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La gangrène d'une commune
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 10 - 10 - 2002

Moulay Abdellah. Une commune où la gestion unilatérale,archaïque et anarchique bat son plein et où le président, des entrepreneurs en bâtiment et des fournisseurs trouvent aisément leurs comptes sans grands efforts!
L'ère nouvelle est au Zénith! Depuis l'avènement de S.M le Roi Mohammed VI et du gouvernement de l'alternance, notre pays ne cesse de progresser à pas de géants vers une démocratie digne des pays précurseurs en la matière. Ainsi, de nombreux changements opérés pour sa consolidation ont installé ce sentiment d'assurance et ce grand espoir d'un Maroc nouveau et moderne au sein des populations. Et si le scrutin du 27 septembre a confirmé ce processus décisif et bénéfique pour tous les Marocains, on ne peut ignorer, cependant, outre les réformes effectuées, que le souci et la préoccupation de l'Etat quant à la bonne utilisation des deniers publics ont été toujours d'actualité.
C'est ainsi qu'on voit encore des présidents de collectivités locales incriminés et traduits devant la justice. Cela n'honore certes, ni le pays et encore moins notre jeune démocratie encore balbutiante,tâtonnante et véritablement fragile. Des élus véreux,corrompus et corrupteurs ne meublent(hélas!)que trop l'environnement de nos collectivités locales!Leurs méfaits s'étalent au grand jour et injectent une dose de déception dans les esprits des citoyens. Trop de scandales ! Trop de magouilles !Trop de procès ! Notre climat social n'en est que désagréablement alourdi. L'Etat a multiplié, certes,les colloques,les séminaires et les journées d'étude à l'intention de nos "honorables" élus. Mais rien n'a eu raison de cette gangrène qui mine le corps et le champ de nos communes. Et s'il y en a une qui défraie,comme toujours, la chronique dans la région, c'est bel et bien la richissime commune de Moulay Abdellah. En effet, les scandales y prolifèrent, les détournements de fonds et autres malversations sont devenus le lot quotidien de cette commune. Combien de présidents sont devenus,comme par enchantement, possesseurs de richesses énormes.
Alors que dans leur passé, ils ne trouvaient de quoi subvenir à leurs besoins et à ceux des leurs! Il est vrai que ces sans scrupule sont le résultat et la conséquence des conditions dans lesquelles ces élus ont été conduits à leurs postes. Il n'y a pas donc lieu de se lamenter sur le sort. Puisque dans le passé, l'utilisation de l'argent sale, la tolérance des actes de fraude et le recours à des pressions administratives n'ont fait qu'enfanter ces diables usurpateurs pour qui l'intérêt personnel prime devant celui de la communauté. Mais devrait-on , pour autant,fermer les yeux et attendre les prochaines élections communales pour aspirer à une gestion saine et honnête? Y songer serait une erreur monumentale pour ne pas dire un crime envers tout un peuple ! Car aucune réforme de textes ne pourrait suffire pour éradiquer le mal à la racine. Si un grand nombre de démocrates prônent une révision à la source de tout le système en ne retenant que les candidats présentant des garanties nécessaires, quitte à instaurer un cahier des charges très précis et très contraignant qui éliminerait tous ceux qui ne verraient dans la commune qu'une vache à lait bonne à traire à satiété, il est encore plus judicieux de donner l'exemple en sanctionnant tous ceux qui se sont permis de dilapider les biens communaux pour leur seul profit et celui des leurs.
Le cas de la C.R de Moulay Abdellah est édifiant. Voilà bien une commune où la gestion unilatérale,archaïque et anarchique bat son plein et où le président, des entrepreneurs en bâtiment et des fournisseurs trouvent aisément leurs comptes sans grands efforts! Pourquoi ne pas commencer,de nouveau, par là? Il existe bel et bien des marchés douteux,des transactions louches et des comportements illégaux! Et pour exemples, on peut citer un cas concernant les factures n°107/01-CE d'un montant de 17.638,88 DH et 109/01-CE de 3460,47 DH relatives aux travaux de branchement BT du centre commercial pour un seul compteur 4 fils sis à Sidi Bouzid et un autre d'une maison RDC au Douar Daïjat à Moulay Abdellah. Or jusqu'à preuve du contraire, la commune n'est propriétaire d'aucune résidence en ces lieux! Une enquête est, donc, indispensable ainsi que sur l'octroi d'autorisations d'exploitation commerciale interdite par les lois en vigueur. Comme c'est le cas de cette téléboutique au centre balnéaire de Sidi Bouzid et du centre commercial dont les propriétaires se sont emparés de domaines publics pour y édifier leurs boutiques!
Il ne suffit pas donc de veiller à ce que la prochaine opération électorale se passe dans les meilleures conditions de transparence et d'égalité de chances. Bien au contraire, toutes les structures de contrôle doivent, également, opérer en toute indépendance et impartialité pour effectuer les audits et les inspections.
Déjà l'ancien président doit répondre de ses méfaits devant la Cour spéciale de justice. On ne voit pas pourquoi pas d'autres aussi véreux et corrompus que lui ne suivraient pas le même chemin! La commune de Moulay Abdellah souffre le martyre. Le comportement de son président et de certains de ses élus donne le mauvais exemple et nuit terriblement à la démocratie locale. Autant donc resserer l'étau de la loi sur les malfaiteurs.
• Azzeddine Hnyen
Correspondance régionale


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