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La France contre la directive Bolkestein
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 24 - 03 - 2005

Un éventuel «non» français risque de tuer le projet historique de Constitution européenne. La France s'oppose au principe du pays d'origine.
La France exclut l'idée de maintenir le "principe du pays d'origine" dans la refonte à venir de la directive Bolkestein sur la libéralisation du marché européen des services, a affirmé mercredi à Bruxelles le président français Jacques Chirac.
"Le principe du pays d'origine tel qu'il a été arrêté n'est pas acceptable pour la France et pour un certain nombre d'autres pays et donc nous l'excluons, nous n'acceptons pas cette référence", a-t-il ajouté.
Le président français estime que l'accord conclu par les dirigeants des 25 sur la nécessité de revoir en profondeur la directive équivaut à son retrait.
Le risque de voir le projet historique de Constitution européenne mourir d'un "non" français dans deux mois a pesé lourd dans une décision à laquelle même les nouveaux Etats membres d'Europe orientale, qui avaient le plus à gagner de la directive Bolkestein, se sont ralliés.
"L'enjeu est important. Nous ne pouvons pas refuser un minimum de souplesse face au risque du rejet de ratification du Traité constitutionnel", a reconnu le Premier ministre polonais Marek Belka. Le ministre a jugé le compromis satisfaisant pour tout le monde ou du moins pour la majorité.
Récusée par un nombre suffisant de pays (France, Allemagne, Belgique, Suède, Danemark notamment) pour la neutraliser, la directive Bolkestein, a enflammé en France la pré-campagne du référendum sur la Constitution, pour lequel les derniers sondages donnent la victoire au "non".
Par ailleurs, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont profondément remanié leur "agenda de Lisbonne" adopté en 2000 afin de concentrer les efforts sur la croissance et l'emploi. "Nous avons constaté au cours des années écoulées que nous n'étions pas à la hauteur des ambitions que nous nous étions fixées", a déclaré le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui préside l'UE. "Ce que les Européens veulent en fait, c'est du travail", a-t-il ajouté.
S'agissant de l'emploi, les chefs d'Etat et de gouvernement des vingt-cinq ont considéré que la rédaction actuelle de la directive communautaire sur la libéralisation des services ne répond pas aux exigences de garanties sociales pour le monde du travail.
Un marché intérieur des services pleinement opérationnel est indispensable pour renforcer la compétitivité de l'UE, ont-ils conclu. Par contre, l'ouverture du secteur ne pourra se faire qu'en préservant le modèle social européen, ont-ils ajouté. L'ambition de l'UE est que l'Europe soit un espace attrayant pour les investissements. Pour cela, elle doit parachever son marché intérieur, notamment dans le domaine des services sans sacrifier le modèle social européen.
Pour le Premier ministre suédois Goran Persson, les Vingt-Cinq sont apparus déterminés à atteindre leur but : "Enfin, ont-ils dit, nous sommes là, en mesure de prendre les bonnes décisions et nous y allons." Bien que les orientations stratégiques soient définies au niveau européen, les objectifs précis le seront au niveau national dans des programmes de réforme. Ces programmes feront l'objet de rapports annuels. Le bilan européen sera fait dans trois ans.
Ces réformes devront permettre de concilier vie privée et vie professionnelle, selon les responsables. Il s'agit entre outre du relèvement du taux d'emploi, allongement de la durée de vie et augmentation de l'attractivité du travail.


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