À quelques semaines de son coup d'envoi, le festival Mawazine – Rythmes du Monde se retrouve à nouveau au cœur de la controverse. En cause : le choix de l'artiste égyptien Hassan Shakosh pour assurer le concert d'ouverture, une décision qui a rapidement déclenché un débat animé au sein des milieux culturels et médiatiques. Ce qui devait être un signal fort pour lancer la 21è édition s'est transformé en sujet polémique. Pour une partie des observateurs, l'invitation de Shakosh marque un éloignement de la ligne artistique historique du festival, longtemps associée à des têtes d'affiche internationales et à des performances scéniques de haut niveau. D'autres, en revanche, estiment que ce choix reflète simplement l'évolution du paysage musical, dominé aujourd'hui par les tendances numériques et les artistes à forte audience sur les plateformes de streaming. Le nom de Hassan Shakosh, figure emblématique de la musique "mahraganat", ne laisse pas indifférent. Si son succès populaire est indéniable, certains critiques pointent un style axé sur le rythme et les effets sonores, parfois au détriment de l'interprétation live. La question du recours au playback ou aux outils numériques revient également dans les critiques, certains y voyant un décalage avec l'image d'exigence artistique que Mawazine a construite au fil des années. Entre attentes du public et réalité du marché À l'inverse, plusieurs voix défendent cette orientation en soulignant que le festival doit aussi s'adapter aux goûts du public. Dans un contexte où les indicateurs numériques influencent fortement la notoriété des artistes, ignorer ces tendances pourrait éloigner une partie du public, notamment les jeunes générations. Le concert de Shakosh, prévu le 19 juin sur la scène Nahda, devrait ainsi miser sur une forte interaction avec le public et une ambiance festive, fidèle à son univers musical. Cette polémique intervient dans un contexte déjà sensible pour Mawazine. La précédente édition avait fait l'objet de nombreuses critiques, tant sur la programmation que sur l'organisation, avec des problèmes de coordination et de communication pointés du doigt. Dans ce climat, chaque décision artistique est désormais scrutée, et la 21e édition apparaît comme un test crucial pour restaurer la confiance du public. Malgré les critiques, Mawazine reste un rendez-vous majeur de la scène culturelle régionale. Mais au-delà des noms annoncés, l'enjeu principal est aujourd'hui de redéfinir son positionnement : trouver l'équilibre entre exigence artistique et popularité, tout en répondant aux attentes d'un public de plus en plus diversifié et exigeant. La polémique autour de Hassan Shakosh illustre ainsi un débat plus large : celui de l'identité d'un festival face aux mutations profondes de l'industrie musicale.