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Slim Kabbaj : Le label bio marocain officiel est une urgence
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 27 - 04 - 2014

ALM : Quels sont les axes de la stratégie de développement de la filière biologique et quel est le rôle de l'Amabio dans ce sens ?
Slim Kabbaj : Amabio représente le regroupement national des divers professionnels de la filière biologique: producteurs, transformateurs, certificateurs, fournisseurs d'intrants, distributeurs, exportateurs, chercheurs, et acteurs de l'agro-écologie et permet ainsi de créer les convergences indispensables et les complémentarités nécessaires à la réussite du cercle vertueux bio qui va de «la fourche à la fourchette». Les objectifs génériques de l'Amabio consistent à sensibiliser l'opinion publique et les producteurs aux dangers des pesticides et des OGM pour la santé et l'environnement et partant de l'intérêt qualitatif du bio, à aider dans la mise à la disposition des consommateurs des produits certifiés et authentifiés bio et enfin à donner au bio national une place significative sur les marchés internationaux.
Tous les professionnels reconnaissent que le Maroc présente des opportunités certaines dans le domaine du bio, compte tenu des terres encore peu exploitées par l'agro-industrie classique, sans pesticides et sans OGM, de la richesse des produits du terroir et de la variété des plantes aromatiques et médicinales et autres végétaux à l'état naturel sur le territoire. En vue d'exploiter au mieux ces atouts, le gouvernement et l'Amabio ont signé, en marge du SIAM 2011, un contrat-programme allant jusqu'à l'horizon 2020 et visant le développement de la filière biologique. La mise en œuvre des actions prévues dans ce contrat-programme est accompagnée par un programme d'investissement de 1,121 milliard de dirhams avec les axes stratégiques suivants (voir encadré).
Pour établir un cadre global du développement du bio, une série d'actions notables du ministère de l'agriculture et de l'Amabio est en cours. Il y a la mise en place de l'arsenal législatif et réglementaire nécessaire, régissant la production selon le mode biologique et la certification réglementée et le renforcement de l'organisation professionnelle Amabio et sa transformation en Fédération Fimabio pour structurer et regrouper l'ensemble des intervenants professionnels dans la filière et aussi l'agrégation des producteurs dans le cadre de projets intégrés.
Il y a aussi le renforcement des programmes d'encadrement, de sensibilisation et de formation des producteurs dans les différentes régions, l'incitation à la production bio à travers l'instauration d'une subvention pour les frais de certification, avec une approche territoriale ainsi que le renforcement de la composante recherche-développement visant la valorisation des ressources locales et l'optimisation de la conduite technique en vue de l'augmentation de la productivité, la compression des charges à la production et l'amélioration de la qualité et de la compétitivité.
L'Amabio vient de lancer une étude sectorielle sur cette filière. Quels sont les objectifs de cette étude ?
Il s'agit de prendre connaissance sur le terrain de l'état des lieux du bio au Maroc, en termes de superficie, de production, de types de produits, de typologie des exploitations, de la tendance des marchés, et ceci sur différentes régions. Cette étude est en cours de réalisation dans le cadre d'un projet de partenariat avec le gouvernement suisse appelé « Appui suisse aux associations professionnelles (ASAP)». L'achèvement de l'étude est prévu fin juin. Les résultats de cette étude nous aideront à définir en particulier des indicateurs de base en matière de production et de commercialisation sur les marchés locaux et à l'export.
Quel est le bilan d'étape du contrat- programme de la filière biologique ?
La surface agricole en bio est en nette évolution chez des producteurs moyens et petits, sur le plan de l'agriculture et de l'élevage. Le nombre d'adhérents augmente à l'Amabio, avec une organisation qui s'est régionalisée; ainsi la création des sections régionales est bien avancée, l'organisation des sessions de formation et des visites techniques interrégions au profit des producteurs a démarré.
La présence dans les salons nationaux et internationaux avec les produits nationaux bio est maintenant active et efficace, dans le cadre du contrat- programme et avec le soutien de Maroc Export et du Crédit Agricole. Pour ce qui est de l'aspect législatif, la loi n° 39-12 relative à la production biologique des produits agricoles et aquatiques est maintenant publiée au Bulletin officiel. La commission nationale chargée du développement du bio a été mise en place et est opérationnelle.
Les deux décrets pris pour son application sont en cours de publication et les arrêtés sont dans un processus de finalisation, en concertation avec les départements concernés et les professionnels de la filière. Par ailleurs, les professionnels ont mis en place des projets de grande ampleur ces dernières années et ont permis un saut qualitatif sur le plan de la production bio : la coopérative de produits agricoles et d'élevage Biolabeldi, la spiruline et Nutrimax, l'usine de cosmétiques Ormana sont des exemples tangibles.
La mise en place des grands marchés bio La Vie Claire à Casablanca et à Rabat, ainsi que le réseau de distribution Distribio avec des centaines de points de vente dans les pharmacies, les parapharmacies et les épiceries fines, ont représenté de grandes avancées pour la consommation et la commercialisation du bio au Maroc.
Quels sont les créneaux qu'il faut développer pour réussir à atteindre les objectifs de ce plan ?
De mon point de vue, quatre actions majeures vont donner un coup de fouet à ce programme et à l'atteinte des objectifs dont nous avons parlé. D'abord, les professionnels considèrent que le label bio marocain officiel, notamment le logo, est une urgence pour protéger la filière et le consommateur ; à cet égard il devient nécessaire et prioritaire d'interdire l'utilisation d'un logo ou d'une appellation quelconque sur un produit avec le mot bio si cela n'est pas certifié.
En effet, les dérives et les utilisations abusives du mot bio deviennent préoccupantes. Secundo, les textes réglementaires nécessaires à la structuration et l'agrément des sociétés de certification sont une deuxième priorité. La troisième priorité est de rationnaliser et actualiser les mesures d'accompagnement pour la production et l'attraction d'investissements pour la transformation.
Il est enfin plus que temps de développer le potentiel de produits et d'impulser une grande communication autour de marques marocaines bio et de qualité, avec un étiquetage attractif, éventuellement en se basant sur les produits de terroir et des produits beldi valorisés par le Plan Maroc Vert, mais certifiés bio.
Et quelles sont vos perspectives pour cette filière aussi bien sur le plan national qu'international ?
Nous avons décidé que 2014 soit l'année du bio au Maroc et nous voulons créer dans ce cadre un vrai débat autour du bio, de la production à la consommation, et impulser un grand saut qualitatif et quantitatif. Notre ambition porte sur le développement d'un marché national dynamique avec une consommation de produits certifiés bio, crédibles, connus et reconnus.
Nous avançons à bonne vitesse nos réflexions et nos actions en matière de commercialisation sur le territoire, dans des points de vente spécialisés et aussi sur les marchés locaux de fruits et légumes ou encore sous forme de paniers bio.
Depuis quelques années, nous sommes présents sur les grands marchés internationaux. Deux huiles d'olive marocaines ont été primées en 2013 et 2014 au plus grand salon du bio : le Biofach en Allemagne, où le stand marocain a été remarqué et beaucoup apprécié.
La multiplication de marques nationales et de qualité garantie est notre grand espoir et ouvrira de nouvelles perspectives pour bien d'autres richesses locales sur le plan alimentaire et du bien-être. Plus ces produits seront disponibles et répondront aux besoins du consommateur et plus les prix baisseront, et partant plus les avantages sur la santé et la protection de l'environnement seront palpables sur le plan national.


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