Rabat. SM le Roi Mohammed VI préside un Conseil des ministres    Laftite a présenté la nouvelle génération des programmes de développement territorial au Roi Mohammed VI    Changement du mandat de la MINURSO : l'Algérie courtise le Canada    Un étudiant marocain sauve une femme en Chine et salué comme un héros    Finale de la CAN : Les sujets embarrassants lors de la conférence de presse de Motsepe    Bebidas energéticas en Marruecos: llamado a restringir el acceso a menores    GITEX Africa Morocco 2026 : Huawei met en lumière une nouvelle dynamique de croissance intelligente pour l'Afrique    CAN 2025 : Patrice Motsepe confirme la position de la CAF, le Maroc conforté    Futsal : les Lions de l'Atlas de sortie ce vendredi à Berkane    Sécurité : Hammouchi reçoit le ministre délégué chargé de la Coordination des Services spéciaux de Pologne    Patrice Motsepe à Rabat : appel à l'unité après les tensions de la CAN 2025    La Mimouna... une mémoire vivante du vivre-ensemble marocain qui se renouvelle chaque année    Kenya expressed on Thursday its support for autonomy under Moroccan sovereignty and affirmed its intention to cooperate with like-minded States to promote its implementation.    Licences et masters : étudiants, enseignants et facultés… ce qui change    «Terrorisme d'Etat» : La réaction discrète de l'Algérie aux accusations françaises    La discrétion héroïque d'un étudiant marocain enflamme la toile chinoise    Liban: le bilan des frappes israéliennes de mercredi monte à 203 tués et plus de 1.000 blessés    L'ADD et Concentrix scellent un partenariat stratégique pour accélérer la transformation digitale au Maroc    Véron Mosengo-Omba rejette toute accusation de favoritisme de la CAF en faveur du Maroc    Partenariat stratégique entre le MJCC et Huawei pour le développement du gaming et des industries numériques au Maroc    Au Sénégal, Motsepe nie tout favoritisme envers le Maroc et appelle à l'unité    Liban. Le chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne.    Folk : Réinventer la gestion des relations    « Nids vides »: la nouvelle réalité des familles marocaines (Enquête HCP)    inwi : c'est parti pour le premier réseau 5G privé industriel au Maroc ! (VIDEO)    MFC et Bank of Africa : partenariat pour l'innovation financière    Marchés publics : les seuils de publication revus à la hausse    CAN 2025. L'édition la plus réussie de l'histoire selon Motsepe    Moncef Zekri au cœur d'un dossier brûlant entre l'Italie et l'Angleterre    Fès : le stade Hassan II sera reconstruit pour 400 millions de DH    Concentrix dévoile une adoption massive de l'IA, freinée par la confiance    Maroc-France-UE : Deux initiatives pour renforcer la migration régulière    Sur Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, Nasser Bourita préside les travaux de la 5e Commission mixte Maroc-Niger    Casablanca : Arrestation pour incitation au meurtre de personnes de religions différentes    Casablanca: Detención por incitación al asesinato de personas de diferentes religiones    Météo. Averses orageuses et chutes de neige de jeudi à dimanche dans certaines provinces    Droit à l'éducation au Maroc : l'ONDE et l'UNESCO scellent un partenariat    Philip Morris Maghreb met en lumière l'IA comme moteur d'innovation et de recherche scientifique    Sahara marocain : le Kenya soutient l'autonomie sous souveraineté marocaine    Le Maroc et le Kenya tiennent leur 1ère Commission mixte de coopération, 11 accords signés    Maroc : comment le Mondial 2030 peut booster les industries culturelles et créatives    Orange Maroc : Le musée s'ouvre au monde, en un clic    Cannes 2026: «La Más Dulce» de Laïla Marrakchi en compétition dans la section «Un Certain Regard»    Une femme du Néolithique marocain renaît grâce à la reconstruction faciale par Ancestral Whispers    Fès sacrée capitale de la société civile marocaine pour l'année 2026    Le Maroc salue l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran    Rosé Days débarque au Maroc    Etats-Unis Iran. La trêve    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les peintures de la discorde
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 11 - 10 - 2002

L'annonce par ALM de la découverte de peintures rupestres dans la région de Tan-Tan a provoqué plusieurs réactions de la part des archéologues marocains. Certains s'expliquent sur les raisons du silence observé au sujet de cette découverte, d'autres réfutent les hypothèses qui ont été formulées à son égard. Le débat est ouvert.
L'article paru dans le numéro 232 de ALM a suscité plusieurs réactions dans le milieu des archéologues au Maroc. Cet article informait sur la découverte de peintures rupestres dans la région de Tan-Tan par une femme nomade nommée Fatimatou Malika Bent Benatta. Mohssine El Graoui, directeur du Centre national du patrimoine rupestre, estime que cette découverte est certes exceptionnelle, mais il ajoute que c'est en raison de cela justement que « nous sommes obligés de la tenir en secret pour préserver le site jusqu'à la réalisation d'une étude scientifique et l'élaboration d'un plan pour sa protection. » Il précise que cette découverte remonte à une année et demie, mais que « la préservation de notre patrimoine de la dégradation et du pillage nous oblige à rester très vigilant. » Une mission est prévue à cet égard au mois de décembre pour inventorier les sites préhistoriques dans cette région.
Le Groupe de recherche sur les inscriptions amazighes du Maroc, constitué des archéologues Ahmed Skounti, Abdelkhalek Lemjidi, El Mustapha Nami, se félicite pour sa part de la divulgation de l'information. Nous nous réjouissons que «Aujourd'hui le Maroc » ait publié la nouvelle d'une découverte capitale pour l'archéologie et l'histoire de l'art telle que le site de peintures d'Azguerve» estiment ses membres dans un communiqué. Ils ajoutent qu'il est «réconfortant que, pour une fois, la découverte soit attribuée à son véritable auteur anonyme, Madame Fatimatou Malika Bent Benatta, et non à quelque “scientifique” ou “amateur”» . Ils saluent l'initiative de l'archéologue Robert Letan qui s'est déplacé dans le site et en a informé le public via notre journal. En revanche, ils considèrent que ses interprétations sont très peu convaincantes.
La datation des peintures d'abord. « À notre connaissance, aucun site de peintures au Maroc n'a fait l'objet d'une datation absolue, ni au Carbone 14 ni à l'aide d'aucune autre méthode » précise le communiqué. Ses auteurs considèrent que le chiffre de 4000 ans avancé par Robert Letan n'a aucune valeur scientifique. « Il émane d'un préjugé qui tend toujours à rajeunir les sites africains en les comparant avec les sites franco-cantabriques ».
En atteste, selon les auteurs du communiqué, la référence par Letan au site de Lascaux qui remonte à 17 000 ans. Quant à l'hypothèse formulée par Letan au sujet des représentations qui confirment que des personnes originaires d'Afrique sub-saharienne sont venues s'établir au Maroc où il y avait un grand fleuve (Draâ), une région fertile et des animaux», elle est jugée aberrante par le Groupe de recherche sur les inscriptions amazighes. «Que les traits des personnages représentés à Azguerve soient négroïdes, quoi de plus normal dans une zone à la croisée de deux grandes régions africaines, l'Afrique du Nord et l'Afrique sub-saharienne.» Par conséquent, les membres de ce groupe estiment qu'il n'y a pas lieu de considérer les populations noires comme étant étrangères à notre pays. « Il n'y a qu'à voir le peuplement du Sud de l'Atlas pour se convaincre que la population noire du Maroc ne se réduit pas à quelques esclaves ramenés du Soudan par les souverains saâdiens. C'est, au contraire, une population beaucoup plus ancienne et très tôt établie sur les cours d'eau et les oasis.» Voilà pour les objections formulées à l'égard des interprétations de Robert Letan. Le débat est ouvert au sujet des personnes représentées dans les murs du site d'Azguerve.
Pour le reste, la découverte des peintures de ce site n'est pas la seule du genre dans le sud du Maroc. Que ce soit le directeur Centre national du patrimoine rupestre ou les archéologues du Groupe de recherche sur les inscriptions amazighes, ils sont unanimes à reconnaître que la région cache de véritables trésors archéologiques. Il reste à savoir pourquoi ces sites sont très peu dévoilés au public, et pourquoi ne fait-on rien pour les valoriser. Sachant pertinemment que la pire des dégradations qui menace un site de cette nature est la négligence ou le désintérêt.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.