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Najab : “La pression internationale a payé”
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 08 - 2005

Le capitaine Ali Najab, prisonnier pendant un quart de siècle dans les geôles du Polisario, s'exprime sur la libération des 404 de ses ex-codétenus. L'ex-prisonnier plaide pour une réhabilitation multiforme de ces derniers.
ALM : Quel est votre sentiment aujourd'hui suite à la libération des 408 prisonniers de guerre marocains ?
Ali Najab : C'est un grand bonheur pour moi personnellement, pour notre association (l'Association marocaine des prisonniers de guerre de l'intégrité territoriale) et pour tous les prisonniers déjà libérés de voir nos camarades sortir du gouffre de Tindouf et rompre avec des souffrances que nous avons nous-mêmes subies pendant plusieurs années.
C'est un bonheur aussi pour nous de voir les familles de ces prisonniers sortir de l'attente infernale et de voir se concrétiser un souhait et un espoir qu'elles ont entretenu pour si longtemps. Nous avons vu ce même bonheur lorsque nous avons été libérés, notre bonheur et celui des familles, des amis et de tous nos concitoyens.
Ensuite, c'est la fin d'un calvaire pour les prisonniers de guerre civils et militaires. C'est en même temps un couronnement pour tous les efforts que nous avons déployés dans le cadre de notre association aussi bien à Genève qu'à Washington, New York et Miami et enfin à Caracas au Venezuela. En effet, je me suis rendu personnellement à Genève le printemps dernier sur invitation du Comité international pour la libération des prisonniers de Tindouf.
A cette occasion, j'avais fait trois exposés sur les souffrances que nous avons subies durant 25 ans à Tindouf en Algérie et que continuaient encore à subir 408 prisonniers entre les mains du Polisario. J'ai insisté sur le fait que ces prisonniers continuaient à être détenus illégalement, contre le droit international et surtout en violation de la troisième convention de Genève qui dit que les prisonniers de guerre doivent être immédiatement libérés après la conclusion d'un cessez-le-feu. Quatorze ans après l'armistice, le Polisario continuait à faire fi de tout cela.
Par contre, le Maroc a pleinement respecté cette convention et libéré tous les prisonniers de guerre qu'il détenait, un total de 106 Algériens et 66 Polisariens.
Je me suis aussi rendu avec cinq de mes camarades aux Etats-Unis dans un cadre purement humanitaire pour défendre la libération des 408 prisonniers encore en détention et ce sur invitation de «The American Moroccan center for policy ». Nous avons par la suite été reçus par le sénateur McCain et nous avons tenu une conférence de presse conjointe au «Russell senate office ». Suite à cette rencontre, le sénateur McCain a adressé une lettre très dure à Mohamed Abdelaziz dans laquelle il lui demandait la libération de tous les prisonniers marocains. Nous avons également eu l'occasion de rencontrer le directeur du « Washington Times » avec son staff pour leur exposer la réalité sur les souffrances endurées par les prisonniers marocains. Quelque temps après cette entrevue, ce journal américain publiait un éditorial demandant la libération des prisonniers marocains et où il était question de traitement réservé généralement aux esclaves dans un passé que l'humanité voudrait oublier.
Lors de ce périple, nous avons également rencontré le directeur du comité international de la Croix Rouge à Washington, mais aussi Lef Jackson qui n'est autre que le président de l'organisation des ex-prisonniers de guerre américains. Evidemment, nous avions eu des rencontres, pour les mêmes motifs, avec les ONGs qui comptent en matière des droits de l'Homme : Amnesty international, Freedom House et Human rights Watch.
A Miami, nous avions tenu à rencontrer la communauté cubaine et, finalement, on a tout conclu par une conférence de presse en présence de l'ambassadeur marocain aux Nations Unies. Tout cela a servi, en plus des efforts d'autres parties, à sensibiliser les gens à la réalité de la vie dans les prisons du Polisario.
A votre avis, qu'est-ce qui a décidé le Polisario à s'exécuter après tant de tergiversations ?
On doit cela à toute la pression internationale exercée sur le Polisario et l'Algérie aussi bien de la part des Etats-Unis, mais aussi de la part des organisations internationales.
Il y a eu une délégation du Congrès américain comprenant même ceux qui soutenaient le Polisario et qui ont changé d'avis quand ils ont eu l'occasion d'apprendre la réalité des souffrances infligées aux prisonniers marocains.
De retour aux Etats-Unis, plusieurs nous avaient même écrit pour nous faire part de leur émotion. Les congressmen ont pu constater que le Polisario continuait de violer le droit international. Les mercenaires ont compris qu'ils étaient désignés du doigt et le seraient encore et c'est pour cela qu'ils ont décidé de ce qui était devenu, pour eux, un véritable fardeau.
L'opinion publique américaine, par exemple, ignorait tout sur les prisonniers de guerre américains et cet aspect humanitaire l'a poussé à agir pour que finisse cet état de fait.
Je profite de cette occasion pour remercier le sénateur McCain, le Congrès et surtout le peuple américain et les organisations internationales qui ont fait pression sur le Polisario et l'Algérie de près ou de loin pour la libération des Marocains. Nous leur témoignerons de la gratitude toute notre vie pour ce geste humanitaire et pour la libération de nos compatriotes.
Les prisonniers de guerre marocains sont de retour. Pour vous qui avez fait l'amère expérience des prisons de Tindouf, que doit-on d'abord faire en faveur de ces derniers ?
Maintenant que tous les prisonniers de guerre sont libérés, nous venons d'accomplir l'un des objectifs de notre association. Le deuxième objectif, c'est de continuer à militer pour l'intégrité territoriale de notre pays à savoir pour la marocanité du Sahara. Le troisième objectif, ce sera d'aider tous ces prisonniers à se réinsérer dans la société.
Avec l'aide de l'Etat, mais aussi d'autres parties, il faut travailler à résoudre leurs problèmes, d'abord psychologiques, mais aussi financiers et de santé et ce conformément au dernier discours royal du Trône dans lequel Sa Majesté le Roi Mohammed VI s'est prononcé pour un dédommagement de ces prisonniers pour clore définitivement ce dossier.
Nous souhaitons qu'ils soient réhabilités par un geste de reconnaissance pour ces vaillants soldats qui ont tout sacrifié pour leur Patrie. Je suis complètement déçu et touché au fond de mon âme quand j'entends ça et là que certains officiers supérieurs de l'armée disent que ces prisonniers ne sont pas méritants parce qu'ils se sont livrés à l'ennemi sans combattre. Comment peut-on penser qu'un combattant puisse se livrer à l'ennemi alors qu'il ne sait pas ce qui l'attend de l'autre côté.
Il sait qu'on peut le fusiller, qu'il y a l'enfer. S'il est lâche, il va plutôt reculer et cet état d'esprit n'est pas celui de nos soldats qui préfèrent plutôt mourir.
Avec la libération des prisonniers marocains, le Polisario est-il exonéré pour autant ? Votre association ne pense-t-elle pas par exemple à des poursuites judiciaires à l'encontre des bourreaux de Tindouf ?
Nous les ex-prisonniers et moi-même en tête, nous avons décidé que nous appartenons à un Etat de droit avec un Roi et des institutions qui fonctionnent et dont nous sommes fiers d'ailleurs. Notre chef d'Etat, Feu Hassan II, avait proclamé que la Patrie était clémente et miséricordieuse pour ses enfants égarés. Nous respectons cette décision et nous attendons que ceux qui sont encore en Algérie, même s'ils sont des tortionnaires, qu'ils rejoignent la mère patrie. Je vais vous raconter une anecdote qui résume cet état d'esprit.
Je me trouvais dans la salle des Nations Unies à Genève quand une journaliste m'a posé une question similaire. Je lui ai répondu que j'étais plutôt prêt à embrasser le représentant du Polisario à Londres qui était présent dans la salle s'il acceptait de revenir avec moi au Maroc.
Ce même représentant n'était autre que la personne chargée de la propagande du Polisario et qui nous amenait en prison des délégations de journalistes étrangères. Vous savez évidemment ce que valait une réponse « déplacée » à la question d'un journaliste dans les prisons de Tindouf.


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