Au premier trimestre 2026, les filiales Moov Africa confirment leur rôle de relais de croissance pour Maroc Telecom. Portées par la data mobile, la data fixe et les services Mobile Money, elles affichent une hausse de leur chiffre d'affaires, une rentabilité en amélioration et une forte progression des flux de trésorerie opérationnels. Dans ses résultats du premier trimestre 2026 de Maroc Telecom, l'Afrique confirme son rôle stratégique. Le continent n'apparaît plus seulement comme un relais de diversification, mais comme l'un des principaux moteurs de croissance du groupe. Alors que les marchés télécoms évoluent partout vers davantage de data, de haut débit et de services financiers mobiles, les filiales Moov Africa affichent une dynamique solide, malgré un environnement concurrentiel et réglementaire difficile. À fin mars 2026, les activités internationales du groupe réalisent un chiffre d'affaires de 5,027 milliards de dirhams (MMDH), en progression de 8,5% sur un an. À change constant, la hausse ressort à 6,4%. Cette performance est portée notamment par la Data Mobile, la Data Fixe et les services Mobile Money. Cette évolution traduit un basculement comparable à celui observé dans d'autres marchés télécoms, où la croissance ne se construit plus sur les usages traditionnels, mais sur la profondeur des services numériques. La data et le Mobile Money changent l'équation Le principal enseignement de ce trimestre tient à la nature de la croissance. Moov Africa ne progresse pas uniquement par l'effet mécanique de l'extension de son parc clients. La dynamique repose sur l'évolution des usages. Les abonnés consomment davantage de data, les besoins en haut débit fixe se renforcent et le Mobile Money s'impose comme un levier complémentaire dans des marchés où l'accès aux services financiers reste un enjeu majeur. Cette transformation donne une portée plus large à la présence africaine de Maroc Telecom. L'opérateur ne se limite plus à fournir des services de connectivité classiques. Il accompagne la montée en puissance des usages numériques dans des économies où le mobile reste souvent le premier point d'accès à Internet, aux paiements et à certains services du quotidien. La baisse de la voix, longtemps moteur historique des télécoms, est ainsi absorbée par des relais plus modernes, plus récurrents et mieux alignés sur les nouveaux comportements des clients. Une rentabilité en nette amélioration La croissance des revenus s'accompagne d'une amélioration sensible de la rentabilité. L'EBITDA des filiales Moov Africa atteint 2,199 MMDH au premier trimestre 2026, en hausse de 11,2%. Le taux de marge d'EBITDA ressort à 43,8%, en amélioration de 1,1 point. Maroc Telecom attribue cette progression à l'amélioration du taux de marge brute et à la maîtrise des coûts opérationnels. Cette performance est importante. Elle montre que l'expansion africaine ne se fait pas au prix d'une dilution excessive des marges. Au contraire, les filiales améliorent leur contribution opérationnelle, dans un contexte pourtant marqué par des contraintes concurrentielles et réglementaires. Le résultat opérationnel, ou EBITA, progresse lui aussi de 7,4%, à 1,110 MMDH. La marge d'EBITA s'établit à 22,1%, en léger repli de 0,2 point, sous l'effet notamment de l'augmentation des amortissements liée aux investissements soutenus réalisés ces dernières années. Le cash-flow confirme la montée en puissance Au-delà du chiffre d'affaires et de l'EBITDA, le cash-flow donne une lecture encore plus significative de la solidité du trimestre. Les flux nets de trésorerie opérationnels des activités internationales ressortent à 786 millions de dirhams, contre 425 millions un an plus tôt, soit une progression de 85,1%. Cette hausse est portée par la croissance de la capacité d'autofinancement, qui a plus que compensé l'augmentation des investissements hors licences et fréquences. Ce point est central dans l'analyse. Pour un groupe télécoms, la capacité à générer du cash dans des marchés en croissance est déterminante. Elle permet de financer les réseaux, d'améliorer la qualité de service, de soutenir les usages data et de renforcer la présence commerciale sans fragiliser les équilibres financiers. Dans le cas de Moov Africa, la forte progression du CFFO confirme que les filiales ne sont pas seulement des relais de volume, mais aussi des contributeurs croissants à la génération de trésorerie du groupe. Les indicateurs opérationnels montrent toutefois une Afrique à plusieurs vitesses. Le parc mobile des filiales atteint 54,281 millions de clients à fin mars 2026, contre 52,121 millions un an auparavant. Plusieurs marchés affichent des progressions marquées. Le Togo ressort en hausse de 28,6%, à 4,285 millions de clients. Le Niger progresse de 15,9%, à 4,638 millions. Le Burkina Faso atteint 8,006 millions de clients, en croissance de 15,4%. La Mauritanie avance de 9,4%, à 2,737 millions, tandis que le Tchad progresse de 5,7%, à 7,672 millions. Une Afrique qui consolide le modèle du groupe Au premier trimestre 2026, Moov Africa donne donc de la profondeur au modèle de Maroc Telecom. Les filiales apportent de la croissance, améliorent leur rentabilité et génèrent davantage de cash. Elles bénéficient de tendances structurelles favorables, notamment la progression des usages data, la montée du haut débit et le développement du Mobile Money. Mais elles évoluent aussi dans des environnements exigeants, où la concurrence, la régulation et les disparités locales imposent une gestion fine des investissements et des coûts. C'est précisément ce qui rend la performance du trimestre notable. Dans un secteur où les anciens relais comme la voix s'érodent, Maroc Telecom parvient à faire émerger en Afrique des moteurs plus adaptés au nouveau cycle numérique. Moov Africa s'impose ainsi comme un pilier de croissance, non pas seulement par la taille de ses parcs, mais par la qualité de sa contribution aux revenus, aux marges et à la génération de trésorerie du groupe. Le haut débit fixe devient un relais à suivre Le haut débit fixe constitue un autre signal intéressant. Le parc haut débit fixe des filiales s'établit à 343.000 accès à fin mars 2026, contre 313.000 un an plus tôt. La Côte d'Ivoire atteint 66.000 accès, en hausse de 78,8%. La Mauritanie progresse de 50,9%, à 63.000 accès. Le Burkina Faso avance de 32,6%, à 66.000 accès, tandis que le Gabon augmente de 8,6%, à 73.000 accès. Cette dynamique est encore modeste en volume par rapport au mobile, mais elle est stratégique. Elle montre que l'Afrique de Maroc Telecom ne se limite pas à la croissance du parc mobile. Les besoins de connectivité fixe, de haut débit et de services numériques plus stables se développent aussi. À mesure que les usages professionnels, éducatifs, administratifs et domestiques se digitalisent, le haut débit fixe devient un relais additionnel de valeur pour les filiales.