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Les agences doivent faire leur propre police
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 03 - 11 - 2003

Il y a plusieurs cas où la profession, via le comité consultatif s'est opposée à l'attribution d'une licence. Rarement, on en tient compte au ministère du Tourisme. La meilleure manière, selon Otman Chérif Alami, président de Atlas Voyages, leader marocain des voyages et des incentives, c'est de donner à la profession les moyens de faire sa propre police.
ALM : Beaucoup de problèmes à propos de l'opération de la Omra ? Les agences de voyages sont-elles fautives ?
Othman Chérif Alami : Il y a toujours des problèmes dans toutes les professions. Le problème n'est pas seulement lié à la OMRA. Il faut que le ministère du Tourisme professionnalise l'organisation des voyages à l'étranger. Aujourd'hui, l'on se rend compte que l'affaire d'Egyptour est un problème incompatible avec notre métier.
Que fait le ministère du Tourisme?
On a demandé au ministère du Tourisme, qui en dernier ressort est le signataire d'une licence donnant à une agence de voyages le droit d'exercer, de nous donner les moyens de faire notre propre police interne. Là où il y a péril en demeure, c'est le manque de pouvoir du comité consultatif des agences de voyages. Il faut l'appuyer, lui donner plus de moyens. Il y a eu des cas où nous nous sommes opposés à l'attribution d'une licence. Mais le ministère a souvent passé outre notre avis. Je pense que les professionnels doivent avoir leur mot à dire. La Fédération envisage incessamment de présenter un mémorandum au ministère du Tourisme.
Il y a trop de souplesses actuellement. Le professionnel doit être responsable au vu de la loi, tout comme le pharmacien. Malheureusement, on ne réagit que quand il y a catastrophe. Comment par ailleurs, s'expliquer que des fournisseurs continuent à faire confiance aux agences de voyages et à s'engager avec elles. Nous savons tous, dans la profession, que Leicester Tours n'avait pas suffisamment de capacités. Dispose-t-elle d'une autorisation de l'Office des Changes ?
Bref, ce dont on doit absolument revoir, c'est tout le système et pas seulement la OMRA. La capacité d'une agence de voyages à organiser un voyage à l'étranger doit pouvoir être vérifiée.
L'absence d'encadrement légal de la OMRA n'est-elle pas propice à des cas comme ceux que nous venons de voir ?
A mon sens, il y a pourtant beaucoup de contraintes légales. Les professionnels ont toutes les difficultés du monde pour organiser ce type de voyages. Nous sommes obligés, entre autres, d'avoir un réceptif saoudien. Mais, il subsiste quelques laxismes. Et ça passe à travers les mailles.
Il faut dire que la rapidité du traitement des dossiers de visas n'est pas de notre ressort. Il faut quand même constater qu'une bonne tranche de la population se laisse influencer par des «regroupeurs» dont le rôle est d'alimenter certaines agences de voyages.
Ces intermédiaires présentent plusieurs dossiers groupés contre une commission sonnante et trébuchante. Naturellement, les agences en question disposent souvent de peu de capacités. D'où le problème. Ces 120 personnes de Leicester Tours se sont-elles présentées toutes seules à cette agence ?
Pour plus de déontologie dans la profession, ne faut-il pas donner son plein sens à l'agrément ?
Effectivement. Notre profession a demandé au ministère du Tourisme de faire en sorte qu'il y ait plus d'équilibre entre le détenteur d'agrément et le propriétaire de l'entreprise. Tous ces problèmes portent atteinte à une profession et aux professionnels fatigués aujourd'hui de voir retomber sur eux les agissements de quelques agences qui n'existent que durant la Omra.
Il est grand temps que le ministère fasse un contrôle et un inventaire des agents de voyages. Il faut aussi revoir le Comité Consultatif des Agences de Voyages.


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