Le Maroc est l'un des pays les plus en vue sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, grâce à un long parcours de reconnaissance internationale qui a débuté avec l'inscription de son premier site en 1981, la médina ville de Fès. Depuis, huit sites supplémentaires ont été inscrits. DR ‹ › Le 18 avril de chaque année, le monde célèbre la Journée mondiale du patrimoine, pour sensibiliser davantage à la préservation du patrimoine culturel et humain. Le monde arabe est en tête de la liste des pays ayant le plus de sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le Maroc compte neuf sites sur la liste de l'organisation des Nations unies, à égalité avec la Tunisie. L'Arabie saoudite est troisième avec huit sites. La Jordanie, l'Egypte et l'Algérie partagent la quatrième place (7), suivis de l'Irak, de la Syrie, de la Palestine et du Liban (6). L'inscription d'un site sur la liste de l'UNESCO est une reconnaissance de sa valeur universelle exceptionnelle, ce qui impose une obligation internationale de le protéger et de le préserver pour les générations futures. Les critères retenus à cet effet combinent des dimensions culturelles et naturelles. Pour être classé à l'UNESCO, un site doit en effet incarner une valeur humaine exceptionnelle en matière de créativité humaine, témoigner de l'interaction des civilisations, être un exemple distinctif d'architecture ou de traditions, ou illustrer un mode de vie reflétant des étapes significatives de l'histoire de l'humanité, ou encore symboliser des idées et des croyances de portée universelle. Pour leur part, les sites naturels sont inscrits pour leur beauté exceptionnelle ou leur importance scientifique, représentant des étapes du développement de la Terre et des processus géologiques, ou abritant des écosystèmes et des habitats qui contribuent à la préservation de la biodiversité. Le Maroc sur la Liste du patrimoine mondial Le Maroc compte neuf sites classés, reflétant sa diversité culturelle et civilisationnelle, incarnant la succession des civilisations, des amazighs aux arabes, en passant par les influences andalouses, africaines et européennes. La médina de Fès (inscrite en 1981) Fondée au IXe siècle, Fès abrite la plus ancienne université du monde. Elle a connu son âge d'or aux XIIIe et XIVe siècles sous la dynastie mérinide, devenant la capitale du royaume à la place de Marrakech. Le tissu urbain et les principaux monuments datent de cette période : médersas, fondouks, palais, maisons, mosquées et fontaines. Bien que la capitale ait été transférée à Rabat en 1912, Fès a conservé son statut de capitale culturelle et spirituelle. La médina de Marrakech (inscrite en 1985) Fondée par les Almoravides (1056 – 1147) entre 1070 et 1072, Marrakech est restée longtemps le centre politique, économique et culturel le plus important des terres islamiques occidentales, dominant l'Afrique du Nord et l'Andalousie. Les grands monuments de cette époque incluent la mosquée Koutoubia, la Kasbah, les remparts, les portes et les jardins. Plus tard, la ville a accueilli d'autres merveilles, telles que le palais de la Bahia, la médersa Ben Youssef, les tombeaux Saadiens et les grandes maisons. La place Jemaa el-Fnaa, un magnifique théâtre en plein air, émerveille ses visiteurs et a été inscrite comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Le Ksar d'Aït Benhaddou (inscrit en 1987) Le ksar est un type d'habitation traditionnelle courante dans le désert, composé d'un groupe de bâtiments en terre entourés de hauts murs. Les maisons sont regroupées à l'intérieur de ces murs défensifs, renforcés par des tours de soutien. Le Ksar d'Aït Benhaddou, situé dans la province de Ouarzazate, est un excellent exemple de l'architecture du sud marocain. La cité historique de Meknès (inscrite en 1996) Fondée par les Almoravides au XIe siècle en tant que camp militaire, Meknès est devenue la capitale sous le règne de Moulay Ismaïl (1672–1727), le fondateur de la dynastie alaouite. Celui-ci en a fait un centre urbain de style hispano-mauresque, entouré de murailles avec des portes monumentales. Elle combine harmonieusement des styles islamiques et européens prévalant au Maroc au XVIIe siècle. Le site archéologique de Volubilis (inscrit en 1997) Fondée au IIIe siècle avant J.-C., la capitale maurétano-romaine a été d'une grande importance pour l'Empire romain et ornée de plusieurs monuments captivants. Beaucoup de ces ruines subsistent encore sur le site archéologique, situé dans une zone agricole fertile. Cette région est ensuite devenue la capitale éphémère d'Idriss Ier, le fondateur de la dynastie idrisside. Sa dépouille a été inhumée à proximité, à Moulay Idriss. Maroc : Volubilis renseigne sur la transition de l'ère maurétano-romaine à l'islam La médina de Tétouan (inscrite en 1997) Tétouan a acquis une importance particulière, à partir du VIIIe siècle, servant de lien entre le Maroc et l'Andalousie. Avec la Reconquête, les familles juives et musulmanes ont reconstruit la région, après avoir été expulsés du royaume ibérique. L'architecture et l'art témoignent des influences andalouses claires dans la ville. Depuis, Tétouan est considérée comme l'une des plus petites villes marocaines, mais sans doute la plus complète. La plupart des bâtiments restent intacts des influences extérieures. Mostafa Akalay Nasser fait immersion dans «La ville nouvelle de Tétouan», de 1860 à 1956 La médina d'Essaouira, ex-Mogador (inscrite en 2001) Essaouira est un exemple unique de la ville fortifiée de la fin du XVIIIe siècle. Elle a été construite en Afrique du Nord selon les principes de l'architecture militaire européenne de l'époque. Depuis sa fondation, elle est restée un port commercial international de premier plan, reliant le Maroc et l'intérieur du Sahara à l'Europe et au reste du monde. La cité portugaise de Mazagan - El Jadida (inscrite en 2004) Les fortifications portugaises de Mazagan, aujourd'hui partie intégrante de la ville d'El Jadida, sont situées à 90 km au sud-ouest de Casablanca. Elles ont été établies comme une colonie sur la côte atlantique au début du XVIe siècle, que les Marocains vont reprendre en 1769. Les fortifications, avec leurs bastions et murs proéminents, sont un exemple de l'architecture militaire de la Renaissance. Les bâtiments portugais encore visibles aujourd'hui incluent la citerne et l'église de l'Assomption, construite dans le style manuélin (gothique tardif). La cité de Mazagan, une certaine idée de la coexistence interreligieuse au Maroc La cité portugaise de Mazagan est l'une des premières structures établies par les explorateurs portugais en Afrique de l'Ouest sur leur chemin vers l'Inde. Elle est un témoin exceptionnel des influences des cultures européenne et marocaine, visibles dans l'architecture, la technologie et l'urbanisme. Rabat, capitale moderne et ville historique (inscrite en 2012) Cette inscription est unique car elle combine la «vieille ville» (Tour Hassan, Kasbah des Oudayas) et la «ville moderne», construite au début du XXe siècle (plans urbains français, jardins et bâtiments administratifs), créant une harmonie entre authenticité et modernité.