur mélangée à de l'impuissance", reconnaît Bustamante.
En sortant de l'agence, elle se fait insulter par un piéton. En attendant le feu vert pour traverser, elle voit un homme cracher à quelques centimètres de ses pieds. Elle reste calme, malgré son indignation. Dans un magasin, Bustamante fait un tour dans le rayon lingerie. Un vigile ne la quitte pas d'une semelle. Il scrute tous ses faits et gestes. L'habit musulman suffit, à lui seul, à jeter le discrédit et le soupçon sur une personne. "Madrid est aujourd'hui une ville différente, la capitale espagnole est blindée", conclut Bustamante.
Que pense l'association des travailleurs et immigrés marocains en Espagne (ATIME) de ce reportage? De la pure exagération, estime son président Mustapha El Mrabet. Il rappelle que «La Razon» est un journal de droite, connu pour son hostilité au Maroc. La journaliste a provoqué ses interlocuteurs, dit-il. ATIME évite de jeter de l'huile dans le feu, c'est tout à fait normal. La xénophobie a toujours existé en Europe, et en Espagne. En fait, ce que souhaite ATIME, c'est que les MRE d'Espagne ne passent pas pour des victimes. Fierté marocaine oblige!


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