Une implication de l'Etat dans le secteur de l'élevage et une meilleure connaissance de l'environnement international constituent le gage d'un bon développement de cette activité. La relance du secteur de l'agriculture nationale et en particulier l'élevage était au centre du forum national organisé par le Parti du progrès et du socialisme (PPS), dimanche 29 avril à Meknès, sous le thème «Perspectives du développement rural au Maroc». Selon Ahmed Bel Hamed, expert économiste, le secteur de l'élevage demeure, depuis l'indépendance, une activité peu intégrée à l'économie nationale, même si ce secteur est le deuxième débouché pour la production céréalière. Cette activité concerne 70% des exploitations agricoles, soit 1,1 million d'unités avec une forte concentration des bovins (88%) dans les petites et moyennes exploitations avec une mention spéciale pour la strate de moins de 3 ha qui englobe 27% de bovins, 40% d'ovins et 50% de caprins. La participation du secteur de l'élevage au PIB national représente 5% au regard des 40% d'actifs ruraux qu'il occupe. Au niveau des effectifs globaux, ce secteur n'a pas connu de grandes variations. Le cheptel national se compose de 2.7 million de bovins, 17 millions d'ovins et 5 million de caprins. Ces effectifs essaiment dans toutes les régions du Royaume avec une concentration pour les bovins dans les zones irriguées. M.Bel Hamed, a expliqué que cette dispersion spatiale des effectifs rend difficile une délimitation des «bassins» d'élevage spécifiques pour l'organisation du secteur en filières (viande et lait) à l'instar des pays du Nord. Pour lui, les modes de conduite de cette activité demeurent largement au niveau de l'extensif qui se caractérise par un sous- équipement et une alimentation gratuite prélevée sur un environnement dégradé en raison de la récurrence des périodes de sécheresse. Il a précisé que ce mode de conduite traditionnel fait que la performance et la productivité du cheptel est très faible. Le poids moyen des carcasses bovine et ovine est estimé respectivement à 165 kg et 14 kg, alors que la production laitière représente 1700 litres par étable, sur 700.0000 unités de production. Aux contraintes du climat et des modes de conduite traditionnels et de sous capitalisation de ce secteur, s'ajoutent aussi les effets d'une stratégie politique qui a mobilisé beaucoup de ressources financières au profit des zones irriguées au détriment des zones bours où se concentre l'essentiel du bétail, a précisé cet économiste qui a fait remarquer que cette activité a été quelque peu oubliée par la recherche, notamment en matière d'amélioration des profils génétiques des races locales. M.Bel Hamed, a indiqué, en outre, que la nécessité d'une stratégie de développement agricole et en particulier de l'élevage, implique une forte intervention de l'Etat et une connaissance précise et réelle de l'environnement international et des impératifs de la souveraineté alimentaire. Dans la même foulée, il a relevé qu'une stratégie basée sur la segmentation de cette activité en filières, impliquerait la totalité des acteurs.