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Les universitaires appellent à la grève
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 05 - 01 - 2004

C'est autour de la promulgation de décrets relatifs aux indemnités que le Syndicat national de l'enseignement supérieur compte entamer une grève générale, le 14 janvier.
Finalement, la Commission administrative du Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNE-Sup) a appelé à une « grève préventive » de 24 heures pour le 14 janvier dans le but d'exercer la pression sur les responsables gouvernementaux pour accélérer la promulgation des « décrets relatifs aux structures des établissements de l'enseignement supérieur». Cette grève a été annoncée à la suite d'une récente réunion de la commission, consacrée à l'examen de l'évolution du cahier revendicatif et de la situation dans les établissements universitaires, survient après plusieurs tentatives du SNESup pour éviter la confrontation avec le gouvernement. Mais, au vu de la recrudescence de la tension et en vue de peser sur le cours des événements, la direction du Syndicat a dû céder devant la contestation grandissante des enseignants universitaires, particulièrement à Fès et dans d'autres villes universitaires. Certes, plusieurs dossiers sont à l'ordre du jour, notamment l'évaluation de la mise en œuvre de la réforme universitaire, mais pour les enseignants tout commence par l'amélioration de leurs conditions matérielles.
A Casablanca, à titre d'exemple, deux problèmes attirent l'attention et préoccupent le personnel universitaire. Le premier concerne environ dix personnes, qui travaillaient au niveau de la Faculté de médecine, mais sans être médecins et qui doivent, en vertu des dispositions de la nouvelle réforme, être redéployées au niveau d'autres facultés. Or, en plus du blocage qui caractérise cette situation, depuis presque dix mois, l'opération de redéploiement n'obéit jusqu'à présent à aucun texte de loi, en attendant l'adoption du nouveau statut des enseignants. Certains enseignants rapportent, à ce sujet, en guise de précision, que ni les doyens ni les présidents des universités ne sont mandatés légalement pour procéder à un quelconque redéploiement des enseignants. Les P.V. signés par ces derniers au début de l'année scolaire ne font que mentionner leur département et service.
Dans le cas échéant, force est de constater que le Conseil de l'Université Hassan II -Aïn Chok n'arrive pas à trancher dans cette affaire. Cela dit, le problème qui intéresse le plus l'ensemble des enseignants universitaires, n'est autre que celui portant sur la promulgation des décrets relatifs aux indemnités, lesquels doivent clarifier la situation de chaque grade universitaire (professeurs d'enseignement supérieur-assistants, professeurs habilités, professeurs d'enseignement supérieur) dont notamment l'annulation de certains écarts indemnitaires allant de 3000 à 4000 dirhams dont bénéficient des enseignants appartenant aux facultés de médecine, alors que d'autres enseignants ayant le même diplôme et appartenant à la même faculté sont privés de ces indemnités. Un dirigeant du SNESup n'a pas manqué de rappeler l'accord conclu, il y a une année entre le syndicat et le ministère, avant d'ajouter que le Premier ministre, Driss Jettou, est allé jusqu'à annoncer dans une déclaration à la télévision le règlement de cette question, en portant à la connaissance de l'opinion publique qu'une enveloppe budgétaire de 70 milliards de centimes, à cet effet, sera étalée sur trois tranches. Bref, jusqu'à présent, les décrets ne sont pas encore promulgués, sachant qu'ils bénéficient de l'approbation du ministre de l'Enseignement supérieur, et probablement, aussi du Premier ministre, mais non encore du Conseil du gouvernement. Or, sans l'adoption par ce dernier, les décrets ne sauraient être publiés dans le Bulletin officiel.


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