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Ecole française : mission impossible
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 16 - 06 - 2006

Pourquoi nos élèves sont de plus en plus séduits par les écoles françaises établies au Maroc ? L'enseignement public national, qui bouffe une grande part du budget général de l'Etat, répondra-t-il un jour aux attentes des Marocains ? Enquête.
«Ma fille est major de sa promotion, mais avec son Bac national elle n'a pas été admise à la Faculté de médecine, alors que sa copine, qui a décroché un Bac français avec à peine la moyenne, a pu avoir accès aux universités les plus prestigieuses ». Parole d'un parent d'élève. « Déjà au départ, il y a une discrimination criarde. Il y en a qui ont un vrai Bac, d'autres, un semi-Bac », s'agace notre interlocuteur. Maintenant, Mohamed. B, père de deux filles, s'escrime à faire inscrire sa benjamine dans une école française établie à Casablanca. « Je ne veux pas rééditer l'amère expérience précédente avec ma fille benjamine », s'agite-t-il, l'index porté sur la tempe comme pour chasser un mauvais sort. Mais voilà, cette tâche relève du véritable parcours du combattant. Contacté par « ALM », David Portal, premier secrétaire de l'ambassade de France à Rabat, nous a avancé des chiffres très édifiants sur la forte demande enregistrée par les services de l'Agence pour l'enseignement français au Maroc. Interrogé sur les inscriptions pour le compte de la saison 2006-2007, il affirme que l'Agence a jusqu'ici reçu «près de 2000 candidatures pour une inscription en Maternelle, 2000 candidatures pour une inscription au niveau de l'Elémentaire, et près de 600 candidats pour une inscription au 6ème au collège». Même son de cloche chez le directeur du Centre des cours de langue de Casablanca, Marc Auvray. Sur le nombre d'inscriptions, il répond : « Avec un nombre de 3000 inscriptions par an, le Centre des cours de langue de Casablanca est devenu le premier de par le monde ».
Autre indicateur de l'attrait irrésistible exercé par ce Centre, il se manifeste à travers le chiffre de 4000 candidatures pour l'obtention du «TCF» (Test de compétence en français). Bien sûr, le nombre d'inscriptions concerne également les élèves français (39%, dont 20% de bi-nationaux) et les élèves étrangers-tiers (5%). Mais, comparé à ces taux, celui des élèves marocains est bien plus élevé (56%). Du côté ibérique, les instituts espagnols affichent à leur tour une même tendance haussière.
Mme Thomassa Rodriguez, directrice de l'Institut espagnol de Casablanca, nous affirme que le taux d'inscription des élèves marocains a augmenté de 18% cette année. Toutes les catégories d'âge y sont représentées, partant de la maternelle (109 élèves), primaire (210 élèves), secondaire (125 élèves), terminal (45 élèves). Tout comme l'Institut espagnol de Casablanca, de même les instituts de Rabat, Tétouan, Larache, Al Hoceïma et Nador font état d'une augmentation constante des taux d'inscription. L'enseignement américain n'est pas en reste non plus. A la question sur le nombre d'inscriptions enregistrées cette année, Mme Johnson Marty, responsable à «Casablanca American School», fournit un chiffre de 500 élèves. Même tonalité du côté du Goethe-Institut de Rabat-Casablanca. Bien entendu, l'inscription dans les écoles étrangères au Maroc est payante. Fort payante. En ce qui concerne l'apprentissage du français pendant le mois de juillet, le Centre des cours de langue de Casablanca, pour ne citer que lui, affiche des frais d'inscription qui ne sont pas à la portée des petites bourses : les prix vont de 1960 DH à 730 DH, sans compter les frais du test (35 dirhams). Les prix, qui ne sont pas abordables pour M-et-Mme tout le monde, n'empêchent pas les parents d'inscrire leurs enfants dans les écoles étrangères. Devant cette situation, surgit la question : mais pourquoi cette préférence pour l'enseignement étranger ? Réponse de Habib El Malki, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique : « Je voudrais tout d'abord préciser que les Marocains dans leur grande majorité optent beaucoup plus pour l'enseignement public ou privé que pour l'enseignement délivré par les institutions étrangères.
Certes, les familles marocaines ont de plus en plus conscience de l'importance des langues étrangères. Ceci explique l'attrait de plus en plus grand pour les écoles privées marocaines qui renforcent l'enseignement des premières langues étrangères ». Bien sûr, le nombre d'élèves marocains inscrits dans les écoles étrangères ne peut égaler celui des sept millions de citoyens, un quart du peuple, qui bénéficient de l'enseignement public national, mais la question ne se pose pas sous son seul aspect « numérique». «L'attrait grandissant» pour les langues peut-il, d'ailleurs, expliquer à lui seul la ruée (phénoménale) vers les écoles étrangères établies au Maroc ? Cette ruée ne serait-elle pas due, également, à la qualité d'enseignement délivré par les institutions étrangères ? « Ce n'est pas une question de snobisme, mais l'enseignement public classique s'est beaucoup dégradé du point de vue qualité, l'écart entre les élèves qui ont reçu leur enseignement dans les missions et ceux qui poursuivent leurs études dans les établissements publics est devenu très grand », fait constater un parent d'élève. S'agissant des écoles nationales privées, notre interlocuteur les renvoie dos à dos avec les écoles publiques: «C'est de la foutaise », réplique-t-il. Trop peu «diplomate», un autre parent d'élève dit ne pas être «disposé à envoyer son enfant dans une école-poubelle». Mais passons, il y a plus grave. Pour nombre d'observateurs, la récente fuite des examens du baccalauréat a fait voler en éclats la crédibilité de l'enseignement public.
La manière dont a été gérée cette crise, aussi. Mais là est une autre question. Interpellé sur la cause de la dégradation de l'enseignement, un universitaire pointe du doigt « la pédagogie ». « Le rapport entre l'élève et l'enseignant n'est pas flexible. Notre enseignement est resté rigide, voire patriarcale », philosophe un maître de conférences. Le résultat ? Tout le monde le sait : au bourrage de crâne systématique, qui nous a valu le fait que nous ayons, aujourd'hui, plus de « boîtes à connaissances» que de « boîtes à idées », il faut ajouter le fait que le rapport entre enseignant et élève est resté bâti plus sur la crainte de punition que sur la confiance, le respect réciproque, socle de tout esprit d'initiative…
Tout bien considéré, on se demande à quoi ont servi les multiples réformes de l'enseignement ?
Quand on sait que le ministère de tutelle bouffe à peu près le tiers du budget général de l'Etat, on imagine mal pourquoi l'enseignement national est resté à la traîne.


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