Alors que l'autre demi-finale entre le PSG et le Bayern Munich s'apparente à un choc de titans digne d'une finale anticipée, l'affiche entre l'Atlético Madrid et Arsenal propose un tout autre récit. Mercredi, à 20 heures, deux clubs en quête de consécration européenne s'affrontent avec un objectif commun : en finir avec leur réputation d'éternels recalés. Arsenal et l'Atlético Madrid partagent une trajectoire marquée par la frustration. Dans leurs championnats respectifs, les deux formations ont longtemps été reléguées au second plan, incapables de franchir la dernière marche malgré des parcours souvent remarquables. Côté madrilène, l'Atlético traîne un lourd passé en Ligue des champions, avec trois finales perdues (1974, 2014, 2016), dont deux face au rival du Real Madrid. À cela s'ajoutent des désillusions récentes, comme la finale de Coupe du Roi perdue aux tirs au but face à la Real Sociedad. Arsenal n'est pas en reste. Le club londonien espère retrouver la finale pour la première fois depuis 2006, année où il s'était incliné contre le FC Barcelone. Mais contrairement à son adversaire, les Gunners n'ont pas réussi à enrichir leur palmarès européen entre-temps, malgré quelques succès nationaux limités. Depuis son dernier titre de champion d'Angleterre en 2004, Arsenal s'est souvent contenté des places d'honneur en Premier League, alternant entre deuxième et quatrième position. Cette saison encore, alors qu'ils semblaient filer vers le sacre avec une avance confortable sur Manchester City, les Londoniens pourraient tout perdre dans le sprint final. Les échecs en Coupe de la Ligue et en FA Cup viennent renforcer ce sentiment d'inachevé. Depuis son arrivée en 2019, l'entraîneur Mikel Arteta tente de transformer cette culture de l'échec. Une mission délicate, parfois tournée en dérision par les adversaires, à l'image des moqueries du club de Southampton sur les ambitions affichées par Arsenal. Malgré tout, les Gunners peuvent encore rêver grand. Solides leaders lors de la phase de groupes et convaincants en phase à élimination directe, ils restent en course pour un doublé championnat–Ligue des champions, une performance qui marquerait un tournant après des années d'éliminations précoces sur la scène européenne. « Nous avons accompli quelque chose d'inédit dans l'histoire du club », soulignait Arteta après la qualification face au Sporting, synonyme d'une deuxième demi-finale consécutive en C1. En face, l'Atlético affiche la même ambition. Recruté en 2024, Julián Álvarez incarne ce renouveau et cette volonté d'écrire enfin une nouvelle page de l'histoire du club. Malgré la récente déception en Coupe du Roi, les Colchoneros veulent croire en leur destin. Leur entraîneur Diego Simeone résume l'état d'esprit de son équipe : une capacité à rebondir sans cesse, à se relever après chaque chute et à poursuivre la lutte. Conscient de la difficulté du défi, notamment après la lourde défaite concédée face à Arsenal en début de saison (4-0), le technicien argentin s'attend à une confrontation particulièrement disputée.